Les flâneurs

Illustration: Le Devoir

Odile Tremblay

La baguette de Cate Blanchett

Le fascinant film Tár, de Todd Field, a valu à Cate Blanchett le très mérité prix d’interprétation féminine à la Mostra de Venise pour son rôle de cheffe d’orchestre tout en ombres et en lumière. Celle qui dirige le Philharmonique de Berlin se retrouve plongée dans une véritable descente aux enfers après des allégations d’inconduites sexuelles et de harcèlement. L’ego des têtes d’affiche qui se croient tout permis et les dérapages de la culture de l’annulation se font face. Cette oeuvre belle et austère, parfois traversée par de sublimes scènes oniriques et clôturée par un trait d’humour noir, constitue une brillante plongée dans la psyché humaine. L’actrice s’y aventure avec une aisance de maestra.


Cédric Gagnon

Danser seul avec le sourire

 

Avant toute chose, cartes sur table. Je ne peux prétendre à l’objectivité tellement j’aime Carly Rae Jepsen, et j’attendais ce nouvel album de la même manière qu’on attend Noël. The Loneliest Time tire son inspiration de la solitude, celle d’une artiste constamment sur la route et celle vécue par tous durant la pandémie. Malgré tout, cette proposition demeure fidèle à la princesse de la pop et évite la mélancolie — un album qui embrasse l’aspect sucré qu’on apprécie tant chez elle, mais qui tient également compte de son public et qui mûrit avec lui. On danse, on sourit et on s’amuse. Quel charme !


Marc-Antoine Franco Rey

Ovni? Vous avez dit ovni?

 

Croyez-le ou non, de 1977 à 1988 en France, le Centre national d’études spatiales a possédé une division appelée GEPAN, soit le Groupe d’étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés. Muté après l’échec du décollage d’une fusée, Didier Mathure (Melvil Poupaud, moustachu) entend enquêter sur tous les cas non résolus du GEPAN pour redorer son blason. Adoubé à sa sortie, OVNI(s) est un hybride entre C’est comme ça que je t’aime et Stranger Things, mariant la comédie du premier à la science-fiction du second. Une série insolite aux teintes moutarde, soucoupe volante y comprise. Sur TV5Unis.


Caroline Montpetit

Leloup le temps d’un livre

Il rock, il, rape, il chantonne, il écrit. Il joue de la guitare. Bête curieuse et polymorphe, Jean Leloup a traversé les dernières décennies à cheval sur sa musique, changeant de chapeau et de nom à sa guise, fidèle à son inspiration. Et c’est par la musique qu’Olivier Boisvert-Magnen l’aborde dans son livre hommage, Jean Leloup. Des grands instants de lucidité (Les Malins). Y avait-il une autre façon d’aborder cet être à la fois marginal et populaire que d’un album à l’autre, d’une chanson à l’autre, d’un état à l’autre ? Par le biais de témoignages, le portrait d’un homme volontaire et libre émerge, le temps d’un livre.


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