Le français au passé, présent et futur

Le Centre de la francophonie à Québec continue de se définir. Outre ses fonctions de recherche et de mise en réseau des francophones et francophiles, il proposera un parcours d'interprétation historique sur la langue française d'Amérique.

Le secrétariat aux Affaires intergouvernementales canadiennes (SAIC) à Québec a mandaté le Musée de la civilisation pour la réalisation d'un parcours d'interprétation sur l'évolution du français, a appris Le Devoir. Ce circuit relatera l'évolution de la langue de Molière depuis son implantation en Amérique à l'aide d'outils multimédias interactifs, tant du point de vue linguistique qu'historico-géographique, des diasporas de la langue (acadiens, cajuns, etc.).

Le parcours s'étendra du Parc de l'Amérique française au Musée de l'Amérique française en passant par le Centre de la francophonie, en cours d'aménagement. Il retracera le passé de la langue (dans le parc), sa forme actuelle (documentée dans le Centre) et se projettera dans le futur du français (au Musée).

Il s'agit d'un contrat de 500 000 $ octroyé de gré à gré au Musée de la civilisation. Le porte-parole du SAIC, Luc Fortin, justifie l'absence d'appel d'offres en soulignant l'expertise du Musée en matière d'outils d'interprétation multimédias. Il estime que l'affaire reste à interne puisque l'institution relève de Québec.

Le Centre de la francophonie a été créé en vertu d'une loi adoptée par l'Assemblée nationale à la fin 2006 avec pour mission de sensibiliser la population à l'importance du français et d'assurer son rayonnement en Amérique. L'institution ouvrira ses portes en octobre prochain dans des locaux partagés avec le Musée de l'Amérique française. Des doutes persistent quant à sa réelle utilité.

Québec assure des crédits récurrents de deux millions pour le fonctionnement du centre. La transformation du lieu coûtera environ six millions de dollars, dont près de deux sont offerts en cadeau par la France, responsable de l'aménagement d'une partie des locaux.

Le président français, Nicolas Sarkozy, participera d'ailleurs à l'inauguration du centre, en octobre prochain dans le cadre du 400e de Québec et à l'occasion du Sommet de la francophonie. C'est l'architecte français Franklin Azzi qui conçoit le hall d'entrée et une partie de l'aménagement de l'édifice: le sous-sol proposera des activités liées à la lecture et l'écriture, le rez-de-chaussée sera réservé à l'accueil et des poste d'ordinateurs occuperont le premier étage.

Outre ces fonctions, le Centre abritera aussi une académie de recherche et des installations pour des conférences, expositions et pour favoriser les rencontres entre les communautés francophones et francophiles. Il offrira aussi une programmation itinérante et des outils d'apprentissage du français, exportables dans tout le pays, voire le continent. Un portail Internet devrait bientôt voir le jour.
2 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 21 janvier 2008 05 h 27

    L'origine de la langue française?

    J'espère que les recherches entreprises par le Centre de la francophonie nous permettront de mieux comprendre les origines de notre langue, les influences qu'elle a subies, son évolution et la richesse qu'elle contient.
    Par ailleurs, quand on sait que Charlemagne, dont on dit qu'il a inventé l'école au VIIIe siècle, ne parlait pas français. Il ne s'exprimait qu'en allemand et en latin, comme ses conseillers et à peu près tout le monde européen à l'époque, il me semble utile de savoir qui a inventé le français, et quand. Ce n'est qu'au XVIe siècle, en 1539, que François premier, par l'ordonnance de Villers-Cotterêts, proclama le français, langue officielle de la France, à la place du latin et de l'allemand. Il serait également intéressant de savoir s'il ne restait pas un peu de ces langues chez les fondateurs de Québec en 1608.

    Georges Paquet

  • Yvon - Inscrit 21 janvier 2008 09 h 33

    La saveur des ruines.

    Ce que nous aimons en Europe et notamment en France, c'est visiter les ruines venues du fin fond du Moyen-âge ou aller marcher dans la cathédrale de Chartres ou sentir l'ambiance de la Tour Saint Jacques à Paris. De se promener sous le soleil à Nice dans les arènes de Cimiez (de son nom romain Cemenelum) ou de voir la mer de sa montagne où se trouvent le magnifique cimetière juif et les ruines de l'ancienne Nikaia signifiant en grec « celle par qui arrive la victoire.» En Amérique du nord, le français québécois pourrait être perçu comme une ruine, linguistique certes, mais ruine tout de même. Cela ajoute à son charme. Que l'on ne dise pas qu'il n'y a pas de ruines en Amérique du nord. C'est si charmant pour les français ou les européens habitués depuis l'enfance à la présence de l'Histoire occidentale dans leur environnement. Nous avons moins ce problème avec l'anglais américain qui a su s'adapter à la modernité.