Festival - Un Elektra à la sauce «inter-réactivité»

Le festival Elektra, dédié à la création audiovisuelle et technologique de pointe, a dévoilé hier la programmation de sa sixième mouture, du 10 au 15 mai. Le festival change de peau et passe «dans les ligues majeures», pour reprendre les mots du porte-parole de l'événement, Patrick Masbourian.

Deux changements s'imposent cette année. Tout d'abord, le festival est présenté pour la première fois en continu, sur six jours. Les précédentes versions de l'événement se sont déroulées sur deux fins de semaine consécutives, séparées d'un battement de quelques jours. Autre changement, qui lui ne plaît pas aux organisateurs des événements voisins — dont Mutek, programmé trois semaines plus tard —, Elektra passe au printemps, lui qui était recalé à l'automne.

Front 242, un des groupes de musique industrielle les plus consistants à émerger des années 80, fera une seule escale en Amérique du Nord, au Métropolis. Pour réaliser cette prise et celle du duo britanno-américain Autechre, qui fait dans l'électronica expérimentale, Elektra s'est associé à plus gros que lui, soit au Groupe Gillett.

Pour les amateurs de vidéos, d'effets spéciaux au cinéma et dans les arts de la scène, il y aura de quoi saliver. UVA, qui est à l'origine du visuel dans les spectacles de Massive Attack et de U2, sera à Montréal. Le 14 mai, Richard Baily (Solaris et The Cell) et Kevin Tod Haug (Sahara, Seven et Fight Club) ouvriront leurs cartons et dévoileront des images expérimentales inédites. Cette rencontre avec le public est prévue dans une nouvelle section de l'événement, 1024: Design en mouvement. En feront notamment partie: UVA et d-Fuse (Beck), qui sera aussi en prestation le 13 mai, lors d'une soirée de performances et de vidéomusiques.

À cette performance s'ajoutera celle de Patrick Codenys, le leader de Front 242, qui se produira, en duo avec l'artiste visuel Kendell Geers, sous le nom de RedSniper — S338, la première de ce spectacle ayant eu lieu au Centre Georges-Pompidou, à Paris, en 2003. Des performances de Istvan Kantor et Jean Piché seront aussi à surveiller.

En outre, Elektra présentera son lot d'installations qui donneront dans l'«inter-réactivité», selon le néologisme de Patrick Masbourian, un tour de vis supplémentaire donné au concept de l'interactivité. Dans ces oeuvres, la relation homme-machine serait complexifiée: comme avec l'installation Frequency and Volume, de l'artiste Rafael Lozano-Hemmer, au Musée d'art contemporain de Montréal, dans laquelle le spectateur est transformé en antenne de radio. Ainsi, l'oeuvre réagit à la présence du corps humain, et vice versa. Aussi, à l'Usine C, Marie Chouinard et Louis Dufort offriront une version interactive de leur projet Cantique, le troisième du nom. D'autres soirées auront lieu, mêlant notamment opéra et installation immersive, avec les trois soirées Archange, de Louis Dufort, Alain Pelletier, Alexis Nouss et Pauline Vaillancourt.

Le festival, dirigé par Alain Thibault, se déroule dans des endroits aussi variés que l'Usine C, la Place des Arts, le Musée d'art contemporain, le Métropolis et la Station C, à Montréal.