Graines d'étoiles

Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont illuminés par leur plaisir évident de jouer dans le programme double qui compose le spectacle de fin d'année donné sur la scène circulaire de la TOHU par les étudiants de l'École nationale de cirque.

Tandis que Paula de Vasconcelos a conçu, mis en scène et assuré la chorégraphie de la première partie intitulée Le Gym, Howard Richard a imaginé La Retardataire qu'il a également mis en scène et chorégraphié. Un tel spectacle ne va pas sans plusieurs contraintes; en plus de constituer une vitrine pour les finissants de l'école qui y présentent leurs numéros, il doit intégrer dans son déroulement les autres étudiants qui trouvent dans cette participation l'expérience incomparable de se produire en public et l'occasion d'apprivoiser leur future carrière dans cet apprentissage pratique de la piste.

L'activité physique sous plusieurs formes est au centre du Gym, fruit de la conception et de la direction de Paula de Vasconcelos. La soirée s'amorce donc avec une entrée en matière très athlétique pendant laquelle des coureurs de toutes tailles et de conditions physiques très diverses viennent faire leur tour de piste. Cette parade dynamique dont Barthélémy Glumineau et Marie-Andrée Lemaire sont les deux meneurs convaincants secoue l'idée que l'on se fait du clown et permet aux spectateurs de se familiariser avec les divers personnages qui reviendront au cours des enchaînement pendant la soirée: une jeune femme obèse, une grande mince, un joggeur qui semble voler, un autre qui agite comiquement les bras, un timide, un champion, etc. Les numéros qui suivent sont en général d'un niveau professionnel; deux se démarquent: d'abord les jongleurs Nicolas Boivin Gravel et Samuel Roy qui offrent un duo époustouflant et sans faute effectué avec un synchronisme parfait. Bien qu'un peu longuet, un numéro de main à main exécuté par les acrobates Francisco et Raphaël Cruz atteint également un très bon niveau.

La deuxième partie de la soirée raconte l'histoire d'une classe de collégiens et le leur directeur (Barthélémy Glumineau) pendant une année scolaire. Parmi les étudiants de cette classe se trouve Zelda (Marie-Andrée Lemaire), une jeune fille qui arrive toujours en retard. Le thème fournit plusieurs possibilités; l'utilisation des pupitres comme éléments scéniques spectaculaires de même que l'opposition entre le groupe et l'individu, notamment, sont exploitées de manière féconde par Howard Richard. L'acrobate Joseph Pinzon offre une performance remarquable aux tissus; Zebastian Hunter, à la corde volante, se défend également avec brio. Mais le numéro le plus abouti est certainement celui du duo formé par Maxime Clavaut et Geneviève Landry au trapèze. Vêtus de blanc, ces deux jeunes artistes font déjà preuve d'une grande maîtrise technique et d'un sens esthétique très sûr au cours d'un numéro difficile qu'ils exécutent avec aisance et fluidité.

Par ses costumes, ses musiques et certaines entrées de groupe, le spectacle fait parfois de jolis clins d'oeil au cirque d'autrefois, tout en se caractérisant par un désir d'innover et de rafraîchir la tradition. Les chorégraphies complexes et les numéros de groupe endiablés qui occupent une place importante dans les deux volets de cette soirée donnent à tous les participants l'occasion de faire valoir leur talent et la polyvalence de leur formation.

Collaboratrice du Devoir