«La matière du chaos», Kristín Eiríksdóttir

Les souvenirs du passé, qu’Elín tente de réprimer tant bien que mal, vont se mêler à l’histoire difficile de la jeune écrivaine.
Photo: Noir sur blanc Les souvenirs du passé, qu’Elín tente de réprimer tant bien que mal, vont se mêler à l’histoire difficile de la jeune écrivaine.

Accessoiriste de théâtre dans la soixantaine, Elín, la narratrice de La matière du chaos de l’Islandaise Kristín Eiríksdóttir (Prix national islandais de littérature en 2017), collabore à la mise en scène de la première pièce attendue d’une toute jeune dramaturge, Ellen. Les souvenirs du passé, qu’Elín tente de réprimer tant bien que mal, vont se mêler à l’histoire difficile de la jeune écrivaine, fille d’un poète célèbre tué par l’alcool, vivant dans des conditions socio-économiques difficiles avec une mère qui souffre de problèmes de santé mentale. Leurs noms se ressemblent et toutes deux se sont croisées dans des circonstances tragiques quelques années auparavant. Dans une Reykjavík qui est loin de la carte postale, les deux personnages féminins de ce roman, luttant pour exister autant que pour se connaître — comme femmes et comme artistes, forcément fragmentées —, vont presque finir par se fondre en un seul. Poétique, chaotique (bien sûr) et énigmatique.  


La matière du chaos

★★★

Kristín Eiríksdóttir, traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salaün, Noir sur blanc, Paris, 2022, 256 pages

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