Art contemporain - Le Symposium de Baie-Saint-Paul toujours au rendez-vous

Québec — En dépit de la crise qui vient de le secouer, le Symposium d'art contemporain de Baie-Saint-Paul aura bien lieu du 4 août au 4 septembre. Et son nouveau commissaire, Guy Sioui Durand, compte tout mettre en oeuvre pour noyer les querelles dans l'art et la fête.

«On m'a donné l'occasion de faire quelque chose. Quand un espace de création meurt, tu dois t'inquiéter. Je me suis senti responsable», a expliqué au Devoir le commissaire à quelques jours du dévoilement officiel de la programmation, prévu pour aujourd'hui.

Sociologue et critique d'art, Guy Sioui Durand est une figure bien connue du milieu des arts visuels et de la performance de Québec. «Je suis de ceux qui croient que ce que la société ne peut régler, l'art le peut. Je suis un rêveur, mais aussi un gars de terrain», a poursuivi le bouillant personnage qui connaît par ailleurs très bien le Symposium pour en avoir été le directeur artistique en 1997.

L'événement lui est revenu entre les mains le 1er juin dernier, à la suite de la démission-surprise de la toute nouvelle commissaire, Nathalie Côté. «J'étais dans le train vers Toronto pour aller voir le travail d'Alain-Martin Richard quand j'ai reçu un appel des gens du CALQ [Conseil des arts et des lettres du Québec] qui voulaient sauver le Symposium. Je venais de lire un article dans le journal où on annonçait la nomination de Mme Côté.»

En faisant jouer ses contacts, notamment parmi les artistes de Québec, le nouveau commissaire a inscrit au programme les Martin Bureau, Alain-Martin Richard, BGL... Guy Blackburn, Éric Gagnon, César Saëz, Maria Eugenia Poblete du Chili, Jean-Jules Soucy, Jacques Baril, Éric Gagnon, Cindy Dumais, Boran Richard, Mathieu Léger, Daniel Oxley, et Carole Simard Laflamme sont aussi du nombre cette année.

Et d'ajouter un volet de performances dédié aux femmes avec Claudine Cotton, les Fermières obsédées, Cindy Dumais, Women With Kitchen Appliances et Marilou Desbiens. Un forum consacré au «territoire de l'art» réunira en outre la directrice de la Grande Bibliothèque, Lise Bissonnette, le peintre René Derouin, Andrée Daigle de l'organisme Les arts et la ville, et le maire de Baie-Saint-Paul, Jean Fortin.

Comité de relance du Symposium

En guise de pied de nez aux querelles des derniers mois, le commissaire a donné à ce 24e Symposium le thème «Identités et remplacements». Dès lors, les artistes en résidence au Symposium devront d'abord présenter une oeuvre «déjà faite» pour ensuite la remplacer par du nouveau matériel.

Ainsi, Alain-Martin Richard, par exemple, livrera une oeuvre sur la mémoire des immigrants de Toronto dont les protagonistes seront progressivement remplacés par des gens de Baie-Saint-Paul.

Pour minimiser les tensions entre les artistes locaux, plus portés vers l'art paysagiste figuratif, et les défenseurs d'un art plus actuel, associés à des «cliques» de Québec et Montréal, M. Sioui Durand se propose de mieux intégrer la population locale aux activités. L'événement s'ouvrira par une grande parade dans la ville et on a prévu tous les jeudis des discussions en formule «4 à 7», et de nombreuses visites commentées du site de création situé dans l'aréna.

Quant au Centre d'exposition de Baie-Saint-Paul, qui est géré par la même corporation que le Symposium, on pourra y accéder gratuitement durant l'événement. Ce qui ne permettra sans doute pas de renflouer son déficit estimé à 200 000 $... Mais M. Sioui Durand dit compter sur d'autres sources de revenus. «Notre directeur administratif collecte des revenus pour le fonds créé en l'honneur de la fondatrice du Symposium, Françoise Labbé. Et le passage cet été à Baie-Saint-Paul du premier ministre Charest, puis de la ministre [Line] Beauchamp, va sûrement nous permettre de ramasser des sous.»

Enfin, une fois ce 24e Symposium terminé, un comité de relance du Symposium doit se réunir pour se pencher sur son avenir. Lise Bissonnette en ferait partie, tout comme le maire de Baie-Saint-Paul, Jean Fortin.

Collaboratrice du Devoir