La France lance l'«année Cézanne»

Paris — Cent ans après la mort de Paul Cézanne (Aix-en-Provence 1839-1906), sa région natale rend hommage à ce peintre qui fit la jonction entre l'impressionnisme et l'art du XXe siècle, avec notamment une exposition internationale au musée Granet, un concert philharmonique au pied de la montagne Sainte-Victoire et un circuit permettant aux promeneurs de découvrir les paysages de ses toiles.

L'«année Cézanne», lancée hier au ministère de la Culture, à Paris, revêt une ampleur nationale, voire internationale. L'exposition Cézanne en Provence, qui rassemble plus de 110 huiles et aquarelles prêtées par des musées du monde entier, sera ainsi inaugurée le 29 janvier à la National Gallery of Art de Washington, avant d'être présentée cet été au musée Granet d'Aix-en-Provence.

À Paris, le Musée d'Orsay organisera, du 28 février au 28 mai, l'exposition Cézanne et Pissarro 1865-1885, qui étudie les influences mutuelles entre les deux amis dans la première moitié de leur carrière. Cependant, le pays d'Aix sera le centre de gravité de l'année Cézanne. «Pour nous, cette manifestation a quelque chose de fondamental, je dirais presque de charnel», a déclaré la députée-mairesse d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains Masini.

«Cézanne a peint des paysages auxquels son nom demeure attaché», a rappelé le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, en citant en premier lieu la montagne Sainte-Victoire, représentée sur 44 huiles et 43 aquarelles.

En 1990, un an après l'incendie de cette montagne (août 1989), le musée Granet avait déjà réuni une quarantaine de tableaux de Cézanne, dont une dizaine de Sainte-Victoire. Mais «il y avait un sujet qui n'avait pas été abordé comme tel, un sujet éblouissant: la Provence», affirme Denis Coutagne, directeur du musée. Après plus de cinq ans de rénovations, le musée Granet présentera donc, du 9 juin au 17 septembre, l'exposition Cézanne en Provence.

Le visiteur y découvrira des paysages, mais aussi des natures mortes, des portraits et les célèbres Baigneuses. S'il le souhaite, il pourra aussi marcher dans les pas de Cézanne. L'atelier des Lauves était déjà ouvert au public mais, à partir du mois d'avril, un circuit relira ce site à la bastide familiale du Jas-de-Bouffan, où Cézanne a vécu et créé pendant près de 40 ans, et aux carrières de Bibémus, où il louait un cabanon.

Marie-Pierre Sicard-Desnuelles, conseillère municipale d'Aix-en-Provence déléguée à la culture, explique que des arbres ont été coupés dans ces carrières «pour qu'on voie la Sainte-Victoire comme la voyait Cézanne». «C'est extraordinaire de beauté», s'enthousiasme-t-elle. «Qu'est-ce qu'il y a de plus magique que de voir les peintures plus les paysages que Cézanne a peints?»