Les flâneurs

Photo: Le Devoir

Yannick Marcoux

Ministre de la culture, de l’oxygène

Réalise-t-on l’importance de la culture dans nos vies ? En pleine campagne électorale, les éditions D’eux nous offrent une réédition du tonitruant plaidoyer de Carole Fréchette, Si j’étais ministre de la Culture. Contre la sempiternelle relégation de la culture, elle propose des journées sans culture, maintenues jusqu’à ce que l’on ressente « l’enfer suffocant que seraient nos existences dans cet univers de stricte efficacité ». Un cri vibrant, appuyé par les illustrations de Thierry Dedieu, dont les traits, si fins, mettent en scène des personnages grotesques. Une nécessaire bouffée d’air.


Odile Tremblay

La tronche du « bon boss »

Le bon boss d’Yvon Deschamps n’aurait pu trouver meilleure incarnation que celle de Javier Bardem, impayable dans Un bon patron de l’Espagnol Fernando León de Aranoa. Cette satire du monde du travail, gratinée à souhait, fait grincer son portrait du parfait entrepreneur qui cache son jeu retors, manipule tout le monde et devient l’arroseur arrosé. Servi par un scénario impeccable, mené rondement, bien dirigé, ce film désopilant et inquiétant a tout pour réconcilier le grand public avec la comédie espagnole qui dénonce les monstres sociaux en se payant leur tronche.


Alexis Riopel

Énergie cinétique

La bédé de la Britannique Alice Oseman est devenue un classique instantané, et la version télévisuelle se dirige vers le même statut. Heartstopper, série présentée sur Netflix, raconte les amours naissants de Charlie, un gentil rêveur hors du placard mais ébouillanté par des expériences passées, et du meilleur joueur de rugby de l’école, Nick, qui s’étonne de ses sentiments mais se laisse porter. C’est doux, c’est à la fois simple et compliqué, comme peuvent l’être les premières amours et l’adolescence, le tout sans dramatiser la recherche de son identité. Encore une fois, la télévision britannique pour jeunes adultes frappe fort.


Amélie Gaudreau

Un siècle de science, P.Q.

L’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (Acfas) fêtera l’an prochain son centenaire d’existence. En attendant, on a droit à une courte série documentaire fort bien conçue qui met en lumière plusieurs bons coups de nos scientifiques durant ce siècle. La fabuleuse histoire des sciences au Québec (Savoir Média) se décline en dix épisodes consacrés à une figure importante ou à un domaine de recherche associés à une décennie. Cet exercice de mémoire et de vulgarisation fait la part belle aux pionniers (Marie-Victorin, Frappier, Dansereau), aux sujets « délicats » (recherches atomiques ou sur le sida) et aux enjeux d’avenir.

Une version précédente de ce texte, qui désignait l'Acfas comme l’Académie canadienne-française pour l’avancement des sciences, a été corrigée.

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