L'Homme, sculpture de Calder, sera rafraîchi

La Ville de Montréal investira dans un des joyaux de l'Exposition universelle de 1967. L'Homme, le grand stabile d'Alexander Calder, sur l'île Sainte-Hélène, sera sous peu restauré. Les pigeons ont laissé leurs marques sur la sculpture, de même que la rouille. La dernière restauration de l'oeuvre remonte à 1992.

Les travaux débuteront ce mois-ci, pour se terminer avant la tenue des XIXes Championnats du monde Fina-Montréal 2005. Le comité exécutif a autorisé l'octroi d'un contrat de 166 175 $ à l'entreprise Dolléans Art Conservation pour raviver la pièce. Les travaux consistent à retirer les dépôts divers dans la partie basse de la sculpture, à décontaminer les taches de rouille et à procéder au nettoyage général.

L'Homme est l'une des plus importantes oeuvres d'art de la collection de la Ville de Montréal. Avec le dôme géodésique de Buckminster Fuller, elle demeure l'un des symboles de l'Exposition universelle de 1967. Elle fut commandée à Calder par la compagnie International Nickel du Canada à l'occasion de l'Exposition universelle. La firme en a fait don à la Ville en mai 1967 lors de l'ouverture de l'Expo 67. L'Homme est la plus grande sculpture non peinte de Calder, avec ses 21,3 mètres de hauteur sur 22 mètres de longueur. Seul le Calder de Mexico dépasse le stabile de Montréal, par à peine trois mètres. Les grandes sculptures de Calder sont rares; peu de villes en possèdent. En plus de Mexico, Chicago, Paris, Cologne, Berlin et Spoletto peuvent se vanter d'en avoir une.

L'oeuvre est aujourd'hui évaluée à 50 millions de dollars. Une oeuvre de Calder, de plus petite dimension, avait été détruite lors de la tragédie du World Trade Center. Elle avait été évaluée par une compagnie d'assurances à 20 millions $US. La Ville a fait appel à la Fondation Calder pour évaluer l'oeuvre et l'institution a suggéré le nom de la spécialiste Susan Watterson pour revoir l'évaluation. La dernière évaluation remontait à 1992. À l'époque, la galerie new-yorkaise Pace Gallery avait évalué la sculpture à sept millions $US.

L'oeuvre se trouve aujourd'hui sur le belvédère du parc des Îles de l'île Sainte-Hélène, à quelques pas de la station de métro. En 1991, la Ville a procédé à d'importants travaux de réfection et de réaménagement de l'ouest de l'île Sainte-Hélène. À ce moment, l'oeuvre, qui était dans un grand état de désolation, quittait la rive sud de l'île pour sa rive nord. En 1992, la structure d'acier inoxydable a subi un grand nettoyage. Loin d'être à l'abandon, l'oeuvre est fréquentée comme jamais, notamment lors des Piknics électroniks, le dimanche, qui attirent plus de 1000 personnes en moyenne.

Politique du patrimoine

Selon Francine Senécal, membre du comité exécutif et responsable politique de la culture à la Ville de Montréal, cette manoeuvre s'inscrit dans le cadre de pratiques courantes pour la Ville. «Nous investissons plus ou moins un demi-million annuellement pour de nouveaux projets ou pour des projets de restauration.» Actuellement, la base du Monument Georges-Étienne Cartier, dans le parc du Mont-Royal, est en restauration. Ces travaux sont évalués à 1,5 million. La sculpture comme telle sera rafraîchie l'an prochain. Aussi, le fusil du monument Chénier, élevé sur la place Viger, a récemment été remplacé après avoir été subtilisé.

En octobre dernier, la Ville a octroyé un contrat de services professionnels à Atelier Formaviva au montant de 41 444,66 $ pour la restauration des sculptures en pierre faisant partie du Symposium international de sculptures de 1964, situées dans le parc naturel du Mont-Royal, dans l'arrondissement de Ville-Marie.

C'est dans cet esprit, rappelle Mme Senécal, qu'«une des recommandations de la politique du patrimoine, qui a été adoptée cette semaine, prévoit que la Ville se dote d'un inventaire des sculptures d'art publiques, en vue d'un plan d'action pour des remises en état.»