Des internautes condamnent des dérapages au festival Metro Metro

Dans certaines vidéos devenues virales diffusées sur les réseaux sociaux, des festivaliers peuvent être aperçus en train d’entrer sur le site sans avoir payé ou même de se battre.
Photo: Image tirée du compte Instagram wsc.montreal Dans certaines vidéos devenues virales diffusées sur les réseaux sociaux, des festivaliers peuvent être aperçus en train d’entrer sur le site sans avoir payé ou même de se battre.

Gardes de sécurité bousculés, barrières de sécurité renversées, bruit dans le quartier : des internautes ont déploré sur les réseaux sociaux plusieurs événements survenus pendant le festival Metro Metro, la fin de semaine dernière, à Montréal.

Dans certaines vidéos devenues virales diffusées sur Instagram et sur TikTok, des festivaliers peuvent également être aperçus en train d’entrer sur le site sans avoir payé ou même de se battre. Joint par Le Devoir, l’organisateur de l’événement, Olivier Primeau, condamne ces actions et spécifie qu’une enquête interne est en cours afin de faire la lumière sur ces agissements. « Ce sont des gestes qui ne sont pas excusables. Ces événements sont regrettables, mais on est là-dessus et on est là pour s’améliorer. »


Olivier Primeau croit que le fait qu’il y ait eu très peu de festivals de cette envergure au cours des deux dernières années en raison de la pandémie peut avoir joué un rôle dans l’énervement de certains festivaliers. « Mais ça ne justifie pas [ces agissements] », précise-t-il toutefois.

Selon la relationniste du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Véronique Comtois, cinq festivaliers ont été arrêtés, dont l’un pour une voie de fait sur un garde de sécurité, et un autre pour une agression armée sur un policier, qui fait présentement l’objet d’une enquête.

La journaliste sportive Daphnée Malboeuf y est allée d’un cri du cœur sur Twitter, déplorant l’absence de gardes de sécurité aux alentours du festival. « Pour rentrer chez moi, j’ai marché en plein milieu de la rue parce que j’avais peur de marcher sur le trottoir, près des ruelles, puisque ce n’est pas bien éclairé », explique-t-elle, relevant la présence en grand nombre de gens intoxiqués qui l’ont harcelée tandis qu’elle rentrait chez elle après une journée de travail.

« Je pense que c’est à l’arrondissement de voir au bon fonctionnement d’un festival qui dérange déjà les résidents », soutient-elle. Elle souligne néanmoins que « c’est un festival qui met en valeur des artistes d’ici » et que c’est normal qu’il y ait beaucoup de bruit et beaucoup de gens lorsqu’on est en ville. « Mais de ne pas me sentir en sécurité en rentrant chez moi, c’est ce qui m’a motivée à écrire [les tweets]. »

Au moment d’écrire ces lignes, le cabinet du maire de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais, n’avait pas donné suite à nos demandes d’entrevue.

Réactions politiques

 

Joint par Le Devoir, le maire de l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais, explique que le territoire du parc olympique n’est pas assujetti à la gouvernance municipale. « Il y a eu l’envoi d’un dépliant quelques semaines avant le festival pour dire aux citoyens que le parc olympique était responsable de l’évènement, et donc de diriger toute plainte vers le parc olympique », explique-t-il. « Je n’ai pas d’autorisation à donner sur quels promoteurs sont accueillis sur le site. »

Concernant l’entretien des lieux, il ajoute qu’« on n’a pas eu d’importantes séries d’appel sur la propreté dans le secteur » et que « quand j’ai fait le tour du secteur lundi après-midi, le travail avait été fait ».

De son côté, le cabinet de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, « déplore » les agissements de certains spectateurs pendant la fin de semaine. « On souhaite rappeler aux festivaliers de faire preuve de civisme, en tout temps, pour la sécurité de tous et le respect des résidents à proximité du festival », a indiqué par écrit l’attachée de presse Marikym Gaudreault.

Elle affirme également qu’un plan de contingence en cas de débordements avait été présenté en « bonne et due forme » avant la tenue de l’évènement par le promoteur et le parc olympique, à la demande de la Ville.

« Nous serons en lien avec les organisateurs afin de déterminer ce qui pourrait être mis en place pour éviter ce type de débordements », ajoute-t-elle.

« Les gens avaient hâte de fêter »

L’étudiante Samie McNicoll a assisté au festival lors de sa journée d’ouverture, vendredi dernier. Elle affirme ne s’être jamais sentie en danger, mais note néanmoins que la foule était particulière, selon ses dires. « On sort de la pandémie, j’ai senti que les gens avaient hâte de fêter. »

Lors du spectacle du rappeur Lil Pump vendredi soir, elle a rapporté qu’Olivier Primeau a dû interrompre le concert en montant sur scène pour dissuader la foule de s’adonner à des moshpit, qui peuvent devenir violents. Un moshpit survient lorsque des membres d’une foule se cognent les uns contre les autres dans une forme de danse brutale, souvent au pied de la scène.

« Dans plusieurs festivals, ça se fait. Quand on voit que ça brasse trop à l’avant, on calme les ardeurs », explique Olivier Primeau, qui ajoute que le comité organisateur a averti les artistes que tout encouragement au moshpit entraînerait une annulation de leur concert.

En novembre dernier, c’est entre autres de tels mouvements de foule qui avaient mené à la tragédie du festival Astroworld, à Houston. Pendant un concert du rappeur Travis Scott, dix personnes avaient péri, asphyxiées et piétinées par la foule, tandis que des centaines d’autres avaient été blessées.

Malgré cet avertissement, l’étudiante Samie McNicoll a décidé de quitter une chanson avant la fin du dernier spectacle de la soirée. « C’était rendu lourd ; c’était devenu la norme de bousculer les gens autour de soi. Au moins, ça a été facile de sortir », raconte-t-elle.

Olivier Primeau prévoit une troisième édition du festival l’année prochaine, toujours dans le secteur du Stade olympique, mais pas forcément sur l’esplanade, estimant qu’il pourrait y avoir davantage de place près du stade Saputo. Il se déclare confiant pour l’avenir de l’événement, présenté à guichets fermés la fin de semaine dernière.

« C’est la deuxième année qu’on travaille avec le site, et déjà, il y a une grosse amélioration par rapport à la première année », soutient-il, en plus de prévoir un accroissement des effectifs l’année prochaine pour limiter les dégâts dans le quartier.

« Ça va être super important d’avoir plus de présence à l’extérieur du site », croit-il.

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