Recherches généalogiques en France - Un nouvel organisme pour aider les familles québécoises à trouver leurs origines

Madonna, dont la mère s’appelait Louise Fortin, pourrait elle aussi profiter de la Maison de l’émigration française en Canada pour retrouver ses ancêtres
Photo: Agence Reuters Madonna, dont la mère s’appelait Louise Fortin, pourrait elle aussi profiter de la Maison de l’émigration française en Canada pour retrouver ses ancêtres

Paris — Céline Dion ou Madonna, dont la mère s'appelait Louise Fortin, mais aussi tous les Tremblay et les Gagnon du Québec peuvent désormais remonter le fil de leurs lointaines origines françaises et percheronnes à la Maison de l'émigration française en Canada, située à Tourouvre, en Normandie.

Cette institution unique en son genre, partiellement financée par le Canada, a été inaugurée en fin de semaine. Elle se veut à la fois un centre d'interprétation et un lieu de consultation de données généalogiques informatisées ouvert au grand public et aux chercheurs.

«Il fallait s'équiper pour bien marquer que l'émigration française est un élément essentiel de notre culture et de notre identité, a expliqué à cette occasion l'ambassadeur du Canada en France, Claude Laverdure. Cette Maison de l'émigration est un outil qui permettra aux Français de mieux comprendre leur histoire et aux Canadiens de mieux saisir le contexte qui a poussé leurs ancêtres à venir tenter l'aventure en Nouvelle-France.»

Le choix de Tourouvre ne tient évidement pas du hasard. Dès 1634, le Perche est devenu, grâce à l'apothicaire Robert Giffard, un des principaux foyers d'émigration vers la Nouvelle-France. En une trentaine d'années, indiquent les documents historiques, 146 adultes (soit 80 familles) ont traversé l'Atlantique pour s'établir sur les rives du Saint-Laurent.

On estime qu'environ 1,5 million de Québécois ont ces courageux pionniers pour ancêtres. Leur descendance est sans doute beaucoup plus importante, précisent les spécialistes, si on tient compte du fait qu'elle a essaimé aux quatre coins de l'Amérique du Nord.

Le Perche est la région souche de plusieurs grandes familles québécoises, telles que les Rivard, les Pelletier, les Bouchard, les Gagnon et les Drouin. L'ancêtre de Céline Dion s'appelait Jean Guyon, un patronyme qui s'est transformé au fil du temps. Maître-maçon de son état, il avait quitté Mortagne pour le Nouveau-Monde en 1634 à l'âge de 42 ans. Adhémar Dion, le père de Céline, serait issu de la branche fondée par l'aîné de ses fils.

L'intérêt de la Maison de l'émigration française en Canada ne se limite pas, bien entendu, à ce genre d'anecdotes. Associés aux milieux universitaires français et canadiens et à deux centres de généalogie, la Maison de Tourouvre (un bourg d'environ 1500 habitants) se présente aussi comme un important centre de recherche généalogique et historique.

Il s'appuie d'ailleurs sur un vaste Programme de recherche sur l'émigration des Français en Nouvelle-France (le PREFEN) qui a permis de mieux comprendre le contexte sociologique de l'émigration française du XVIIe et du XVIIIe siècle.

Ce programme d'une durée de cinq ans a exigé le dépouillement de 330 000 actes notariés et de 150 000 actes de baptême, de mariage et de sépulture dans la région du Perche. Il a aussi abouti à l'établissement d'une banque de données contenant la fiche d'identité des 14 000 Français qui se sont définitivement établis au Canada avant 1760.

La construction de la Maison de l'émigration française en Canada a coûté près de 3,5 millions d'euros (près de 5 millions de dollars). Le Canada a financé 12 % de cette somme, a-t-on indiqué.