Petit printemps de la danse

Une fièvre printanière s'empare du milieu de la danse après les remous des derniers mois. Une grande fête s'annonce pour la Journée internationale de la danse et, d'ici là, une dizaine de producteurs étrangers profitent d'une petite vitrine de la danse québécoise.

La mobilisation des danseurs de Joe semble avoir déteint sur le reste du milieu. Le Regroupement québécois de la danse (RQD) annonçait hier deux journées débordantes d'activités pour marquer la Journée internationale de la danse (29 avril), après quatre années de quasi silence et malgré l'absence de financement. «Il faut prendre en mains la visibilité de la danse, argent pas argent», a fait valoir Lorraine Hébert, la directrice générale de l'organisme qui réunit près de 450 professionnels de la danse.

Sur le thème «Pas de danse, pas de vie», répétitions publiques, atelier-conférence, classes techniques, portes ouvertes de compagnies aussi variées que les Ballets Jazz et Le Carré des Lombes se succéderont le 29 avril, dans une douzaine de lieux de la métropole. Le lendemain, la Société de développement du boulevard Saint-Laurent entre dans la danse. Une vingtaine de commerces, ainsi que les trottoirs du fameux boulevard, s'animeront au rythme des performances, expositions, films et autres interventions-surprises. À suivre...

Depuis la fermeture du Festival international de nouvelle danse (FIND) en 2003, les artistes sont privés d'une précieuse visibilité auprès des joueurs étrangers dont le réseau s'était consolidé au fil des ans. «Je trouvais important de maintenir ces liens», confie au Devoir Diane Boucher, qui orchestre la visite à Montréal, jusqu'à samedi, d'une dizaine de producteurs du Japon, de l'Angleterre, de la France, de l'Allemagne, de Monaco et du Canada, afin qu'ils voient le travail de chorégraphes d'ici.

C'est d'abord à titre de responsable du développement chez Fortier Danse-Création que l'ex-codirectrice du FIND a mis ce projet en branle en faisant appel aux différents paliers de gouvernement. L'initiative a pris de l'ampleur au fur et à mesure que les enveloppes de financement étaient accordées. «C'était important d'inviter des producteurs qui avaient un lien avec Paul-André Fortier, mais qui serviraient aussi à l'ensemble du milieu, surtout les compagnies intermédiaires parce que ce sont elles qui souffrent le plus [de l'absence de marché de la danse] à moyen terme», dit-elle.

Sur leur parcours, les producteurs, dont certains ne sont jamais venus au Québec, auront le loisir d'assister à une dizaine de spectacles et répétitions, incluant notamment le travail d'Hélène Blackburn, de Daniel Léveillé, de Martin Bélanger et de Paul-André Fortier. Une rencontre avec Ginette Laurin leur fera découvrir les nouveaux locaux d'O Vertigo.