Une première femme nommée à la tête du Musée canadien de l’histoire

La nouvelle p.-d.g., Caroline Dromaguet, qui assurait jusqu’à maintenant l’intérim
Musées canadiens de l’histoire et de la guerre La nouvelle p.-d.g., Caroline Dromaguet, qui assurait jusqu’à maintenant l’intérim

Le feu de la crise semble sur le point de s’éteindre au Musée canadien de l’histoire (MCH) et au Musée canadien de la guerre (MCG) avec la nomination annoncée lundi par le ministère du Patrimoine de Caroline Dromaguet comme présidente-directrice générale pour un premier mandat de cinq ans.

Depuis le départ dans la tourmente de son prédécesseur, Mark O’Neill, la muséologue était p.-d.g. par intérim au sein des deux établissements liés. Un rapport d’une enquêtrice externe spécialisée avait conclu il y a deux ans à l’existence d’un climat de travail toxique qui perdurait depuis des années.

« Caroline assume le leadership au musée depuis plusieurs mois et elle a su démontrer par sa créativité et sa capacité d’innovation qu’elle pouvait faire avancer la culture organisationnelle et établir des bases solides pour l’avenir, a dit au Devoir Carole Beaulieu, présidente du conseil d’administration du MCH et du MCG. En passant c’est la première femme nommée à ce poste. »

Mme Dromaguet a commencé sa carrière au Musée canadien de l’histoire il y a une décennie, d’abord au service des expositions. Elle est diplômée de l’Université d’Ottawa.

Son plan de réforme comprend plusieurs axes majeurs, qu’elle a détaillés en entrevue.

Climat de travail. « C’est une tâche que nous avons entamée il y a déjà deux ans déjà, a dit la p.-d.g. On est à l’écoute des employés dans une volonté de grande collaboration et on y met des solutions très concrètes, par exemple par l’intermédiaire d’un cadre de valeurs. Ce travail va continuer, et c’est une priorité pour moi de créer un climat de respect. » Mme Beaulieu ajoute que le conseil d’administration a publié le rapport sur le climat de travail et suit les changements dans la « culture organisationnelle » mis en place par Mme Dromaguet.

Modernisation. Les orientations stratégiques ont été définies pendant la pandémie et devraient faire l’objet d’une annonce officielle l’an prochain. « Je peux dire qu’elles seront axées sur l’innovation, l’engagement à l’échelle nationale et internationale, les droits des peuples autochtones et la technologie, a dit la p.-d.g. On cherche à devenir un musée beaucoup plus moderne pour réaliser notre mandat dans la société d’aujourd’hui. »

Décolonisation. Les deux femmes à la tête de l’institution ne veulent pas commenter la crise traversée par le Musée des beaux-arts du Canada depuis le virage en faveur de la décolonisation et de l’autochtonisation. Mme Dromaguet peut toutefois commenter le même processus au sein de ses musées. « Notre institution reconnaît son passé colonial, dit-elle. Le travail de décolonisation est amorcé ici depuis très longtemps étant donné la nature de nos collections. » Elle ajoute que le premier cadre balisant les relations avec les peuples autochtones afin de développer les collections et les expositions a été adopté il y a deux ans environ.

Numérisation. La pandémie a forcé l’accélération du virage vers une plus grande dématérialisation des savoirs et des expositions. Mme Dromaguet promet que les orientations stratégiques à venir vont tenir compte de cette mutation. « On veut utiliser la technologie pour innover, pousser notre mandat à l’échelle nationale et internationale, donner accès à nos collections, atteindre les communautés autochtones là où elles sont. Les possibilités sont incroyables », a-t-elle résumé.

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