«Irma Vep»: un réalisateur et ses relectures

Alicia Vikander dans la série «Irma Vep», inspiré du film du même réalisateur, Olivier Assayas
Photo: HBO Alicia Vikander dans la série «Irma Vep», inspiré du film du même réalisateur, Olivier Assayas

En 1996, le cinéaste français Olivier Assayas se faisait connaître avec Irma Vep. L’« ovni », à la fois hommage au milieu cinématographique et critique de celui-ci, portait sur le tournage catastrophique d’une nouvelle version du film muet Les vampires de Louis Feuillade, mené par un réalisateur instable (Jean-Pierre Léaud) et mettant en vedette une version fictionnalisée de la star chinoise Maggie Cheung dans le rôle de la redoutable vampire du titre.

Près de 25 ans plus tard, Assayas reprend le même canevas en l’exploitant sur une huitaine d’épisodes qu’il a reconnu, en entrevue avec Paris Match, avoir conçues comme un très long film. Cette relecture contemporaine aux multiples mises en abyme — dont on vous laissera le plaisir de découvrir la nature — repose cette fois sur un personnage central fictif : Mia, une actrice américaine (Alicia Vikander, également productrice, et en grandeforme) qui veut se défaire de son image de star « superficielle » et dont la vie amoureuse tumultueuse enflamme les réseaux sociaux et fait les choux gras des revues à potins. Vincent Macaigne brille dans le rôle de l’alter ego du cinéaste, jadis incarné par Léaud, tout comme l’ensemble de la distribution majoritairement française.

Il faut être un brin cinéphile pour apprécier au premier abord cette œuvre référentielle, oscillant entre la franche comédie et le drame « psychologisant », mais surtout un exercice de style visuellement très riche sur la relecture d’œuvres marquantes. Mais une fois qu’on a traversé les deux premiers épisodes, qui mettent la table, on peut difficilement ne pas être conquis par les intrigues et la douce nostalgie qui se dégage de l’ensemble.

Irma Vep

Crave, en version originale bilingue, sous-titrée en anglais ou en français, dès le 6 juin

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