Les flâneurs

Photo: Le Devoir

Lisa-Marie Gervais

Nazi en cavale

Impossible de ne pas être captivé par la quête de l’avocat franco-britannique Philippe Sands pour retracer le parcours du général nazi Otto Wächter, jugé responsable de la mort de milliers de Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Dans cette saga racontée dans La filière, un balado français disponible sur OHdio, tout est fascinant : la cavale de l’officier SS qui a échappé à la justice des Alliés, l’amitié improbable entre son fils, Horst Wächter, et Philippe Sands, jusqu’à la clairvoyance du romancier John le Carré, ami de Sands, qui met son grain de sel dans cette enquête à suspense. Quand la réalité dépasse la fiction.

 


Manon Dumais

Anatomie d’un tueur en série

Entre 1978 et 1991, Jeffrey Dahmer (1960-1994) a assassiné 17 jeunes hommes. Surnommé le cannibale de Milwaukee, Dahmer démembrait ses victimes, se livrait à des actes de nécrophilie, puis conservait leurs restes. Avec sa chronologie éclatée, sa structure fragmentée et son souci maniaque du détail, Monstre. L’histoire de Jeffrey Dahmer, série de Ryan Murphy, met en lumière la complexité de cet homme en apparence inoffensif, incarné magistralement par Evan Peters, l’impuissance de ses parents et, surtout, l’incompétence de la police. Glauque et angoissant. Sur Netflix.

 


Odile Tremblay

Le testament de Marie-Claire Blais

Clôturant involontairement le cycle Soifs, interrompu par la mort de la romancière québécoise l’an dernier, le roman inachevé Augustino ou l’illumination (Boréal) est une oeuvre d’une humanité supérieure. Ce cri contre la guerre, la lâcheté, l’oppression résonne à travers les temps, ce qui le rend d’autant plus contemporain. Marie-Claire Blais sait recréer d’un même souffle les affres de son héros travailleur humanitaire en Inde, le destin de ses ancêtres dans des camps de la mort, l’angoisse d’un soldat revenu du Vietnam, la bonne conscience d’un responsable de la guerre en Irak, en posant la question de la responsabilité humaine.

 


François Lévesque

Une coproduction visionnaire

Coproduction entre la Belgique, la France et la Lituanie, Vesper rappelle d’éblouissante façon qu’il est tout à fait possible de créer une oeuvre de science-fiction visionnaire sans un budget, ou une logistique, hollywoodien. Campé dans un futur dévasté où plus rien ne pousse, le film suit la jeune « bio hackeuse » débrouillarde qui vit en marge des citadelles où la frange privilégiée de la population survivante s’est retranchée. Visuellement époustouflant, Vesper crée un univers qui n’est pas sans évoquer les oeuvres de Moebius, dont Les maîtres du temps, qu’avait adapté René Laloux. Au cinéma du Parc.

 


 

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