Médias - L'UNEQ réclame plus de transparence

Ce n'est pas la première fois que l'Union des écrivaines et des écrivains du Québec (UNEQ) sonne l'alarme, mais le retrait des ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada de l'humoriste François Parenteau force l'organisation à dénoncer avec une force renouvelée l'effritement de la liberté d'expression au Québec.

Dans un communiqué publié hier, l'UNEQ affirme que rien dans les explications données par la société d'État ne justifie le retrait des ondes du membre des Zapartistes, à qui on a reproché son style «trop éditorial» et «trop pamphlétaire» à l'émission Samedi et rien d'autre.

Sans crier carrément à la censure, son directeur général, Pierre Lavoie, estime que la SRC a manqué de transparence et de jugement dans ce dossier. «Nous croyons que les dirigeants, dans leurs acrobaties sémantiques, mésestiment carrément leur public et sa capacité d'analyse.»

Ce genre de décision, assumée pleinement par la direction de la SRC, montre que l'espace public accordé aux intellectuels et aux écrivains est plus menacé que jamais, ajoute M. Lavoie. «Sur toutes les tribunes, on n'entend plus que les mêmes voix qui font les mêmes commentaires. La diversité d'opinions n'a cessé de s'effriter au Québec au cours des dernières années et le cas Parenteau ne vient que confirmer ce mouvement.»

Dans un communiqué diffusé hier, l'UNEQ profite de l'occasion pour dénoncer les effets de la convergence, égratignant au passage le groupe Gesca. «L'UNEQ croit qu'il serait important et urgent que la SRC révèle le contenu de l'entente signée en 2001 avec le quotidien La Presse. [...] Le peu que nous en connaissons [...] n'est pas de nature à nous rassurer», lit-on dans ce communiqué.

À Radio-Canada, on comprend mal cette sortie, l'entente née en 2001 ayant été sabordée en 2003. Aujourd'hui, la seule entente formelle liant La Presse et la SRC est strictement publicitaire, explique la coordonnatrice des relations avec la presse, Guylaine O'Farrell. «Oui, il y a encore des ententes ponctuelles avec La Presse, [...] mais, autrement, on ne privilégie pas nécessairement La Presse.»

Ces précisions ne rassurent guère l'UNEQ, qui observe que, entente ou pas, le cercle des écrivains et intellectuels invités à prendre part à l'espace médiatique se resserre, particulièrement sur les ondes publiques. «Nos membres en ressentent les contre-coups, il y a de plus en plus de voix qui ne sont pas entendues et qui pourtant mériteraient amplement de l'être.»

Mais le temps a démontré que les dénonciations ont peu d'impact, reconnaissait hier l'organisme, qui essaie aussi de développer de nouveaux canaux pour faire entendre sa voix. «On veut développer de nouveaux lieux de diffusion, améliorer les rapports entre la littérature et les anciens et les nouveaux médias, et peut-être pousser du côté des cafés ou d'Internet», conclut M. Lavoie.