Médias - Le Nouvelliste, de Trois-Rivières, adopte le format tabloïd

Après 85 ans en grand format, Le Nouvelliste de Trois-Rivières est passé hier matin au format tabloïd, avec l'objectif avoué et audacieux d'augmenter son tirage d'environ 8 % d'ici un an.

Le Nouvelliste est donc le quatrième journal du groupe Gesca à adopter le format compact, après Le Quotidien, La Voix de l'Est et Le Droit. Quant à La Tribune de Sherbrooke, selon les informations du Devoir, le journal passerait au format tabloïd en janvier prochain.

En ce qui concerne Le Soleil de Québec, la direction de Gesca ne cache plus qu'elle jongle sérieusement avec l'idée. «Nous explorons la possibilité de le faire», déclare au Devoir Caroline Jamet, directrice des communications à La Presse et au groupe Gesca. Mais même si «c'est un projet exploratoire qu'on envisage», Mme Jamet ajoute qu'aucune décision définitive n'a été prise.

On sait qu'à Trois-Rivières et à Sherbrooke, Quebecor a lancé une section régionale insérée dans Le Journal de Montréal, et Gesca en a sûrement tenu compte dans sa décision de transformer ses propres journaux en tabloïds. De la même façon qu'elle tiendra peut-être compte à Québec de la rumeur qui veut que Quebecor lance dans la capitale un tabloïd gratuit sur le modèle du 24h à Montréal.

Mas la décision de passer au tabloïd s'inscrit aussi plus largement dans une tendance mondiale, plusieurs grands journaux dans le monde adoptant le format compact pour tenter de renouveler le lectorat et attirer un public plus jeune qui délaisse la lecture des journaux traditionnels.

Avec les cinq journaux de Gesca qui seront des tabloïds en 2006, et avec les deux titres de Quebecor, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, la majorité des journaux québécois auront maintenant le format compact. Ne résistent que Le Devoir, La Presse et The Gazette (sous réserve de ce qui arrivera au Soleil).

À Trois-Rivières, le président-éditeur du Nouvelliste, Raymond Tardif, a déclaré hier que le nouveau format du journal «force le contenu à s'y adapter». Le quotidien trifluvien prévoit donc offrir des nouvelles «plus ciblées et plus punchées», ainsi que des textes plus courts et plus de photos, de tableaux et de graphiques.

Le Nouvelliste publie actuellement environ 43 000 exemplaires en semaine et 46 000 le samedi, et on espère, avec le nouveau format, atteindre 50 000 exemplaires. À la direction du Nouvelliste, on explique que la possibilité d'un changement de format était en discussion depuis les années 1990, et il s'agit d'un changement qui a été demandé par plusieurs lecteurs.

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