Les flâneuses

Photo: Le Devoir

Sarah Boumedda

Repose en paix, Malik Oussekine

6 décembre 1986. En rentrant chez lui, Malik Oussekine, 22 ans, Français d’origine algérienne, se fait pourchasser puis battre à mort par des policiers, dans un Paris tendu aux prises avec des manifestations étudiantes. Il faudra plus de 35 ans avant que l’on raconte son histoire avec la justesse qu’elle mérite. C’est ce que fait Oussekine, une série originale de Disney+ en quatre épisodes. Qu’on se le dise : cette affaire était un cas de racisme systémique et de violence policière, loin d’être le premier, mais surtout, loin d’être le dernier, autant en France qu’ailleurs.


Valérie Duhaime

Cher Théâtre

 

C’est l’équivalent théâtral d’un blockbuster. La plus récente création de Michel Tremblay, Cher Tchekhov, n’a pas que son illustre auteur comme carte de visite. Il y a bien sûr son metteur en scène, Serge Denoncourt, mais il compte surtout une distribution éblouissante, menée par Gilles Renaud, Anne-Marie Cadieux et Henri Chassé. Tout est en forme de lettre d’amour dans cette pièce créée au TNM : de l’auteur pour le théâtre et pour Tchekhov, des personnages pour leur famille et leur métier. Mais plus que tout, de toute cette bande pour les spectateurs, gâtés d’une œuvre dont ils sont d’emblée les complices.


Véronique Chagnon

La patience du paysage

 

Attendre, à l’affût de la silhouette découpée à contre-jour sur la crête, à l’affût de la bête fondue dans le camaïeu de brun et de gris. La verra-t-on ? Elle, en tout cas, elle nous voit. Et c’est là la plus saisissante des propositions de La panthère des neiges. Dans ce documentaire, le photographe Vincent Munier et l’écrivain Sylvain Tesson, sous l’œil de la cinéaste Marie Amiguet, scrutent les hauts plateaux tibétains à la recherche de l’animal mythique tout en s’interrogeant sur leur propre instinct sauvage. La musique de Warren Ellis et de Nick Cave finit de sublimer le tout. En salle.


Amélie Gaudreau

Retrouver son «cowboy» intérieur

Il faut avoir été un peu fan des Cowboys Fringants pour pleinement apprécier l’exposition que leur consacre le Centre d’art Diane-Dufresne, à Repentigny. Parce qu’au-delà des quelques artéfacts exposés (textes de chansons, instruments) et de la chronologie parallèle du dernier quart de siècle du Québec et du groupe, cette rétrospective surtout commentée dans son programme par des experts vaut la peine pour sa mise en valeur des chansons, regroupées par thèmes et habilement mises en scène. L’exercice d’écoute dans ce contexte donne la mesure de l’importance de l’œuvre et permet de renouer avec son « cowboy » intérieur.


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