Patrimoine - L'achat d'une importante collection d'art canadien a failli échouer

Ottawa — L'entente afin de rapatrier d'Angleterre une importante collection d'oeuvres d'art canadiennes est presque tombée à l'eau, alors que la famille qui souhaitait vendre est devenue de plus en plus frustrée par la lenteur des responsables fédéraux à Ottawa.

Des documents nouvellement rendus publics permettent d'apprendre que l'acquisition de la collection Peter Winkworth par le gouvernement fédéral a finalement pris tellement de temps que les contribuables ont payé 500 000 $ de plus que le prix demandé au départ.

Les 1200 pièces de la collection, acquise l'an dernier en échange de 4,5 millions, ont été méticuleusement amassées par M. Winkworth, ancien Montréalais décédé à Londres en 2005, à l'âge de 76 ans, à la suite d'une série d'accidents vasculaires cérébraux. La collection comporte une sélection d'aquarelles et de dessins ainsi que des estampes rares, qui représentent des endroits, des personnalités et des événements marquants de l'histoire du Canada, mais aussi des scènes de la vie quotidienne au pays.

La famille Winkworth a offert la collection entière à Bibliothèque et Archives Canada pour quatre millions, en juin 2007, selon des documents obtenus par La Presse canadienne en vertu des dispositions de la Loi sur l'accès à l'information.

Cependant, les responsables fédéraux ont mis tant de temps à répondre que, huit mois plus tard, la famille se préparait à proposer les différentes pièces de la collection à des acheteurs individuels dans le cadre d'une vente aux enchères. Le bibliothécaire et archiviste du Canada, Ian Wilson, s'est rendu à Londres pour y rencontrer d'urgence les Winkworth, leur agent et la maison Sotheby's, spécialiste des ventes aux enchères, le 24 février dernier, dans le but de sauver l'entente. «Ils étaient réticents à me rencontrer», a raconté M. Wilson trois jours plus tard, au sujet de l'entretien chez les Winkworth, dans le quartier de Kensington.

«Ils penchaient vers une vente aux enchères», a-t-il ajouté.

M. Wilson a finalement réussi à obtenir une entente de principe, mais pas au prix initial.

En 2002, trois ans avant sa mort, M. Winkworth avait vendu plus de 4000 oeuvres à Ottawa pour une somme de six millions.

Les détails de l'acquisition de la collection Peter Winkworth n'ont été rendus publics qu'à la mi-novembre. Toutefois, Bibliothèque et Archives Canada avait alors gardé secret le prix de la transaction.