Médias - Des kilomètres de route et de films

Georges Privet et une partie de l’équipe de Cinéma québécois, diffusé sur Télé-Québec
Photo: Georges Privet et une partie de l’équipe de Cinéma québécois, diffusé sur Télé-Québec

Depuis quatre ans, Karina Marceau a souvent travaillé à l'étranger. L'ancienne coanimatrice de J. E. à TVA était devenue scénariste et réalisatrice de documentaires (dont le remarqué Filles de jardiniers diffusé l'année dernière, sur l'avortement sélectif en Inde).

Mais, ces dernières semaines, c'est le Québec qu'elle a parcouru, et elle continuera à l'arpenter d'est en ouest dans les prochains mois. «Avant de déterminer quels sujets nous aborderons, explique-t-elle au Devoir, j'ai fait le tour des bureaux régionaux de Télé-Québec, et j'ai rencontré différents intervenants locaux pour discuter des principaux enjeux au Québec en 2008.»

Karina Marceau a donc voulu appliquer à Kilomètre zéro l'approche documentaire qui caractérisait son travail des dernières années.

L'émission prend le relais de Méchant contraste!, que la direction de Télé-Québec ne semblait pas apprécier. Puisque Kilomètre zéro veut principalement utiliser les équipes de neuf bureaux régionaux de Télé-Québec, on peut croire qu'il s'agit d'une émission «régionale». Mais il s'agit plutôt d'un magazine général d'actualité, avec un seul sujet par émission, abordé sous plusieurs angles dans différentes régions du Québec.

Premier arrêt, la semaine prochaine, avec une émission sur les promesses électorales. Le ton est à la fois léger et sérieux, la réalisation dynamique, et l'on y apprendra qu'à Cacouna, la promesse d'un grand port a été faite il y a 100 ans par Wilfrid Laurier, et elle a toujours été renouvelée depuis cette date!

Dans la ceinture sud de Montréal, le prolongement de l'autoroute 30 est aussi le symbole des promesses éternelles. Tout est là pour alimenter le cynisme de la population, et les citoyens interrogés dans l'émission ne se gênent pas pour étaler leur mépris envers ce type de promesses.

Pourtant, surprise, une équipe de l'Université Laval soutient que, ces dernières années, le Parti libéral du Québec a tenu 60 % de ses promesses électorales, et le Parti québécois 75 %.

Parmi les prochains sujets, le «raccrochage» scolaire (dans deux semaines), et la possibilité de trouver un médecin près de chez soi. Dans ce dernier cas, on peut vraiment dire qu'il s'agit d'un enjeu qui concerne tous les Québécois, et sur tout le territoire.

Des thèmes riches

Dans tout le brouhaha de la rentrée télévisuelle, voilà une autre série qui risque malheureusement de passer inaperçue. C'est pourtant une excellente série, très représentative de la qualité de Télé-Québec, même si elle n'a pas disposé d'un budget considérable.

Cinéma québécois, comme le dit sobrement son titre, est une série en 13 épisodes d'une heure sur l'histoire de notre cinéma. Excellent sujet, évidemment. Et après en avoir vu deux épisodes complets, nous avions le goût de voir ou de revoir, séance tenante, les films dont il était question.

Chaque épisode est organisé autour d'un thème: les débuts de notre cinéma (c'est le premier épisode de la semaine prochaine), l'humour, le territoire, la famille, l'identité et ainsi de suite. Des entrevues avec des artisans viennent montrer l'évolution du thème au fil des ans, le tout entrecoupé de nombreux extraits

de films.

Dans l'émission consacrée au désir, diffusée dans deux semaines, on aborde d'abord la censure, puis les «films de fesses» du tournant des années 70, ainsi que le rapport à la nudité, et la façon de filmer le désir amoureux. Valérie et Deux femmes en or sont incontournables, bien sûr, mais l'émission fait découvrir des titres moins connus, comme La Femme image de Guy Borremans qui, en 1959, fut le premier à montrer une femme nue au Québec (inutile de dire que le film fut censuré), et le très radical Vie d'ange de Pierre Harel, un film tout croche mais très fort qui mériterait vraiment d'être mieux connu.

L'épisode consacré à la politique est tout aussi riche, retraçant le cheminement du cinéma politique, et la façon dont les oeuvres ont abordé le contenu politique, de la Révolution tranquille à aujourd'hui. Scénarisée par Georges Privet et produite par Claude Godbout, cette série sera dotée, à partir de la semaine prochaine, d'un grand site Internet (cinemaquebecois.telequebec.tv) qui promet plus de 1350 extraits de films et d'entrevues, un jeu-questionnaire de 1000 questions, un guide des métiers, des fiches de films et des artisans, et ainsi de suite.

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Kilomètre zéro, Télé-Québec, début lundi 8 septembre, 19h.

Cinéma québécois, Télé-Québec, début mercredi 10 septembre, 21h