Les coups de cœur de nos collaborateurs

Équipe des publications spéciales Collaboration spéciale
L’expérience AURA nous invite un court instant dans un monde lumineux et sonore déployé au sein de l’impressionnante basilique Notre-Dame de Montréal.
Photo: L'expérience AURA L’expérience AURA nous invite un court instant dans un monde lumineux et sonore déployé au sein de l’impressionnante basilique Notre-Dame de Montréal.

Ce texte fait partie du cahier spécial La culture en cadeau

Musique, objets, activités… L’équipe de collaborateurs des cahiers spéciaux vous propose quelques-uns de ses coups de coeur culturels. Autant de moments à partager durant le temps des Fêtes, ou d’idées de cadeaux à glisser sous le sapin.

Un vertige électro

Les caractères frémissants de la couverture donnent le ton. Avec Tambour Vision, de Bertrand Belin, vous offrirez à vos proches un cadeau vibrant qui se déguste lentement. Montez un peu le volume sur de bonnes enceintes pour vous laisser porter par son timbre légèrement rauque et les pulsations de l’instrumentation. Perché en équilibre sur la photo de l’album, le dandy français nous offre un vertige pop synthétique très élégant, flirtant avec David Bowie, Marianne Faithfull, Lou Reed ou encore Alain Bashung. L’écriture poétique du chanteur est à double sens. « Je viens d’une longue lignée d’ivrognes / Rongeurs de frein / De tous sexes / Seigneurs de châteaux renversés / Chairs à dédales /Desquels j’ai hérité / De tout et que dalle », chante celui qui nous parle de ses doutes et livre avec National un titre douloureusement actuel. En offrant ce bel album, dont on reconnaît la tranche orange vif au premier coup d’oeil dans sa discothèque, vous révélerez peut-être au destinataire du cadeau le monde musical de Bertrand Belin. Une découverte à prolonger notamment avec son excellent album précédent, Persona.

Isabelle Delorme

Déambulations sonores

J’adore les balados. Et je suis une marcheuse. J’aime donc ces « promenades documentaires », signées Portrait sonore, qui invitent à découvrir un coin de Montréal en marchant, au gré d’une thématique. Produits par Sophie Mankowski depuis 2013, ces balados sont bourrés d’informations historiques et culturelles, et plongent le promeneur solitaire dans une ambiance immersive grâce à une trame sonore impeccable. Entre deux articles à écrire, je vais souvent traîner mes bottes dans le sentier Olmsted, sur le mont Royal. En écoutant À la racine de l’arbre, consacré au parc, j’ai vu cette formidable forêt urbaine d’une façon nouvelle. Étape par étape, la narratrice relate l’évolution de ses peuplements forestiers, et s’entretient avec professionnels et amoureux de la montagne : forestier, paysagiste, botaniste, herboriste, biologiste, dessinateur, poétesse. Au départ du monument à sir George-Étienne Cartier (mais aussi de la rue Peel), on chemine à travers le temps et l’espace sur ce « poumon » de la métropole. L’application, téléchargeable gratuitement sur Apple Store ou sur Google Play, propose aussi des déambulations sonores à travers le Plateau Mont-Royal de Michel Tremblay, les lieux de culte de Westmount et la place de la nature en ville, entre autres. En français et en anglais.

Nathalie Schneider

Filer vers l’Égypte… à Québec

Après Fascinantes momies et Égypte magique, le Musée de la civilisation, à Québec, présente Le temps des pharaons. Provenant des collections de trois institutions européennes réputées, les objets montrés racontent la vie des grands comme des humbles, ainsi que les codes sociaux et les mythes qui cimentaient leur vivre ensemble. La momie d’une sexagénaire de Thèbes particulièrement bien conservée, la maquette de la grande pyramide de Gizeh, de précieux bijoux, des sarcophages couverts de motifs colorés, un fragment du papyrus d’un livre des morts, recueil de formules funéraires accompagnant le défunt dans l’au-delà… Les objets sont groupés en huit thématiques qui permettent de comprendre des pans d’un quotidien ancien, tandis que des projections les contextualisent. Comme pour la récente exposition portant sur les Mayas, des vidéos interactives faisant état de recherches récentes font apprécier encore davantage certaines de ces pièces. C’est d’ailleurs la grande plus-value de ces expos : alors qu’on pourrait avoir l’impression de les avoir déjà vues trois fois, de nouvelles découvertes scientifiques viennent enrichir nos connaissances et notre compréhension des mondes d’hier. Bref, voilà de quoi donner l’envie d’une croisière sur le lac Nasser, vers les temples de Ramsès II et de Nefertari à Abou Simbel ! Jusqu’au 12 mars 2023.

Carolyne Parent

Concerts de Noël, et des nations

La tradition existe depuis 1995, et cristallise la noble ambition, souvent écorchée, de faire de l’Europe un vaste territoire où règne l’harmonie entre les peuples. Une fois par année, en décembre, le rêve devient réalité grâce à la musique classique, et sous l’impulsion de l’Union européenne de radio-télévision (UER), avec le soutien technologique indéfectible de — eh oui ! — la BBC. Un peu partout sur le continent, de la Finlande au Portugal en passant par l’Estonie, l’Allemagne et la Grèce, plus d’une dizaine de concerts de Noël sont organisés et captés par les radios publiques nationales. Radio-Canada participe régulièrement à cette fête, offrant une occasion unique, et prestigieuse, à des orchestres et à des artistes d’ici de rayonner à travers le monde ; ceux-ci peuvent atteindre un vaste auditoire, parfois près de 12 millions d’auditeurs. Car l’UER compte plus de 100 organisations membres qui exploitent environ 700 stations de radio. Cette année, le Canada est représenté par l’ensemble L’Harmonie des saisons. Il propose un Noël aux tonalités baroques, événement musical enregistré devant public dans la magnifique église de la Visitation, la plus vieille située sur l’île de Montréal. En plus de sa diffusion lors du Noël Euroradio 2022, le 24 décembre, de 7 h à midi sur les ondes d’ICI Musique classique (un autre bloc de concerts est proposé le lendemain à la même heure et sur la même chaîne), leur prestation sera présentée le 24 de 18 h à 19 h sur ICI Musique classique, et le 25 de 9 h 30 à 10 h 30 sur ICI Musique.

André Lavoie

Du théâtre toute l’année

Il fait trop froid pour ressortir, la pièce va-t-elle vraiment en valoir le coup? À force de tergiverser, il n’y a plus de place : on a toujours une bonne raison de ne pas aller au théâtre… Pourtant, chaque fois que l’on en ressort, on se demande pourquoi on n’y va pas plus souvent ! La solution ? L’abonnement. Votre dévouée en a pris un pour le théâtre du Nouveau Monde (TNM) depuis deux ans, et elle ne le regrette jamais. Quoi de plus réjouissant que de regarder des acteurs sur scène jouer pour soi, se remettant en danger soir après soir. Pièce comique ou qui donne à réfléchir, classique ou contemporaine, comédiens en pleine gloire ou issus de la relève, l’expérience est toujours renouvelée et donne matière à discussion ! Au TNM, les deux pièces de l’automne — La nuit des rois de William Shakespeare, mise en scène Frédéric Bélanger, et Le roman de monsieur de Molière de Mikhaïl Boulgakov, mise en scène de Lorraine Pintal — font partie, dans des styles très différents, de ces moments qui laissent des traces, et la programmation de l’hiver et du printemps — Je t’écris au milieu d’un bel orage, d’après la correspondance entre Albert Camus et Maria Casarès, mise en scène Maxime Carbonneau, Abraham Lincoln va au théâtre de Larry Tremblay, mise en scène Catherine Vidal et Le rêveur dans son bain, texte original et mise en scène de Hugo Bélanger — se présente sous les meilleurs auspices. Avec l’abonnement, plus d’excuses, on y va, et on passe une bonne soirée ! Le TNM offre une réduction de 10 % à l’achat des trois derniers spectacles de la saison.

Hélène Roulot-Ganzmann

Voyage en contrées glacées

Bien emmitouflée dans ma douillette, je me fais une petite place dans le train entre Moscou et Mourmansk, au nord du cercle arctique, en Russie. Par la fenêtre, la nuit défile, dans le froid glacial. Dans le compartiment no 6, deux âmes esseulées se rencontrent. Une jeune étudiante finlandaise en archéologie amère de l’indifférence de son amante souhaite admirer de fameux pétroglyphes en Arctique. Mais son enthousiasme décline lorsqu’elle fait face aux manières rustres et machos de son compagnon de cabine, un mineur russe déjà saoul. Obligés de partager l’espace exigu, les deux protagonistes commencent par s’éviter, avant de nouer un lien inhabituel. Au-delà des premières impressions, le mineur démontre plus d’authenticité que l’entourage moscovite de la jeune étudiante. Au fil du voyage et des longues escales, l’ambiance glaciale des débuts commence à fondre et fait la place à une étrange histoire d’amour, plus fraternelle que romantique, entre les deux personnages. Surtout en ces temps troubles, cette incursion intime et relationnelle dans ces contrées glacées réchauffe le coeur, mieux qu’un verre de vodka. Lauréat du Grand Prix du Festival de Cannes en 2021, Compartiment no6 est un film produit par la Finlande, l’Estonie, la Russie et l’Allemagne et réalisé par Juho Kuosmanen. Sorti dans les salles de cinéma québécoises en février dernier, ce long métrage peut toujours être visionné sur des plateformes comme MUBI.

Miriane Demers-Lemay

Des oeuvres d’art aux frontières des possibles

Karoline Georges nous régale depuis 2001 de romans, de nouvelles et d’articles s’intéressant aux devenirs, à la quête du sublime et au déploiement de la conscience à travers les technologies. On lui doit notamment Sous béton, devenu le premier titre québécois à rejoindre la prestigieuse collection Folio SF de Gallimard, ainsi que De synthèse, lauréat du Prix du Gouverneur général en 2018. Mais cette autrice est également une artiste accomplie qui dispose d’une belle feuille de route en matière d’arts numériques. S’intéressant depuis quelques années aux méthodes de création artistique utilisant l’intelligence artificielle, elle les explore concrètement depuis un an avec des résultats tout simplement époustouflants. De son dialogue avec la machine, suivi d’outpainting et de travail graphique, naissent des créatures éthérées ou mutantes, des sculptures, ou bien des objets et des accessoires aux frontières du réel. D’une beauté, d’une sensualité et d’une sensibilité saisissantes, ces oeuvres virtuelles sont pour certaines d’entre elles déjà exposées dans des galeries, comme celle d’OBJKT, où il est possible de les acquérir. Ceux qui doutaient donc encore du potentiel artistique de la création numérique seront soufflés par cet éloquent travail. Et ce n’est qu’un début, puisque Karoline Georges prépare parallèlement à ses oeuvres graphiques deux romans où l’intelligence artificielle occupera une place centrale. À découvrir impérativement !

Sophie Ginoux

Les paysages hauts en couleur de Josiane Lanthier

L’artiste-peintre Josiane Lanthier, qui a depuis peu établi son atelier à Baie-Saint-Paul, transpose la nature d’ici sur ses toiles. Dans son oeil, les couleurs semblent plus éclatantes que dans la réalité et les contrastes, plus vibrants encore. Son inspiration ? Elle la puise autant lors de ses balades en forêt ou en voiture qu’en scrutant l’oeuvre de ceux qu’elle admire, dont Marc Séguin, Françoise Sullivan ou Pierre Dorion, énumère-t-on dans sa biographie publiée sur le site de la galerie kamouraskoise Champagne et Paradis, où elle expose quelques tableaux. Pour notre part, c’est sur les étiquettes des vins de la maison agricole Joy Hill que nous avons découvert ses créations hautes en couleur. Ainsi, quelques fragments d’Après les feux, que la jeune trentenaire a peint après une visite de ce tout nouveau vignoble, situé à Frelighsburg au pied du mont Pinacle, illustrent les différentes cuvées de Joy Hill. Un petit verre de La Butte 2021 avec ça ?

Jessica Dostie

Rire et déconstruire

Envie de détruire le patriarcat pour les Fêtes ? Le spectacle féministe Womansplaining Show propose de s’y atteler, « une blague à la fois ». Sans filtre, les deux humoristes et fondatrices du spectacle, Noémie Leduc-Roy et Anne-Sarah Charbonneau, animent brillamment les soirées. Lors de chaque événement, trois ou quatre artistes féminines et issues de la diversité sexuelle présentent un numéro d’humour sur des thèmes comme la masculinité toxique. Des sujets plus délicats et intimes y sont aussi abordés, toujours de manière intelligente et cocasse. L’idée est un joli pied de nez au mansplaining, concept désignant un moment lors duquel un homme explique à une femme quelque chose qu’elle sait déjà, le plus souvent sur un ton paternaliste. En opposition, le womansplaining représente l’occasion inespérée d’écouter des femmes parler, sans interruption. « Ça ne nous dérangeait pas d’inviter des hommes, mais ils ont déjà tous un podcast », lancent les animatrices avec espièglerie, en début de spectacle. Des artistes de la relève et des plus connues comme Catherine Ethier, Kim Lizotte, Katherine Levac et Léa Stréliski ont fait partie des invitées, qui changent d’une représentation à l’autre. La prochaine aura lieu le 30 novembre à la Maison de la culture de Rivière-du-Loup. Des dates sont également prévues tout au long du mois de décembre à travers la province, notamment à Trois-Rivières, à Val-d’Or et à Québec.

Pascaline David

Splendeur et magieà la basilique Notre-Dame

Petit moment précieux et féerique durant la période hivernale, l’expérience AURA nous invite un court instant dans un monde lumineux et sonore déployé au sein de l’impressionnante basilique Notre-Dame de Montréal. On s’y rend quelques minutes avant le spectacle, le temps d’observer toute la beauté de l’architecture néogothique de l’église, une construction datant du XIXe siècle, et de faire quelques arrêts aux différentes stations lumineuses qui sont accompagnées de projections visuelles afin d’offrir au public un avant-goût de la performance à venir. Assis sur le banc de l’église, on se laisse ensuite porter par le mouvement des effets visuels et le rythme de la musique, marquée notamment par la puissance de l’orgue inauguré en 1891 par Casavant frères de Saint-Hyacinthe. Cette expérience multimédia immersive signée Moment Factory, dont la forme a été récemment renouvelée, présente une combinaison visuelle et musicale aérienne qui valorise toute la richesse du patrimoine, sa structure somptueuse comme ses oeuvres. Une trentaine de musiciens et une vingtaine de choristes ont participé à la création de la bande sonore, conçue et enregistrée par le studio musical montréalais Troublemakers, à laquelle s’ajoutent divers instruments virtuels — sans oublier le grand orgue constitué de 7000 tuyaux jouant, quant à lui, en direct et en toute synchronicité —, mariant ainsi musique classique et électronique. Ce spectacle est une façon toute simple de saupoudrer un peu de splendeur et de magie et de faire briller les yeux des grands comme des petits, en ce temps des Fêtes ! Accessibles à toute la famille (billet gratuit pour les enfants de 5 ans et moins), les prestations sont offertes la semaine ainsi que les samedis, en soirée.

Kim Renaud-Venne

Voyage dans les années 1970 en 144 photos

Un voyage dans le temps, en 1972, dans le village québécois Disraeli. C’est ce que propose le Musée McCord Stewart avec Disraeli revisité. Chronique d’un événement photographique québécois, soulignant ainsi les 50 ans de ce projet qui marqua l’histoire de la photographie au Québec. À travers 144 photographies en noir et blanc, dont 67 n’ont jamais été publiées, des documents d’archives et une vidéo, l’exposition fait découvrir un projet qui a fait l’objet d’une vive polémique en 1974, alors que des notables de Disraeli réagissent fortement à la publication des photos, qui présentent selon eux une image négative et misérabiliste de leur village. Le projet a été réalisé en 1972 par les quatre jeunes photographes Claire Beaugrand-Champagne, Michel Campeau, Roger Charbonneau et Cedric Pearson, qui passent l’été à Disraeli pour y développer leur projet documentaire qui montre « l’ordinairement vécu ». En ressortent alors des photos comme celle des cinq enfants de la famille Matteau, posant tout sourire, cordés devant la corde à linge sur la galerie de leur maison, ou encore celle d’Henri Gosselin qui pose au milieu du champ, un bras autour du cou d’une vache de son troupeau. Les liens et la proximité que les photographes développent durant leur séjour avec la communauté ont permis de réaliser des photos empreintes de naturel, sans fard ni filtre. En plus de faire réfléchir sur le droit à l’image, un sujet encore bien d’actualité, l’exposition permet une incursion personnelle et sensible au coeur d’une communauté rurale du Québec. Un voyage dans notre histoire possible jusqu’au 19 février 2023.

Catherine Girouard

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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