Les Zapartistes au Club Soda - Zapartistes: plus et moins

Revoilà donc le groupe d'humoristes le plus politisé d'ici, mettons de la rivière des Outaouais aux contours de l'ancienne république de Madawaska. Cette fois, la joyeuse bande se réduit à trois (François Parenteau, Christian Vanasse et François Patenaude) et se présente sous le titre Les Zapartistes à l'île de Pâques.

Drôle de titre pour un spectacle qui l'est malheureusement moins que souhaité. L'appellation dérive d'une métaphore peu exploitée dans le show, le triste cas de la disparition de la civilisation du Pacifique pour cause de surexploitation des maigres ressources de l'île servant d'avertissement à notre propre monde de dilapidateurs rotant dans leur mangeoire.

Cela admis, la formule, éprouvée et toute simple, ne se renouvelle pas suffisamment. Même les costumes et les accessoires se résument à peu de chose (trois micros et autant de lutrins) dans cet enrobage que les gars doivent pouvoir déménager dans le coffre d'une voiture compacte. Les lascars se présentent en groupe ou en solo pour livrer en cascade leurs numéros. À la longue, cette mécanique mâle, trop mâle (où sont passées Geneviève Rochette et Brigitte Poupard?), répétitive, simpliste et sans audace finit par lasser.

Après huit ans ou presque sur scène, cette troupe mériterait un metteur en scène, un septième oeil, quelqu'un capable d'organiser les personnages et les déplacements, de séparer la crème assassine du petit lait critique. Il y a peut-être une heure de trop dans ce show qui, comme tous les autres enchaînements, ne tient qu'à son maillon le plus fable. Bref, l'humour povera a peut-être fait son temps.

Il y a tout de même des bijoux dans le lot. Le cours d'initiation à la société québécoise pour immigrants livré par François Parenteau par exemple. Il leur explique qu'ici toutes les orientations sexuelles sont permises, vraiment toutes, sauf la polygamie. «Vous avez droit au sexe de votre choix, c'est le cumul qui est interdit», lance son personnage déjà campé par Daniel Lemire et d'autres humoristes, encore plus d'actualité depuis la commission Bouchard-Taylor.

Seulement, une hirondelle ne fait pas le printemps, ni une tempête, l'hiver. C'est l'accumulation du même qui fait l'autre ici comme sur l'île de Pâques...

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- La tournée des Zapartistes à l'île de Pâques se poursuit au Club Soda de Montréal (demain, puis le 27 mars et le 5 avril) et en région (voir leszapartistes.com).

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