​Sur vos écrans: Récits artistiques

Une image tirée du documentaire «Sur les traces d’Anachnid».
Photo: Radio-Canada Une image tirée du documentaire «Sur les traces d’Anachnid».

De Montréal à Mani-Utenam

 

Radio-Canada saisit l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation du 29 septembre pour présenter Sur les traces d’Anachnid, un documentaire aussi intimiste que pop et enrichissant. L’artiste multidisciplinaire oji-crie montréalaise y emprunte son autobus rose afin de sillonner les routes du Québec, le long du Saint-Laurent, de Montréal à Uashat mak Mani-Utenam, à la rencontre de musiciens des Premières Nations.

Anachnid tend d’abord son micro à Kanen, autrice-compositrice-interprète innue, elle aussi établie à Montréal, qui ne lâche jamais son ukulélé. Elle se confie notamment sur l’influence qu’a le territoire dont elle est originaire sur ses créations et comment celles-ci lui ont permis de se réapproprier sa langue malgré ses rares visites en terre natale. De Trois-Rivières à Wendake, Anachnid prend également le temps de discuter avec le chanteur et guitariste atikamekw Ivan Boivin-Flamand et la musicienne huronne-wendate Eadsé, qui collabore par ailleurs avec un producteur californien sur ses compositions. Arrivée enfin sur la Côte-Nord, berceau des arts autochtones au Québec, Anachnid retrouve Scott Pien-Picard, que beaucoup qualifient d’étoile montante de la musique autochtone. En plus d’offrir une performance live, l’artiste se confie sur l’importance de sa famille et des éléments, particulièrement la forêt, qui forment son univers créatif.

Ce road trip télévisuel est aussi l’occasion pour la lauréate du Félix de l’artiste autochtone de l’année en 2021 et du prix de l’auteur-compositeur autochtone de l’année 2019 de la Fondation SOCAN de se dévoiler un peu plus. Anachnid interprète aussi dans le documentaire une des pièces de son premier album (Dreamweaver), une oeuvre au style musical complexe inspiré autant par l’électro-pop, le trap, la soul et le hip-hop que par ses cultures ancestrales. En résumé, Sur les traces d’Anachnid est un documentaire flamboyant qui prouve que la relève musicale québécoise peut compter sur les talents autochtones.


Sur les traces d’Anachnid
ICI Artv, le 30 septembre, 20 h
 

Qui est véritablement Fantômas ?

 

Alors qu’en 1967, le dernier épisode de la trilogie Fantômas, mettant en vedette Jean Marais, Mylène Demongeot et Louis de Funès, remporte un succès fulgurant sur les écrans de cinéma européens, l’un des créateurs du personnage romanesque, Marcel Allain, crie au scandale. Celui-ci désapprouve en effet l’appropriation de son Fantômas par les studios Gaumont et va même jusqu’à porter l’affaire devant les tribunaux français deux ans plus tard. Selon lui, son Fantômas au statut de criminel odieux, mystérieux et surtout sans merci pour ses victimes a été dénaturé au profit d’un comique qui se bat contre Scotland Yard. Il ne faut pas s’y tromper : le Fantômas de Marcel Allain et Pierre Souvestre est un véritable méchant masqué à l’identité floue.

Plus de cinquante ans plus tard, le documentaire Fantômas démasqué de Dimitri Kourtchine rétablit la vérité sur la personnalité du Fantômas original. Le cinéaste soulève également bien des questions — encore d’actualité — lorsqu’il s’agit d’adaptation de fictions au grand écran et d’usurpation non pas d’identité, mais de protagonistes inventés par d’autres.


Fantômas démasqué
TV5, lundi 26 septembre à 21 h
 

Aux confins du drill

 

La nouvelle série de Prime Video Jungle établit ses quartiers dans un Londres rétrofuturiste et chaotique, où la loi du plus fort l’emporte souvent. Rythmée par des sonorités drill — un sous-genre du hip-hop —, la série suit le quotidien d’étrangers qui sont en réalité plus liés qu’il n’y paraît.

Acteurs et rappeurs, dont Dizzee Rascal et Amaria BB, prennent ainsi part à cette odyssée dystopique dont l’esthétique éclairée aux néons de la ville impressionne autant que le scénario troublant. « Welcome to the jungle », nous promet-on ainsi.


Jungle
Prime Video, dès le 30 septembre

À ne pas manquer

«L’impératrice»: dépoussiérer Sissi

Des générations d’amateurs et d’amatrices de « films de princesse » gardent un souvenir ému de l’impératrice Élisabeth d’Autriche incarnée par la fabuleuse Romy Schneider dans la trilogie de films sirupeux des années 1950. Ils seront alors peut-être curieux de jeter un oeil à cette minisérie allemande qui s’intéresse aux années d’apprentissage de Sissi ainsi qu’à son histoire d’amour complexe avec François-Joseph et qui la dépeint comme une héroïne romantique passablement rebelle…


L’impératrice
Netflix, dès le 29 septembre


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