L'esprit frappeur des Zapartistes

Les Zapartistes, lors d’une perfromance télévisée, en mars dernier.
Photo: Jacques Grenier Les Zapartistes, lors d’une perfromance télévisée, en mars dernier.

Christian Vanasse, Frédéric Savard, François Patenaude et Geneviève Rochette ont créé les Zapartistes en 2001 au petit café-théâtre L'Aparté qui logeait rue Saint-Denis. Dans l'esprit du Kabarett allemand qui les caractérise, ils rivaliseront d'humour et d'ironie avec des invités spéciaux ce soir et demain soir au Spectrum pour cogner joyeusement sur ce qui leur paraît absurde chez les politiciens et les personnages publics qui font l'événement.

Pour ce spectacle thématique, les Zapartistes reprennent la formule des revues de l'année Bye! Bye! «On y aborde tous les dossiers importants pour le Québec, le Canada, les États-Unis et les faits saillants qui ont eu lieu sur la scène internationale. Évidemment, messieurs Charest, Landry, Bush et Martin seront nos vedettes, et on leur fera dire ce qu'ils ne veulent pas dire!», explique François Parenteau. Comme d'habitude, des chansons remaniées récapituleront les tendances et les sujets chauds de l'année. «Avec la commission Gomery, il va sans dire que nous recyclerons "Non, je ne parlerai pas", de Pierre Lapointe. On sera particulièrement caustiques; on n'épargnera personne. En fait, on fera flèche de tout bois et on frappera de tous les côtés», ajoute-t-il.

Un travail collégial

Un des moteurs du travail zapartiste à part l'actualité, c'est la pression de dernière minute. «On commence par se réunir, on brasse des idées, on se distribue des devoirs, puis on se réunit encore pour se raconter nos trouvailles, et tous contribuent à bonifier ce que chacun apporte. C'est vraiment un travail collectif», précise Christian Vanasse qui a l'impression que le Québec est en période de crise, ce qui nourrit l'inspiration du groupe. «On sent un début de protestation face aux valeurs du profit. De plus en plus de gens s'impliquent dans des mouvements écologiques et citoyens pour exprimer leur dégoût d'une certaine forme de politique qui fait passer le profit avant les gens». Les Zapartistes sont-ils cyniques? «Non, car ils croient qu'on peut changer les choses», répond Christian Vanasse. «On retrouve notre pouvoir en s'indignant dans le rire, en se moquant des puissants. Passer à l'action est à la portée de tous au quotidien, dans toutes sortes de sphères: écologique, interpersonnelle, citoyenne, civique, etc. La pluralité de l'action constitue une richesse. Je ne crois pas que les jeunes soient blasés; ils agissent, ils s'engagent sans s'inscrire aux partis traditionnels. Leur action est davantage radicale que politique», ajoute-t-il.

Les Zapartistes voient leurs spectacles comme des déclencheurs. «Celui-ci sera particulièrement caustique; on a franchi un nouveau pas dans l'horreur banalisée quand on peut voir un homme décapité à la télé, explique Christian Vanasse. Après le Rwanda, on se disait: "Plus jamais!", mais il y a la tragédie du Darfour... On est un pays riche, on peut agir et faire en sorte que la politique reflète davantage la volonté des citoyens: le Suroît en est un exemple. Il ne faut pas que des manifestations, il faut multiplier les actions quotidiennes, les comités de vigilance». Leurs spectacles font partie de ces actions.

Des invités spéciaux viendront enrichir C'est un Bye! Bye! qui se veut aussi festif que critique: Louise Forestier et Vincent Vallières, auxquels s'ajouteront Daniel Lemire le 28 et Maxime Martin ***

Les Zapartistes au Spectrum les 28 et 29 décembre 2004 à 20h.

Informations et réservations: (514) 908-9090 ou sans frais: 1 866-908-9090.