Pendant ce temps, à Londres et à Ottawa

Pendant que le poète officiel de la Grande-Bretagne se creuse les méninges pour faire rimer Camilla, qui bientôt son prince Charles épousera, l'ancien titulaire du poste au Canada atteint les finales du plus riche concours de poésie hors des États-Unis.

À quoi rime tout ça? Le poète officiel est un versificateur payé par un Parlement pour pondre des textes sur des sujets en rapport avec l'actualité. Le titulaire londonien s'appelle Andrew Motion. Il planche sur un texte à produire à l'occasion du mariage de l'héritier de la couronne avec la roturière Camilla Parker Bowles.

La presse britannique révélait cette semaine que la rime s'annonce difficile. Faut-il joindre Camilla à Godzilla, à flotilla ou à vanilla? Et que dire des interminables déceptions entourant cette union? Sur le déplacement de la cérémonie d'hier à aujourd'hui, pour cause d'enterrement d'un pape? Sur le boycottage de la reine qui n'assistera pas à la cérémonie déplacée vers une banale mairie?

L'oeuvre sera rendue publique aujourd'hui. M. Motion commet des vers officiels depuis 1999. Il a par exemple parlé des «cinquante ans de permanence dans le changement» d'Élisabeth. Il a aussi versifié sur Nelson Mandela, sur une catastrophe ferroviaire, sur un recensement national et sur une équipe de rugby.

Son ancien collègue George Bowering, premier titulaire canadien de la fonction, a déjà plus de chance avec sa propre production. M. Bowering, un poète apprécié au Canada anglais, figure parmi les finalistes du Griffin Poetry Prize, doté d'une bourse de 100 000 $.

La récompense créée en 2000 à Toronto se divise en fait en deux, à parts égales: une moitié va à un poète canadien et l'autre moitié à un écrivain étranger. L'ancien poète officiel se retrouve en lice pour son recueil Changing on the Fly. Les deux autres Canadiens en nomination sont Roo Borson et Don McKay. Le nom des gagnants sera annoncé début juin.

Pendant ce temps, Pauline Michel, la remplaçante de George Bowering, poursuit son oeuvre à Ottawa. Le mois dernier, elle a fait paraître sur le site du gouvernement (parl.gc.ca) un poème intitulé Bal de neige - Hommage aux anciens combattants. La première strophe va comme suit: «Il y a des matins où le ciel est si rose / qu'on dirait que des myriades d'oiseaux / ont trempé leurs ailes dans l'aurore / avant de s'envoler.»

Une des dernières parties aborde franchement le sujet: «Il y a des combattants si courageux / que le ciel redevient bleu / paisible et clair / après les guerres et les blessures / Merci à eux / aux vétérans.»