Changement de garde à la Librairie du Québec à Paris

L’établissement était, depuis 2000, la propriété du Groupe HMH, un important distributeur québécois de livres.
Photo: Photo fournie par la Librairie du Québec L’établissement était, depuis 2000, la propriété du Groupe HMH, un important distributeur québécois de livres.

La seule librairie francophone entièrement consacrée à l’édition québécoise, la Librairie du Québec à Paris, vient d’être rachetée par Robert Cotton et Yan Rioux. Ce changement de garde devrait permettre à l’établissement de poursuivre, voire d’augmenter sa « promotion des auteurs québécois en France », indique M. Rioux, qui est aussi directeur de la librairie depuis 2020.

La Librairie du Québec à Paris, dont le stock s’élève à plus de 6000 livres québécois, a été fondée en 1995. M. Rioux y travaille depuis 1999. « J’y ai occupé à peu près tous les postes possibles, sauf la comptabilité », raconte-t-il, rieur, au Devoir. M. Cotton travaillait quant à lui dans les activités de distribution de la librairie. Les deux hommes cumulent plus de 40 ans d’expérience au sein de l’entreprise.

Photo: Photo fournie par la Librairie du Québec Le poète Gaston Miron à l'inauguration de la Librairie du Québec, en 1995

L’établissement était, depuis l’an 2000, la propriété du Groupe HMH, un important distributeur québécois de livres.

La librairie située tout près du Quartier latin continuera d’ailleurs ses activités dans ce domaine. D’autant qu’elle représente une soixantaine de maisons d’édition québécoises en France et en Europe. « C’est certain que le fait de devenir propriétaire va me permettre d’être en lien plus direct avec les éditeurs et les bailleurs de fonds, ce qui va m’aider à poursuivre cette activité importante pour l’entreprise », explique M. Rioux.

Le nouveau propriétaire estime que l’endroit est un « port d’attache » de plus en plus important pour la littérature québécoise sur le Vieux Continent, puisqu’elle représente aussi les auteurs lors de salons et qu’elle héberge de nombreux lancements européens de livres d’ici.

Photo: Photo fournie par la Librairie du Québec Michel Tremblay lors d'une activité à la Librairie du Québec

« Il y a un vrai désir des Français de découvrir la littérature québécoise », estime M. Rioux. « Les Français aiment la langue québécoise, qui peut leur paraître plus libre, et dont les influences ne sont pas les mêmes. Les Québécois traitent aussi de certaines thématiques différemment, comme le féminisme, par exemple, qui est très en vogue en ce moment. »

Yan Rioux raconte qu’il a vu la littérature québécoise « grandement évoluer » depuis qu’il travaille à la librairie.

« Au début des années 2000, les Français venaient me voir pour en apprendre sur les Autochtones, et j’avais presque juste des livres de Louis Hamelin qui en parlaient, mais aujourd’hui, ces thèmes-là sont beaucoup abordés. […] La poésie est aussi très présente dans le paysage québécois, alors que ça demeure un marché de niche en France. Nos clients sont très fidèles et curieux. »

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