Les flâneurs


Stéphane Baillargeon

Comme si on y était

Il fallait beaucoup d’audace pour s’attaquer au sujet surexploité du voyage du premier humain sur la Lune le 20 juillet 1969. Le résultat d’Apollo 11 (Netflix) se révèle à la hauteur stratosphérique attendue. Le documentaire de Todd Douglas Miller, influencé par le cinéma direct, utilise des images inédites, des documents historiques numérisés et des extraits des quelque 11 000 heures d’enregistrement audio de l’époque pour suivre de minute en minute et d’heure en heure l’exaltante mission. Les seuls commentaires entendus viennent des reportages de l’époque, une autre époque évidemment, avec des hommes blancs minces et cravatés partout…


Cédric Gagnon

Que la meilleure gagne!

S’il y a bien une déclinaison de la compétition RuPaul’s Drag Race que j’attends avec impatience chaque année, c’est bien la version canadienne. Forte de deux saisons enlevantes où le Québec s’est illustré avec brio, Canada’s Drag Race entame sa troisième saison avec deux Québécoises que l’on surveillera avec enthousiasme. On souhaite évidemment la meilleure des chances à toutes les concurrentes, mais tout de même un peu plus à Gisèle Lullaby et à Lady Boom Boom. La couronne nous a filé entre les doigts jusqu’à présent, mais cette fois est la bonne ! Je le sens.


Maïka Yargeau

L’enfer à Laval

En 2012, le fédéral met la clé sous la porte de la prison Leclerc, qui sert alors de pénitencier à haute sécurité pour hommes. L’établissement est jugé trop vétuste. En 2016, le provincial décide néanmoins de louer la bâtisse afin d’y héberger « temporairement » quelques centaines de femmes ayant commis des crimes mineurs. L’ex-détenue Louise Henry dénonce cette situation absurde dans un ouvrage poignant. Malpropreté, problèmes d’eau potable et d’isolation, comportements inhumains des gardes et de l’administration : Délivrez-nous de la prison Leclerc ! est un récit crève-coeur essentiel.


Yannick Marcoux

Des histoires sans mots

Deux albums jeunesse ont un point en commun : leur narration se passe de mots. Dans Le jour des châteaux de sable, de JonArno Lawson et Qin Leng, le soleil, la brise, le ressac et l’horizon bercent la journée d’une fratrie qui rivalise avec la force irrésistible de la marée pour ériger les murs d’un château de sable. Anthony et la gargouille, de Jo Ellen Bogart et Maja Kastelic, nous invite dans un Paris d’aquarelles, où des retrouvailles sont aussi synonymes de séparations. De la résilience au menu dans ces deux voyages libres.

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