Vendredi, le savoir s’anime à la nuit tombée 

La nuit des chercheuses et des chercheurs invite à la découverte de lieux habituellement pas accessibles au public, dont l’Herbier Marie-Victorin.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La nuit des chercheuses et des chercheurs invite à la découverte de lieux habituellement pas accessibles au public, dont l’Herbier Marie-Victorin.

À 19 h pile vendredi, le Jardin botanique ouvrira ses portes au public pour un événement scientifique hors de l’ordinaire : La nuit des chercheuses et des chercheurs, qui convie les visiteurs à des rencontres conviviales avec des scientifiques d’ici et à la découverte de lieux qui ne sont habituellement pas accessibles au public, dont l’Herbier Marie-Victorin.

Inspirée de La nuit européenne des chercheur.e.s, qui bat son plein chaque année dans des centaines de villes d’Europe, la version québécoise de cet événement, qui en est à sa troisième édition, aura lieu cette année simultanément au Jardin botanique de Montréal et au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke.

Elle devait essaimer également à Exploramer, un musée consacré à la vie marine du Saint-Laurent, à Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie, mais comme l’institution est en rénovation, ses chercheurs seront au Jardin botanique.

Le but de l’événement est « de créer des occasions de rencontres plus intimes avec les chercheurs afin que le public sente qu’ils ne sont pas sur un piédestal. On n’est pas dans un modèle de conférences ou de panels. Toutes les activités ont été pensées pour qu’il y ait un contact direct avec les scientifiques », résume Marika D’Eschambeault, coordonnatrice en loisirs scientifiques à Espace pour la vie.

Le thème de l’édition 2022 vise à faire découvrir l’évolution de la recherche scientifique au cours du temps. Un trio de personnages nommés Passé, Présent et Futur accueillera les visiteurs et les guidera d’abord vers l’auditorium Henry-Teuscher, au style Art déco, où les projecteurs seront dirigés sur huit femmes botanistes qui ont été oubliées, comme Marcelle Gauvreau, proche collègue de Marie-Victorin, ou qui gagnent à être connues, et dont certaines seront présentes durant l’événement, comme Anne Bruneau, l’instigatrice du Centre sur la biodiversité, et Catherine Potvin, qui a représenté le Panama dans les négociations climatiques.

On entrera ensuite dans les serres, tout d’abord dans le Placard des sens, qui fera vivre aux visiteurs de petites expériences sensorielles, sans toutefois que leur soit dévoilé de quoi il s’agit, afin que le visiteur soit placé «  dans une situation inconfortable ». « Le but est de créer l’émotion qui est vécue par les scientifiques quand ils sont dans l’incertitude et le doute et qu’ils doivent formuler des hypothèses dans le cadre de leurs recherches », explique Mme D’Eschambeault.

Démonstrations

Les visiteurs chemineront ensuite à travers les serres du Jardin, selon un parcours le long duquel ils verront des stations animées par des scientifiques qui discuteront de leurs recherches et qui feront des démonstrations. Une station montrera l’évolution des outils qu’on utilise en recherche. Une autre, consacrée au comportement animal, nous renseignera sur les projets de conservation du Biodôme.

Le parcours aboutit au Centre sur la biodiversité, où des tables style bistro et un bar proposant des consommations permettront des tête-à-tête avec l’un ou l’autre des 45 chercheurs qui ont accepté de se prêter à ces rencontres informelles.

Au total, environ 150 scientifiques d’Espace pour la vie, de l’Université Concordia, de l’Université McGill, de l’Université de Montréal et de l’Université du Québec à Montréal, d’instituts de recherche tels que l’Institut de recherche sur les exoplanètes, l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie et l’Institut de recherche en histoire maritime et archéologie subaquatique ainsi que du Musée américain d’histoire naturelle de New York et de l’Agence spatiale canadienne seront disponibles pour discuter de leurs travaux.

Finalement, trois visites inédites seront proposées par petits groupes de 15 personnes : une des laboratoires où les chercheurs qui ont gagné le concours de l’Acfas La preuve par l’image montreront le spécimen qui est représenté dans leur photo ; une autre des collections entomologiques Ouellet-Robert et de l’Insectarium ; et une dernière de l’Herbier Marie-Victorin.

Pour plusieurs, le clou de cette soirée sera la visite de cet herbier, créé par le frère Marie-Victorin il y a un peu plus de 100 ans et réparti depuis 2013 dans deux salles situées dans le bâtiment du Centre sur la biodiversité.

À la mort de Marie-Victorin, en 1944, l’herbier comprenait 150 000 spécimens, dont un bon nombre provenait de Cuba, où le botaniste a séjourné plusieurs fois et s’est passionné pour sa flore tropicale avec son confrère et ami le frère Léon. Depuis, l’herbier s’est enrichi grâce à de multiples dons, notamment de l’Université de Waterloo, en Ontario, et de l’Université Cornell. Il comprend aujourd’hui 750 000 spécimens, parmi lesquels des plantes d’une grande valeur historique puisqu’elles ont été cueillies en 1769, lors du premier voyage du capitaine James Cook, en Nouvelle-Zélande.

Même si La nuit des chercheuses et des chercheurs se poursuit jusqu’à minuit, la vente de billets cessera à 21 h 30. Des créneaux horaires sont déjà complets, il vaut donc mieux réserver ses billets sur le site d’Espace pour la vie.

À voir en vidéo