La primordiale contribution du religieux au patrimoine québécois

Pierre Vallée
Collaboration spéciale
La basilique Notre-Dame présente le spectacle en lumière Aura.
MOMENT FACTORY La basilique Notre-Dame présente le spectacle en lumière Aura.

Ce texte fait partie du cahier spécial Patrimoine religieux

« Lorsqu’on pense au patrimoine religieux, on pense d’abord aux lieux de culte, avance l’historienne de l’art Ginette Laroche. Mais ces lieux de culte ne sont pas nus. Ils sont décorés, et ce décor est une partie intégrale du patrimoine religieux. »

Déjà, les lieux de culte sont multiples : cathédrales, basiliques, églises paroissiales, chapelles, dont celles des congrégations religieuses, et leur architecture respective. Quant au décor, il comprend les statues et autres sculptures, les peintures et fresques, le mobilier, dont le tabernacle, le maître-autel et la chaire. À cela s’ajoutent l’orfèvrerie, les chandeliers et objets sacrés, et le textile si l’on pense aux vêtements liturgiques.

Vincent Giguère, conservateur d’art au Musée de la civilisation à Québec, commence par préciser qu’il ne faut pas confondre l’art religieux et l’art sacré : « L’art religieux est une oeuvre d’art dont le sujet est religieux. L’art sacré désigne les objets qui servent aux cérémonies et qui sont en contact avec les saintes espèces que sont le pain et le vin changés en corps et en sang du Christ durant la messe. C’est le cas du calice, par exemple. »

La Nouvelle-France et ses églises en bois

 

Le patrimoine religieux québécois commence dès les premiers balbutiements de la colonie puisque Champlain, qui fonde Québec en 1608, et Maisonneuve et Jeanne Mance, Montréal en 1642, sont de fervents catholiques. Débarqueront à Québec peu de temps après plusieurs congrégations religieuses : d’abord les Récollets en 1615, suivis des Jésuites en 1625, puis, en 1639, les Ursulines. Québec devient un diocèse à l’arrivée de Monseigneur de Laval en 1659. Quant à Montréal, les Sulpiciens s’y installent en 1657. Cette nouvelle présence ecclésiastique exige évidemment la construction d’églises. D’ailleurs, tout au long de l’ère de la Nouvelle-France, le nombre d’églises augmentera selon la croissance démographique.

« Les églises en Nouvelle-France furent d’abord construites en bois, relate Ginette Laroche, mais le bois se détériore et peut être la proie des flammes. C’est pourquoi avec le temps, elles furent toutes reconstruites en pierre, tout en respectant les plans d’origine. » Et comme la construction des églises relève soit des congrégations religieuses, soit des villages, il n’y a pas dans le patrimoine religieux de la Nouvelle-France de véritables unités architecturales.

Le décor des églises, soit les toiles, les statues, le mobilier et les ornements liturgiques, a généralement été importé de France, quoique certains colons artisans, habitués à travailler le bois, aient pu contribuer à la fabrication de sculptures et de mobilier.

La Conquête de 1760 et l’essor des autres religions

La Conquête de 1760, en plus de faire de la Nouvelle-France une colonie britannique, a aussi transformé et bouleversé le patrimoine religieux de l’époque. D’abord, il n’est plus exclusivement catholique romain. « Les Britanniques sont anglicans, souligne Ginette Laroche, et les Écossais, protestants, notamment presbytériens. Ils construiront donc des lieux de cultes selon leurs manières de faire. »

Les premiers juifs arrivent eux aussi au Québec peu après la Conquête, et la première synagogue, la Synagogue espagnole et portugaise, est érigée à Montréal en 1788. Le premier évêché anglican voit le jour à Québec en 1793. La diversité s’installe alors dans le patrimoine religieux.

Mais la Conquête a aussi bouleversé la façon de décorer les lieux de cultes. Les Britanniques feront venir d’Angleterre des artistes et des artisans qui maîtrisent les différentes disciplines nécessaires à l’habillage des lieux de culte. Plusieurs d’entre eux resteront sur place et ouvriront des ateliers.

« De leur côté, les catholiques francophones sont complètement coupés de la France et ne peuvent plus même importer de toiles françaises pour orner leurs nouvelles églises, avance Vincent Giguère. Les artistes, peintres et sculpteurs et les divers artisans n’auront d’autre choix que de copier les oeuvres qui se trouvent déjà sur place. » Un inconvénient qui se transformera finalement en une formidable occasion d’apprentissage pour les artistes et artisans canadiens-français.

Le XIXe siècle et les nouvelles approches picturales

Si qualifier le XIXe siècle de siècle d’or du patrimoine religieux québécois est exagéré, Vincent Giguère admet toutefois que ce fut un siècle particulièrement foisonnant. Non seulement les communautés religieuses autres que catholiques multiplient leurs lieux de culte, mais les artistes et artisans canadiens-français poursuivent leur apprentissage et se perfectionnent, nourrissant du même coup la construction et le décor des nouvelles églises et chapelles.

Les peintres recevront par ailleurs un sérieux coup de pouce avec l’arrivée en 1817 des toiles des abbés Desjardins. « Les deux frères Desjardins avaient sauvé de la destruction de nombreuses toiles d’art religieux pendant la Révolution française, et par un concours de circonstances plutôt rocambolesque, 180 de ces toiles ont abouti au Québec, explique Vincent Giguère. Pour les peintres canadiens-français, appelés à les restaurer, ce fut l’occasion de se familiariser avec de nouvelles approches picturales, et cela a transformé leur manière de faire. » Ceci pave la voie à l’émergence de peintres canadiens-français — entre autres Antoine Plamondon et Joseph Légaré — capables de réaliser des toiles religieuses originales, et dont plusieurs partirent faire des stages en Europe.

Bourget et Bourgeau, une même vision

 

Le vrai tournant, en ce qui concerne le patrimoine religieux, a finalement lieu au milieu du siècle, sous l’impulsion de deux Canadiens-français, Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, et Victor Bourgeau, architecte, né dans une famille d’artisans du bois. Montréal se détache de Québec et devient un diocèse en 1836. Mgr Bourget en prend les rênes en 1841.

« C’est une figure importante pour plusieurs raisons, précise Ginette Laroche. À cette époque, on assiste à un renouveau religieux en France, dans le but de recatholiser les Français, et Mgr Bourget compte bien en profiter. Il fera donc de nombreux voyages en France afin de rapatrier les congrégations religieuses devenues absentes du Québec, telles que les Récollets et les Jésuites. Il convaincra également d’autres de venir s’y installer, comme les Oblats et les Franciscains. » Cela aura pour effet de consolider la présence des communautés religieuses, qui sont de formidables donneurs d’ouvrage en art religieux.

« De plus, poursuit-elle, Mgr Bourget a une vision très précise de ce qu’il souhaite en matière d’art religieux et de rituel, allant de la construction d’une église jusqu’à l’habillement des prêtres. Il imposera ses vues non seulement à Montréal, mais à l’ensemble du Québec. »

Sa rencontre avec Victor Bourgeau sera de ce fait déterminante. Mgr Bourget commence par convaincre les Oblats de lui confier la construction de l’église Saint-Pierre-Apôtre au coeur de Montréal.

« Bourgeau en met alors plein la vue en adoptant le style néogothique, souligne Ginette Laroche. Il a une vision claire de ce que doit être l’architecture religieuse, tant du point de vue des plans que de la conception du décor. Cela permet une unité esthétique. Les artistes et artisans travaillent à partir de sa vision, et cette approche deviendra la manière de faire. » Bourgeau devient à l’époque l’architecte attitré de Bourget. On lui doit ainsi 250 édifices religieux environ, dont l’ensemble conventuel de l’Hôtel-Dieu des soeurs hospitalières.

Un duo auquel on peut ajouter la personne de Napoléon Bourrassa. « Bien que son oeuvre soit moins connue, raconte Vincent Giguère, Bourrassa est à la fois peintre, architecte, concepteur et théoricien. Il exercera une large influence sur le patrimoine religieux. » Son oeuvre principale est la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes, dont la construction servira d’atelier-école pour la formation des premiers muralistes canadiens-français, notamment.

Le XXe siècle et l’essor du vitrail

Certes, le XXe siècle démarre dans la droite ligne du précédent, mais un phénomène sort cependant du lot : l’essor du vitrail au Québec. Un immigrant italien du nom de Guido Nincheri en est le principal artisan, lui qui ouvrira son atelier de vitrail en 1925. Nincheri est aussi peintre et muraliste, maîtrisant l’art de la peinture à fresque. « Nincheri se conçoit d’abord comme concepteur et maître d’oeuvre et organise son atelier selon ce principe. Il conçoit l’oeuvre et ses artisans la réalisent », explique Ginette Laroche. Ainsi, les vitraux de nombreuses églises montréalaises sont signés Nincheri.

La seconde moitié du siècle voit une transformation du patrimoine religieux conforme aux changements qui s’opèrent à l’intérieur de l’Église catholique, qui mèneront à Vatican II. « Si, autrefois, l’Église dominait la paroisse, précise Ginette Laroche, on veut maintenant que celle-ci se rapproche des paroissiens. » Les nouvelles églises adoptent un style architectural contemporain. L’oeuvre de l’architecte Roger d’Astous, qui réalisa une cinquantaine d’églises dans sa carrière, en est un bon exemple. « On voit même apparaître de l’art religieux non figuratif, rajoute Vincent Giguère, notamment sur les vitraux. »

Préserver de manière scientifique

 

Un patrimoine religieux aussi riche et diversifié que celui du Québec mérite d’être préservé. Mais cette préservation ne s’arrête pas à des mesures de protection, empêchant les éléments du patrimoine de sombrer dans la déliquescence. Il faut aussi restaurer ce patrimoine religieux, en particulier les oeuvres d’art religieuses. Claude Payer y a consacré sa carrière comme restaurateur d’art au sein du Centre de conservation du Québec.

« Il y a des oeuvres d’art qui ont été abîmées avec le temps, raconte-t-il. D’autres sont brisées. Certaines ont été repeintes et redorées, voire modifiées. Par exemple, le tabernacle. Lorsqu’on agrandissait une église, on trouvait le tabernacle trop petit. Alors, on ajoutait des éléments pour lui donner plus de volume. Parfois, ces ajouts étaient cohérents avec le tabernacle d’origine, parfois non. »

La restauration de ces oeuvres se doit d’être précise et méticuleuse. « Le métier de restaurateur d’art n’est pas un métier artistique, affirme-t-il, c’est un métier scientifique. » En effet, avant de poser le moindre geste de restauration, il faut d’abord examiner l’oeuvre. « On se sert de rayons X, on procède à différentes analyses chimiques pour déterminer le type de peinture, par exemple. »

Protection, restauration, fréquentation

 

Ce n’est qu’une fois cette analyse complétée et documentée que l’on peut procéder. « On dispose d’une série de techniques, explique Claude Payer. Pour retirer une couche de peinture, on utilise divers solvants. Parfois, il faut y aller de façon mécanique, à l’aide d’un scalpel. C’est un travail très minutieux. »

Trois principes guident le travail du restaurateur d’art. En premier, il faut assurer la pérennité de l’oeuvre, et puis réparer ce qui est brisé. « Ensuite, on cherche à redonner de l’authenticité à l’oeuvre d’art, souligne-t-il, en ramenant cette dernière le plus près possible de sa réalisation d’origine. »

Mais la préservation du patrimoine religieux ne passe pas seulement par sa protection et sa restauration. Il passe aussi par sa fréquentation.

 

« Fréquenter le patrimoine religieux, apprendre à le connaître, avance Vincent Giguère, c’est s’offrir un voyage dans le temps. » Ginette Laroche tient à souligner « que le patrimoine religieux a été payé par les paroissiens et le fréquenter, c’est une façon de s’approprier ce bien collectif, toujours en continuelle mouvance. »

Ils ajoutent que ce patrimoine est en perpétuelle évolution puisque les nouvelles communautés religieuses, arrivées plus récemment au Québec, créent le patrimoine religieux de demain. « Ici, au Musée de la civilisation, précise Vincent Giguère, nous avons la ferme intention de travailler de plus près avec ces différentes communautés religieuses.

À Montréal, 4 touristes sur 5 entrent dans un lieu de culte

« Le patrimoine religieux, c’est une part très importante du tourisme montréalais, soutient Manuela Goya, de Tourisme Montréal. N’oublions pas que Montréal est connue comme la ville aux mille clochers. Mais il y a eu une importante évolution dans le tourisme religieux depuis les années soixante. Le tourisme religieux de type pèlerinage a par exemple grandement diminué. » Le tourisme ordinaire l’a en revanche remplacé. « Selon nos sondages, poursuit Mme Goya, 80 % des touristes qui viennent à Montréal visitent au moins un lieu de culte lié au patrimoine religieux. L’oratoire Saint-Joseph accueille environ 2 millions de visiteurs annuellement, c’est considérable. »

Ce qui les pousse à entrer dans ces lieux ? « Les touristes sont friands de tout ce qui est historique, et le patrimoine religieux est un témoin de cette histoire, souligne Manuela Goya. Si l’un des buts de Tourisme Montréal est d’attirer les touristes et de leur faire apprécier la ville et ses attractions, on ne perd jamais de vue que la meilleure façon de connaître une ville, c’est de l’approcher par le biais de son histoire, ce que permet le patrimoine religieux. »

Elle se réjouit ainsi du fait que les dépositaires du patrimoine religieux l’aient compris. « Ils se sont adaptés pour être en mesure d’offrir une meilleure expérience touristique. Plusieurs ont même bonifié leur offre. Par exemple, la basilique Notre-Dame présente le spectacle en lumière Aura, une création de Moment Factory. Et l’Oratoire prévoit la construction d’un observatoire à son sommet. Ce sont des gestes qui consolident le tourisme religieux. »

(((J’ai demandé un visuel de Aura)))

Deux bijoux à découvrir dans le diocèse de Montréal

La cathédrale Marie-Reine-du-Monde, dont la façade donne sur le boulevard René-Lévesque Ouest, est en soi un bijou de patrimoine religieux. Dès qu’on y entre, le regard est happé par l’impressionnant maître-autel à baldaquin avec ses quatre colonnes torsadées. Au-dessus de ce dernier se trouve la coupole, entièrement peinte de fresques religieuses. « On dit souvent que la cathédrale est une réplique plus petite de Saint-Pierre de Rome, précise l’abbé Alain Vaillancourt, curé de la paroisse, mais c’est plutôt une inspiration, car il a fallu s’éloigner du modèle afin de tenir compte de la rigueur du climat. »

Ses murs, ornés d’immenses toiles signées Georges Delfosse, dépeignent des moments forts de la vie religieuse en Nouvelle-France. La chapelle funéraire des évêques est entièrement construite en marbre italien, ornée de mosaïques multicolores et incrustées d’or. Mgr Bourget y repose et son tombeau est recouvert d’un gisant en cuivre à son effigie, sculpture réalisée par l’artisteitalien Giulio Barberi. Dans une seconde chapelle, dédiée à l’adoration silencieuse, trône un impressionnant crucifix en stuc signé par le sculpteur québécois Louis-Philippe Hébert, oeuvre majeure du statuaire religieux. La cathédrale a même accueilli récemment une nouvelle oeuvre d’art religieux, soit la statue de sainte Kateri Tekakwitha, première Autochtone d’Amérique du Nord à avoir été canonisée par l’Église catholique.

L’église de la paroisse Saint-Laurent se trouve quant à elle sur l’avenue Sainte-Croix dans Ville Saint-Laurent, non loin de l’ancien ensemble conventuel des soeurs de Sainte-Croix. C’est l’une des plus anciennes églises de Montréal, son origine remontant à 1720. Elle a évidemment vécu son lot de transformations, dont l’une plutôt brutale dans les années 1960, qui lui a fait perdre certains éléments de mobilier. Heureusement, un effort de restauration est en cours. « On a repeint l’intérieur de l’église, et ce, pendant la pandémie, grâce en grande partie à l’aide de bénévoles », explique le vicaire Pierre Labine. Ce rafraîchissement a permis d’accrocher aux murs de magnifiques tableaux, gracieuseté des soeurs de Sainte-Croix. « Les soeurs ont enseigné la peinture, et toutes les toiles ont été réalisées par elles-mêmes. »

Plongée dans les archives de l’oratoire Saint-Joseph

Le Centre d’archives et de documentation Roland-Gauthier de l’oratoire Saint-Joseph comprend une importante collection d’archives — près de 350 mètres linéaires de documents divers — déposée et soigneusement protégée dans la voûte du bâtiment.

La grande majorité de ces archives se rapporte à l’Oratoire même. « L’histoire de l’Oratoire est entièrement documentée, souligne David Bureau, archiviste, du début de sa construction jusqu’à aujourd’hui. On documente même les travaux qui s’y font présentement. De plus, toutes les activités qui se sont déroulées à l’Oratoire ; messes, pèlerinages, concerts, témoignages de guérison sont également documentées. Nous possédons aussi une importante collection de revues de presse. Nos archives sont une mine d’information concernant tout ce qui touche de près ou de loin l’Oratoire. »

Qu’en est-il de son fondateur, le frère André ? « Malheureusement, poursuit David Bureau, le frère André a laissé très peu de traces. On possède quelques procès-verbaux qui portent sa signature ainsi que certains témoignages lettres de personnes qui l’ont connu. »

Une autre part importante de la collection porte sur saint Joseph et la dévotion qu’il suscite. « Nous possédons des documents qui portent sur saint Joseph qui datent du XVe et XVIe siècle. »

Le Centre d’archives et de documentation est accessible au grand public. La partie documentation fonctionne à la manière d’une bibliothèque spécialisée. Quant aux archives elles-mêmes, elles sont aussi accessibles, mais sur rendez-vous seulement.

Diversités religieuse et patrimoniale à Laval

La synagogue Shaar Shalom. Les premières communautés juives sont arrivées à Laval à partir des années quarante et elles ont évidemment construit leurs lieux de culte. L’un d’eux est la synagogue Shaar Shalom, située au 4880, boulevard Notre-Dame, et construite en 1966 par l’architecte Leonard W. Warshaw. 

Érigée en retrait de la rue, elle surprend par sa blancheur et ses angles arrondis. Son objectif étant de rappeler l’architecture ancienne du royaume d’Israël, l’architecte a choisi comme revêtement extérieur un crépi qui évoque les matériaux de construction de la Terre sainte, soit la chaux et la brique crue. Deux larges portes en étain mènent à l’axe central, où l’on trouve un immense chandelier à neuf branches (hanoukkia). Les trois étages sont reliés par un escalier central. La chapelle du premier niveau, occupée par la communauté Young Isreal of Chomedey, comprend des vitraux représentant les tribus d’Israël. La seconde chapelle accueille la congrégation Shaar Shalom. Des oeuvres de l’artiste Philip Kurtz sont exposées dans l’ensemble du bâtiment.

Le centre culturel islamique. L’actuel centre, construit en 2016 au 30, rue Antonio, est l’oeuvre de l’architecte Miloud Boukhira. Ce dernier a choisi une architecture contemporaine mais teintée de références artistiques islamiques. L’édifice alterne des murs de pierre et de grandes fenêtres, ce qui crée à l’intérieur une luminosité diffuse, propice au recueillement. Située à l’un des angles, une tour de verre incorporant des motifs géométriques puisés dans le répertoire ornemental maghrébin renvoie au minaret. L’édifice sert à la fois de mosquée et de centre culturel pour la communauté musulmane.


Découvrir Victor Bourgeau

Le Musée des Hospitalières offre trois circuits touristiques dont le thème principal est la découverte, et ce, à travers ses oeuvres, de l’architecte Victor Bourgeau. Ce dernier a été, au XIXe siècle, l’un des architectes majeurs du patrimoine religieux du Québec.

Circuit 1. Le premier circuit est pédestre et les participants emprunteront les rues du Plateau Mont-Royal, du Quartier latin et termineront le parcours dans le village. On commence par l’ensemble conventuel des Hospitalières, signé Bourgeau, donc à l’Hôtel-Dieu, pour ensuite se rendre au carré Saint-Louis. « Le fait de passer par le carré, explique Paul Labonne, directeur du Musée des Hospitalières, nous donne l’occasion de voir où habitait au XIXe siècle la bourgeoisie canadienne-française. » On poursuit la route dans le Quartier latin pour passer devant la bibliothèque Saint-Sulpice et, ensuite, devant l’église Saint-Jacques, aujourd’hui la façade de l’UQAM. Le circuit se termine dans le Village à l’église Saint-Pierre-Apôtre, la première réalisation de Bourgeau, et qui scella sa réputation.

Circuit 2. Le second circuit est toujours à Montréal, mais le déplacement se fait en autobus. Le départ cette fois est encore à l’Hôtel-Dieu, avant de visiter la chapelle du Bon-Pasteur, là où fut construit l’ancien ensemble conventuel des religieuses de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur. Ensuite, direction l’ouest, vers l’ensemble conventuel des Soeurs-Grises, qui date de 1888. « C’est le dernier grand chef-d’oeuvre de Bourgeau, précise Paul Labonne. Il a même choisi de faire sculpter le mobilier en marbre. » Les participants pourront visiter la chapelle, qui aujourd’hui sert de salle de lecture pour les étudiants de Concordia.

Circuit 6. C’est en direction de la Mauricie que nous entraîne en autocar le circuit 6. D’abord à Trois-Rivières, où l’on visite la cathédrale de la ville, une oeuvre majeure de Bourgeau. On pourra y admirer les 125 verrières, une des oeuvres les plus réussies de l’atelier de Guido Nincheri. Cap sur Shawinigan pour se rendre à l’église Notre-Dame-de-la-Présentation, décorée par Ozias Leduc. « Ce qui est remarquable dans les toiles de Leduc, c’est que si certaines ont des sujets religieux, d’autres sont un hommage aux travailleurs de la Mauricie, notamment ceux de la forge et des pâtes et papiers. »

Deux bijoux à (r) découvrir dans le diocèse de Montréal

La cathédrale Marie-Reine-du-Monde, dont la façade donne sur le boulevard René-Lévesque Ouest, est en soi un bijou de patrimoine religieux. Dès qu’on y entre, le regard est happé par l’impressionnant maître-autel à baldaquin avec ses quatre colonnes torsadées. Au-dessus de ce dernier se trouve la coupole, entièrement peinte de fresques religieuses. « On dit souvent que la cathédrale est une réplique plus petite de Saint-Pierre de Rome, précise l’abbé Alain Vaillancourt, curé de la paroisse, mais c’est plutôt une inspiration, car il a fallu s’éloigner du modèle afin de tenir compte de la rigueur du climat. »

Ses murs, ornés d’immenses toiles signées Georges Delfosse, dépeignent des moments forts de la vie religieuse en Nouvelle-France. La chapelle funéraire des évêques est entièrement construite en marbre italien, ornée de mosaïques multicolores et incrustées d’or. Mgr Bourget y repose et son tombeau est recouvert d’un gisant en cuivre à son effigie, sculpture réalisée par l’artiste italien Giulio Barberi. Dans une seconde chapelle, dédiée à l’adoration silencieuse, trône un impressionnant crucifix en stuc signé par le sculpteur québécois Louis-Philippe Hébert, oeuvre majeure du statuaire religieux. La cathédrale a même accueilli récemment une nouvelle oeuvre d’art religieux, soit la statue de sainte Kateri Tekakwitha, première Autochtone d’Amérique du Nord à avoir été canonisée par l’Église catholique.

L’église de la paroisse Saint-Laurent se trouve quant à elle sur l’avenue Sainte-Croix dans Ville Saint-Laurent, non loin de l’ancien ensemble conventuel des soeurs de Sainte-Croix. C’est l’une des plus anciennes églises de Montréal, son origine remontant à 1720. Elle a évidemment vécu son lot de transformations, dont l’une plutôt brutale dans les années 1960, qui lui a fait perdre certains éléments de mobilier. Heureusement, un effort de restauration est en cours. « On a repeint l’intérieur de l’église, et ce, pendant la pandémie, grâce en grande partie à l’aide de bénévoles », explique le vicaire Pierre Labine. Ce rafraîchissement a permis d’accrocher aux murs de magnifiques tableaux, gracieuseté des soeurs de Sainte-Croix. « Les soeurs ont enseigné la peinture, et toutes les toiles ont été réalisées par elles-mêmes. »

(((Photos des deux lieux demandées)))

Laval : diversité religieuse, diversité patrimoniale

La synagogue Shaar Shalom. Les premières communautés juives sont arrivées à Laval à partir des années quarante et elles ont évidemment construit leurs lieux de culte. L’un d’eux est la synagogue Shaar Shalom, située au 4880 boulevard Notre-Dame, et construite en 1966 par l’architecte Leonard W. Warshaw. Érigée en retrait de la rue, elle surprend par sa blancheur et ses angles arrondis. Son objectif étant de rappeler l’architecture ancienne du royaume d’Israël, l’architecte a choisi comme revêtement extérieur un crépi qui évoque les matériaux de construction de la Terre sainte, soit la chaux et la brique crue. Deux larges portes en étain mènent à l’axe central, où l’on trouve un immense chandelier à neuf branches (hanoukkia). Les trois étages sont reliés par un escalier central. La chapelle du premier niveau, occupée par la communauté Young Isreal of Chomedey, comprend des vitraux représentant les tribus d’Israël. La seconde chapelle accueille la congrégation Shaar Shalom. Des oeuvres de l’artiste Philip Kurtz sont exposées dans l’ensemble du bâtiment.

Le centre culturel islamique. L’actuel centre, construit en 2016 au 30, rue Antonio, est l’oeuvre de l’architecte Miloud Boukhira. Ce dernier a choisi une architecture contemporaine mais teintée de références artistiques islamiques. L’édifice alterne des murs de pierre et de grandes fenêtres, ce qui crée à l’intérieur une luminosité diffuse, propice au recueillement. Située à l’un des angles, une tour de verre incorporant des motifs géométriques puisés dans le répertoire ornemental maghrébin renvoie au minaret. L’édifice sert à la fois de mosquée et de centre culturel pour la communauté musulmane.

Découvrir Victor Bourgeau

Le Musée des Hospitalières offre trois circuits touristiques dont le thème principal est la découverte, et ce, à travers ses oeuvres, de l’architecte Victor Bourgeau. Ce dernier a été, au XIXe siècle, l’un des architectes majeurs du patrimoine religieux du Québec.

Circuit 1. Le premier circuit est pédestre et les participants emprunteront les rues du Plateau Mont-Royal, du Quartier latin et termineront le parcours dans le village. On commence par l’ensemble conventuel des Hospitalières, signé Bourgeau, donc à l’Hôtel-Dieu, pour ensuite se rendre au carré Saint-Louis. « Le fait de passer par le Carré, explique Paul Labonne, directeur du Musée des Hospitalières, nous donne l’occasion de voir où habitait au XIXe siècle la bourgeoisie canadienne-française. » On poursuit la route dans le Quartier latin pour passer devant la bibliothèque Saint-Sulpice et, ensuite, devant l’église Saint-Jacques, aujourd’hui la façade de l’UQAM. Le circuit se termine dans le Village à l’église Saint-Pierre Apôtre, la première réalisation de Bourgeau, et qui scella sa réputation.

Circuit 2. Le second circuit est toujours à Montréal, mais le déplacement se fait en autobus. Le départ cette fois est encore à l’Hôtel-Dieu, avant de visiter la chapelle du Bon-Pasteur, là où fut construit l’ancien ensemble conventuel des religieuses de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur. Ensuite, direction l’ouest, vers l’ensemble conventuel des Soeurs-Grises, qui date de 1888. « C’est le dernier grand chef-d’oeuvre de Bourgeau, précise Paul Labonne. Il a même choisi de faire sculpter le mobilier en marbre. » Les participants pourront visiter la chapelle, qui aujourd’hui sert de salle de lecture pour les étudiants de Concordia.

Circuit 6. C’est en direction de la Mauricie que nous entraîne en autocar le circuit 6. D’abord à Trois-Rivières, où l’on visite la cathédrale de la ville, une oeuvre majeure de Bourgeau. On pourra y admirer les 125 verrières, une des oeuvres les plus réussies de l’atelier de Guido Nincheri. Cap sur Shawinigan pour se rendre à l’église Notre-Dame de la Présentation, décorée par Ozias Leduc. « Ce qui est remarquable dans les toiles de Leduc, c’est que si certaines ont des sujets religieux, d’autres sont un hommage aux travailleurs de la Mauricie, notamment ceux de la forge et des pâtes et papiers. »

(((Photo de Cathédrale de Trois-Rivières demandée)))

Plongée dans les archives de l’Oratoire

Le Centre d’archives et de documentation Roland-Gauthier de l’oratoire Saint-Joseph comprend une importante collection d’archives — près de 350 mètres linéaires de documents divers — déposée et soigneusement protégée dans la voûte du bâtiment. La grande majorité de ces archives se rapporte à l’Oratoire même. « L’histoire de l’Oratoire est entièrement documentée, souligne David Bureau, archiviste, du début de sa construction jusqu’à aujourd’hui. On documente même les travaux qui s’y font présentement. De plus, toutes les activités qui se sont déroulées à l’Oratoire ; messes, pèlerinages, concerts, témoignages de guérison sont également documentées. Nous possédons aussi une importante collection de revues de presse. Nos archives sont une mine d’information concernant tout ce qui touche de près ou de loin l’Oratoire. »

Qu’en est-il de son fondateur, le frère André ? « Malheureusement, poursuit David Bureau, le frère André a laissé très peu de traces. On possède quelques procès-verbaux qui portent sa signature ainsi que certains témoignages lettres de personnes qui l’ont connu. » Une autre part importante de la collection porte sur Saint-Joseph et la dévotion qu’il suscite. « Nous possédons des documents qui portent sur Saint-Joseph qui datent du XVe et XVIe siècle. »

Le Centre d’archives et de documentation est accessible au grand public. La partie documentation fonctionne à la manière d’une bibliothèque spécialisée. Quant aux archives elles-mêmes, elles sont aussi accessibles, mais sur rendez-vous seulement.

(((Visuel demandé)))

Deux bijoux à (r) découvrir dans le diocèse de Montréal

La cathédrale Marie-Reine-du-Monde, dont la façade donne sur le boulevard René-Lévesque Ouest, est en soi un bijou de patrimoine religieux. Dès qu’on y entre, le regard est happé par l’impressionnant maître-autel à baldaquin avec ses quatre colonnes torsadées. Au-dessus de ce dernier se trouve la coupole, entièrement peinte de fresques religieuses. « On dit souvent que la cathédrale est une réplique plus petite de Saint-Pierre de Rome, précise l’abbé Alain Vaillancourt, curé de la paroisse, mais c’est plutôt une inspiration, car il a fallu s’éloigner du modèle afin de tenir compte de la rigueur du climat. »

Ses murs, ornés d’immenses toiles signées Georges Delfosse, dépeignent des moments forts de la vie religieuse en Nouvelle-France. La chapelle funéraire des évêques est entièrement construite en marbre italien, ornée de mosaïques multicolores et incrustées d’or. Mgr Bourget y repose et son tombeau est recouvert d’un gisant en cuivre à son effigie, sculpture réalisée par l’artiste italien Giulio Barberi. Dans une seconde chapelle, dédiée à l’adoration silencieuse, trône un impressionnant crucifix en stuc signé par le sculpteur québécois Louis-Philippe Hébert, oeuvre majeure du statuaire religieux. La cathédrale a même accueilli récemment une nouvelle oeuvre d’art religieux, soit la statue de sainte Kateri Tekakwitha, première Autochtone d’Amérique du Nord à avoir été canonisée par l’Église catholique.

L’église de la paroisse Saint-Laurent se trouve quant à elle sur l’avenue Sainte-Croix dans Ville Saint-Laurent, non loin de l’ancien ensemble conventuel des soeurs de Sainte-Croix. C’est l’une des plus anciennes églises de Montréal, son origine remontant à 1720. Elle a évidemment vécu son lot de transformations, dont l’une plutôt brutale dans les années 1960, qui lui a fait perdre certains éléments de mobilier. Heureusement, un effort de restauration est en cours. « On a repeint l’intérieur de l’église, et ce, pendant la pandémie, grâce en grande partie à l’aide de bénévoles », explique le vicaire Pierre Labine. Ce rafraîchissement a permis d’accrocher aux murs de magnifiques tableaux, gracieuseté des soeurs de Sainte-Croix. « Les soeurs ont enseigné la peinture, et toutes les toiles ont été réalisées par elles-mêmes. »

(((Photos des deux lieux demandées)))

À Montréal, 4 touristes sur 5 entrent dans un lieu de culte

« Le patrimoine religieux, c’est une part très importante du tourisme montréalais, soutient Manuela Goya, de Tourisme Montréal. N’oublions pas que Montréal est connue comme la ville aux mille clochers. Mais il y a eu une importante évolution dans le tourisme religieux depuis les années soixante. Le tourisme religieux de type pèlerinage a par exemple grandement diminué. » Le tourisme ordinaire l’a en revanche remplacé. « Selon nos sondages, poursuit Mme Goya, 80 % des touristes qui viennent à Montréal visitent au moins un lieu de culte lié au patrimoine religieux. L’oratoire Saint-Joseph accueille environ 2 millions de visiteurs annuellement, c’est considérable. »

Ce qui les pousse à entrer dans ces lieux ? « Les touristes sont friands de tout ce qui est historique, et le patrimoine religieux est un témoin de cette histoire, souligne Manuela Goya. Si l’un des buts de Tourisme Montréal est d’attirer les touristes et de leur faire apprécier la ville et ses attractions, on ne perd jamais de vue que la meilleure façon de connaître une ville, c’est de l’approcher par le biais de son histoire, ce que permet le patrimoine religieux. »

Elle se réjouit ainsi du fait que les dépositaires du patrimoine religieux l’aient compris. « Ils se sont adaptés pour être en mesure d’offrir une meilleure expérience touristique. Plusieurs ont même bonifié leur offre. Par exemple, la basilique Notre-Dame présente le spectacle en lumière Aura, une création de Moment Factory. Et l’Oratoire prévoit la construction d’un observatoire à son sommet. Ce sont des gestes qui consolident le tourisme religieux. »

(((J’ai demandé un visuel de Aura)))

Deux bijoux à (r) découvrir dans le diocèse de Montréal

La cathédrale Marie-Reine-du-Monde, dont la façade donne sur le boulevard René-Lévesque Ouest, est en soi un bijou de patrimoine religieux. Dès qu’on y entre, le regard est happé par l’impressionnant maître-autel à baldaquin avec ses quatre colonnes torsadées. Au-dessus de ce dernier se trouve la coupole, entièrement peinte de fresques religieuses. « On dit souvent que la cathédrale est une réplique plus petite de Saint-Pierre de Rome, précise l’abbé Alain Vaillancourt, curé de la paroisse, mais c’est plutôt une inspiration, car il a fallu s’éloigner du modèle afin de tenir compte de la rigueur du climat. »

Ses murs, ornés d’immenses toiles signées Georges Delfosse, dépeignent des moments forts de la vie religieuse en Nouvelle-France. La chapelle funéraire des évêques est entièrement construite en marbre italien, ornée de mosaïques multicolores et incrustées d’or. Mgr Bourget y repose et son tombeau est recouvert d’un gisant en cuivre à son effigie, sculpture réalisée par l’artiste italien Giulio Barberi. Dans une seconde chapelle, dédiée à l’adoration silencieuse, trône un impressionnant crucifix en stuc signé par le sculpteur québécois Louis-Philippe Hébert, oeuvre majeure du statuaire religieux. La cathédrale a même accueilli récemment une nouvelle oeuvre d’art religieux, soit la statue de sainte Kateri Tekakwitha, première Autochtone d’Amérique du Nord à avoir été canonisée par l’Église catholique.

L’église de la paroisse Saint-Laurent se trouve quant à elle sur l’avenue Sainte-Croix dans Ville Saint-Laurent, non loin de l’ancien ensemble conventuel des soeurs de Sainte-Croix. C’est l’une des plus anciennes églises de Montréal, son origine remontant à 1720. Elle a évidemment vécu son lot de transformations, dont l’une plutôt brutale dans les années 1960, qui lui a fait perdre certains éléments de mobilier. Heureusement, un effort de restauration est en cours. « On a repeint l’intérieur de l’église, et ce, pendant la pandémie, grâce en grande partie à l’aide de bénévoles », explique le vicaire Pierre Labine. Ce rafraîchissement a permis d’accrocher aux murs de magnifiques tableaux, gracieuseté des soeurs de Sainte-Croix. « Les soeurs ont enseigné la peinture, et toutes les toiles ont été réalisées par elles-mêmes. »

(((Photos des deux lieux demandées)))

À Montréal, 4 touristes sur 5 entrent dans un lieu de culte

« Le patrimoine religieux, c’est une part très importante du tourisme montréalais, soutient Manuela Goya, de Tourisme Montréal. N’oublions pas que Montréal est connue comme la ville aux mille clochers. Mais il y a eu une importante évolution dans le tourisme religieux depuis les années soixante. Le tourisme religieux de type pèlerinage a par exemple grandement diminué. » Le tourisme ordinaire l’a en revanche remplacé. « Selon nos sondages, poursuit Mme Goya, 80 % des touristes qui viennent à Montréal visitent au moins un lieu de culte lié au patrimoine religieux. L’oratoire Saint-Joseph accueille environ 2 millions de visiteurs annuellement, c’est considérable. »

Ce qui les pousse à entrer dans ces lieux ? « Les touristes sont friands de tout ce qui est historique, et le patrimoine religieux est un témoin de cette histoire, souligne Manuela Goya. Si l’un des buts de Tourisme Montréal est d’attirer les touristes et de leur faire apprécier la ville et ses attractions, on ne perd jamais de vue que la meilleure façon de connaître une ville, c’est de l’approcher par le biais de son histoire, ce que permet le patrimoine religieux. »

Elle se réjouit ainsi du fait que les dépositaires du patrimoine religieux l’aient compris. « Ils se sont adaptés pour être en mesure d’offrir une meilleure expérience touristique. Plusieurs ont même bonifié leur offre. Par exemple, la basilique Notre-Dame présente le spectacle en lumière Aura, une création de Moment Factory. Et l’Oratoire prévoit la construction d’un observatoire à son sommet. Ce sont des gestes qui consolident le tourisme religieux. »

Le vrai tournant a finalement lieu au milieu du siècle, sous l’impulsion de deux Canadiens-français, Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, et Victor Bourgeau, architecte

Un patrimoine religieux aussi riche et diversifié que celui du Québec mérite d’être préservé. Mais cette préservation ne s’arrête pas à des mesures de protection, empêchant les éléments du patrimoine de sombrer dans la déliquescence.

Avec l’arrivée d’anglicans, de protestants et de juifs, le patrimoine religieux se diversifie au Québec, peu après la Conquête de 1760



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