Un amateur de culture sur quatre hésite encore à acheter des billets

La fréquentation des spectacles en intérieur a elle aussi augmenté depuis le mois de mai dernier, relève-t-elle, mais seulement de 9%.
Photo: Denis Lovrovic Agence France-Presse La fréquentation des spectacles en intérieur a elle aussi augmenté depuis le mois de mai dernier, relève-t-elle, mais seulement de 9%.

Le quart des amateurs de culture canadiens hésite encore à se rendre dans des salles de spectacle, plus de deux ans après le début de la pandémie.

C’est ce qui se dégage d’un sondage mené par le groupe Affaires-Arts, avec le Centre national des arts et le groupe Nanos.

« Il y a de bonnes nouvelles et de moins bonnes nouvelles, commente Aubrey Reeves, présidente et directrice générale d’Affaires-Arts. La bonne nouvelle, c’est que le public est retourné assister à des événements culturels, surtout à l’extérieur. Et ça n’est pas une surprise, durant l’été, on est mieux à l’extérieur. »

La fréquentation des spectacles en intérieur a elle aussi augmenté depuis le mois de mai dernier, relève-t-elle, mais seulement de 9 %.

« Mais il y a 24 % des amateurs de culture qui sont encore hésitants et qui ne savent pas quand ils retourneront voir des spectacles », ajoute-t-elle.

Les raisons de cette hésitation sont sans doute multiples, et ne sont pas nécessairement liées à la peur de contracter le virus de la COVID-19.

« Beaucoup de personnes ont changé leurs habitudes durant les dernières années, dit Mme Reeves. Il y a aussi les pressions induites par l’inflation. » Mais il s’agit en effet « d’un très gros pourcentage d’amateurs d’activités culturelles » qui ne sont pas retournés à la fréquentation prépandémique.

« Cela survient d’ailleurs au moment où les compagnies et institutions culturelles ne peuvent plus compter sur l’aide gouvernementale qui était liée à la pandémie. », précise Aubrey Reeves. Selon elle, le prix des billets de spectacle ou de galeries d’art n’a pas nécessairement augmenté, « parce que les organisations culturelles savent qu’elles ont du mal à regagner le public ». « Mais les autres choses sont plus chères », dit-elle, ce qui réduit les capacités du public de dépenser. Autre conclusion du sondage, 11 % des personnes sondées ont dit que des prix plus bas, plus que le port du masque (7 %), les motiveraient à retourner s’asseoir dans une salle de spectacle.

De tous les groupes d’âge, ce sont les jeunes, de 18 à 34 ans, qui ont été les plus nombreux à recommencer à fréquenter des événements culturels, selon les données du sondage.

Moins de réservations en avance

 

Par ailleurs, les amateurs de culture sont aussi moins enclins à réserver leurs billets de spectacles longtemps à l’avance. Au Québec, 49 % acceptaient de réserver leurs billets longtemps à l’avance avant la pandémie, et aujourd’hui, ils ne sont plus que 37 % à le faire.

Pour obtenir ces résultats, les sondeurs se sont adressés à des gens qui sont considérés comme des amateurs d’activités culturelles, donc qui sont plus susceptibles d’y retourner.

« Si on arrive à ramener le public d’amateurs au même niveau qu’avant la pandémie, c’est bon. Le problème, c’est que ce n’est qu’un petit pourcentage du public. »

De façon générale, les amateurs d’activités culturelles qui avaient le plus hâte de reprendre leurs activités l’ont fait. Mais pour les autres, de nouvelles habitudes ont été prises durant ces longues années de pandémie. Et il faudra du temps pour les accueillir de nouveau.

Enfin, les dons des amateurs destinés à soutenir le milieu culturel sont restés stables, avec 30 % de ce public qui ont fait des dons d’une moyenne de 138 $ en 2021.

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