Signataire du Refus global, Thérèse Renaud est décédée

Paris — Signataire du Refus global, compagne de toujours du peintre Fernand Leduc, la romancière et poète Thérèse Renaud est décédée lundi à Paris, à l'âge de 78 ans.

Sa disparition a été confirmée hier dans la capitale française. Née en 1927, Thérèse Renaud s'y était installée pour la première fois en 1946, à l'âge de 19 ans. Membre du groupe des automatistes, elle avait appuyé en 1948, avec une quinzaine d'autres artistes, le célèbre manifeste rédigé par le peintre Paul-Émile Borduas, prônant une rupture avec le conservatisme du Québec traditionnel.

Thérèse Renaud demeure la plus connue des poètes surréalistes québécoises et a joué un rôle fondamental dans le développement de l'esthétique automatiste.

«Elle a été le premier écrivain automatiste», a déjà dit d'elle le critique montréalais André Lamarre, en soulignant l'importance historique de son recueil Les Sables du rêve, publié en 1946.

«On doit considérer que ce livre a marqué l'histoire de l'écriture des femmes au Canada», expliquait Lamarre il y a quelques temps, dans un éclairant «dialogue autour du surréalisme au Canada» repris sur le site Internet Surrealismo.

Ce recueil, poursuivait-il, aura aussi été «le premier signe concret de la rupture esthétique effectuée au plan de l'écriture par la poésie surréaliste et automatiste au Canada français».

Dans Les Sables du rêve, dont le titre est emprunté à Breton, Thérèse Renaud disait déjà: «Je suis à déplier encore le chemin. Continuer sans jamais pâlir de honte.»

Elle avait publié l'année dernière Un passé recomposé. Deux automatistes à Paris (1946-1953), qui retraçait son arrivée en France et sa vie avec Fernand Leduc dans le Paris de l'après-guerre, au milieu des autres «réfugiés» automatistes.