Les flâneurs


Sophie Grenier-Héroux

Un resto, une pandémie et puis après ?

Il faut avoir hiberné pour ignorer les répercussions de la pandémie sur l’univers de la restauration. C’est donc les humains au sortir de la tempête qui ont été le point de mire de Bruno Florin dans Le resto d’après, une websérie de six épisodes, efficace et sensible. Les remises en question, les quêtes de sens, les brassages de cartes sont autant de thèmes mis en valeur par une dizaine de professionnels du milieu, visiblement en confiance devant la caméra de Florin. On peut ainsi saisir toute la palette d’émotions entre passion et pression. À voir à mordu.ca.


Odile Tremblay

Les adieux de Serge Bouchard

Publié de façon posthume, après ses autres recueils de chroniques radiophoniques, La prière de l’épinette noire (novembre 2022 chez Boréal) est en quelque sorte le chant du cygne de Serge Bouchard. Ses réflexions profondes livrées avec son style unique embrassent autant la course de l’humanité au fil des siècles, faite de leurres et de lumières, que le Québec d’hier et d’aujourd’hui. Aussi la marche des Autochtones. « Serons-nous meilleurs quand nous nous serons emmurés dans nos certitudes ? » demande le philosophe-anthropologue en espérant l’écho.


Marc-Antoine Franco Rey

Psychédélice

Demi-finaliste aux dernières Francouvertes, Allô Fantôme a lancé son premier microalbum du même nom en mai. Projet de l’auteur-compositeur-interprète Samuel Gendron, entendu dans Efy Hecks et Mort Rose, Allô Fantôme assemble des airs envoûtants aux accents rock des années 1970. Sortie le 1er novembre, la chanson Couteau papillon plonge une nouvelle fois dans l’univers éclaté du groupe formé de huit musiciens. Avec d’entraînants solos de flûte traversière et de saxophone, ce single dansant est une porte d’entrée pour découvrir la proposition psychédélique d’Allô Fantôme. Disponible sur toutes les plateformes.


Catherine Lalonde

Voir et dire

Dans Tu vois ce que je veux dire ? (PUM), l’artiste visuel et illustrateur Clément de Gaulejac décortique les rapports électriques entre langage et images. Il y pense les différents temps qu’il faut aux cerveaux pour capter les métaphores (images verbales) ou les illustrations (images visuelles), et déplie la force communicante — positive et négative — des stéréotypes. « Les images ont besoin qu’on les parle autant que les mots ont besoin qu’on les voie », écrit-il. L’essai est finaliste au Prix littéraire du Gouverneur général et vient de remporter le prix Spirale Eva-Le-Grand.


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