«Mon île, mon coeur»: lettre d’amour à Montréal

Comme décor central du spectacle, la metteuse en scène Shana Carroll a choisi un de ces escaliers extérieurs si typiques de Montréal.
Photo: Productions Mon île, mon coeur Comme décor central du spectacle, la metteuse en scène Shana Carroll a choisi un de ces escaliers extérieurs si typiques de Montréal.

C’est par une déclaration d’amour à Montréal que la compagnie de cirque Les 7 Doigts signe un retour en force sur scène, après deux lourdes années de pandémie. Et cette scène, c’est celle du tout nouveau Studio-Cabaret de l’Espace St-Denis.

Non seulement cette salle, ultramoderne et multimédia, a été pensée pour pouvoir accueillir des spectacles en tous genres, dont du cirque, sur une base régulière, mais elle pourra aussi recevoir des plateaux de télévision, durant les jours de relâche.

 

Avec Mon île, mon coeur, Les 7 Doigts aborde Montréal du point de vue du nouveau venu, en l’occurrence un argentin nommé Pablo. Dans l’extrait qui a été présenté aux médias jeudi, Pablo est reçu dans une fête, en hiver, au coeur d’un appartement où colocs et voisins se mélangent. Un décor digne d’une chanson de Beau Dommage…

« C’est le genre de party où les manteaux s’empilent dans la chambre, et les bottes d’hiver sont dans le bain. Où quelqu’un amène une guitare. C’est une introduction au Québec ! » dit Didier Lucien, qui agit comme maître de cérémonie dans le spectacle.

Plusieurs des scènes qui y sont évoquées puisent directement dans l’expérience de la metteuse en scène Shana Carroll, qui est aussi l’une des fondatrices des 7 Doigts.

C’était dans les années 1990. Elle avait 21 ans, arrivait de San Francisco, sa ville natale, et fréquentait ici l’École nationale de cirque. « Il y a plein de choses dans le show qui sont mes propres souvenirs », dit-elle. Après avoir tourné, partout dans le monde, notamment avec le Cirque du Soleil, elle a décidé de se poser à Montréal, pour de bon, et de cofonder Les 7 Doigts.

« En 2002, quand j’ai fondé ma compagnie, j’ai fait le choix de rester à Montréal, ajoute-t-elle. J’ai essayé de comprendre pourquoi j’avais choisi Montréal. Et c’est à cause d’un sens de la communauté, un côté chaleureux. J’ai une amie qui m’a dit qu’elle était traitée comme une étrangère dans toutes les villes sauf à Montréal. Qu’ici, elle se sentait comme chez elle. »

À cette époque, le coût de la vie avantageux attirait ici beaucoup d’artistes, venus notamment d’ailleurs au Canada, se souvient-elle.

Une ville, des escaliers

 

Comme décor central du spectacle, Shana Carroll a choisi un de ces escaliers extérieurs si typiques de la ville. « Je me souviens quand je montais mon vélo à l’étage », dit-elle. Elle promet d’ailleurs, au fil du spectacle, d’expliquer la présence de ces escaliers extérieurs dans la ville.

Celui présent sur la scène se mettra éventuellement à tourner, promet Didier Lucien, en parlant des multiples fonctionnalités offertes par la nouvelle salle, dont la possibilité d’utiliser des projections, tant sur la scène que sur les murs autour des sièges des spectateurs. « On transforme la scène constamment, comme si c’était un show qui avait coûté huit millions ! » dit-il.

Déjà, jeudi, on a pu voir l’un des personnages faire du patin au beau milieu de la salle sur une glace synthétique, selon une technique que Shana Carroll a développé notamment en travaillant sur le spectacle Crystal du Cirque du Soleil.

Un restaurant et un bar terrasse

 

Cette salle cabaret n’est d’ailleurs qu’un jalon du vaste projet d’aménagement de l’Espace St-Denis mené par France Film, qui est propriétaire des lieux. En octobre, le groupe prévoit l’ouverture d’un restaurant, ainsi que d’un bar, le Marie-Louise, qui sera sur la terrasse, avec un espace réservé pour l’hiver, dit Lyne Dufresne, directrice de l’implantation de l’Espace St-Denis. « C’est Jean Pilote qui ouvre le restaurant ». Il devrait faire sous peu l’annonce du nom du restaurant ainsi que de son chef », ajoute-t-elle.

Éventuellement, le projet vise le réaménagement de la grande salle du St-Denis, ainsi que du cinéma Cineplex Odeon Quartier latin, sur la rue Émery, qui font également partie du complexe.

 

Avec son nouveau Studio-Cabaret multifonctionnel, le St-Denis espère pouvoir garder les spectacles plus longtemps à l’affiche et ainsi mieux faire face à la concurrence des salles des banlieues.

Mon île, mon coeur

Les 7 Doigts, à partir du 14 septembre, Studio-Cabaret de l’Espace St-Denis

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