Un marché de l'art complètement fou

Le marché mondial de l'art s'active comme jamais et l'année 2005 risque de devenir la plus profitable de l'histoire pour les grandes maisons d'encans. La maison Christie's vient d'annoncer des ventes records de deux milliards de dollars pour le premier trimestre de l'année, une hausse du tiers par rapport au précédent sommet.

Pas moins de 178 oeuvres ont trouvé preneur pour plus de un million chacune. Pendant la première moitié de 2004, on en comptait 134 seulement.

Ce dopage s'explique notamment par l'arrivée massive de riches collectionneurs chinois et russes qui s'intéressent particulièrement aux oeuvres de leurs cultures respectives. Il va se construire plus de 1000 (1000!) musées en Chine au cours des dix prochaines années. Au total, chez Christie's les ventes d'art chinois ont rapporté le tiers des ventes des toiles impressionnistes et post-impressionnistes, mais le double des oeuvres de vieux maîtres.

À Hong Kong seulement, l'antenne de Christie's a déjà écoulé pour 81 millions $US cette année. L'homme d'affaires russe Victor Veselberg a récemment acheté tous les oeufs Fabergé d'une vente chez Sotheby's pour un total de 120 millions de dollars.

Le mois dernier, un vase chinois a atteint un sommet historique de 34 millions de dollars. À peu près en même temps, un autre vase, retrouvé dans la niche d'un chien près de Salisbury en Angleterre, faisait taper le marteau du commissaire à plus de six millions.

Le marché de l'art contemporain donne aussi des preuves de suractivité profitable. En mai, la vente de Christie's d'oeuvres récentes a rapporté pas moins de 208 millions, un record absolu pour ce créneau.

La popularité des encans s'expliquent aussi par la perte de confiance relative dans le marché des actions. Les riches diversifient leurs investissements en y incluant de plus en plus d'oeuvres d'art et de plus en plus de genres artistiques.