Karen Kain réclame des fonds pour le Conseil des arts du Canada

La présidente du Conseil des arts du Canada, l'ancienne danseuse étoile Karen Kain, joint sa voix aux artistes ainsi qu'à la ministre du Patrimoine canadien pour réclamer un financement accru de l'organisme fédéral.

«Il n'y a pas assez de fonds pour réaliser les choses qui doivent être faites afin d'offrir aux Canadiens les choix artistiques auxquels ils ont droit», écrit Mme Kain dans son introduction au rapport annuel publié hier. «Les organismes artistiques exploitent leurs ressources jusqu'à leur extrême limite et manquent cruellement de moyens. Les artistes survivent avec des revenus représentant moins des trois quarts du revenu national moyen.»

La présidente rappelle que dans son secteur, le revenu moyen d'un danseur professionnel était de 14 587 $ en 2001. Pour la période couverte par le rapport annuel (2004-05), le CAC a attribué un peu plus de 132 millions aux artistes et aux organismes artistiques, dont 39 millions à 688 créateurs et 686 compagnies du Québec.

Le CAC fêtera son cinquantième anniversaire le 28 mars 2007. La ministre Liza Frulla répète depuis son entrée en fonction qu'elle aimerait profiter de l'occasion pour accroître substantiellement le budget annuel de l'organisme. Elle n'a pas fixé d'objectif précis, tout comme la présidente ne chiffre pas les moyens supplémentaires souhaités. Au Québec, le Mouvement pour les arts et les lettres milite depuis des années pour faire culbuter l'enveloppe du CAC.

Le Conseil des arts du Canada est traditionnellement présidé par un artiste de grande réputation qui devient la figure emblématique de l'organisme et se charge des pressions plus ou moins fortes sur le pouvoir politique, tenu à un bras de distance. Au Québec, par contraste, les fonctions de directeur général et de président du Conseil des arts et des lettres sont fusionnées. Ici, le titulaire a d'ailleurs tendance à ne pas interpeller publiquement le gouvernement bailleur de fonds.