Liza Frulla promet un plan de rénovation des musées canadiens

Ottawa — Les trésors nationaux canadiens sont depuis trop longtemps relégués dans des sous-sols et des musées en état de décrépitude, affirme la ministre du Patrimoine, Liza Frulla.

Les besoins des musées sont réels, a-t-elle déclaré au cours d'une entrevue sur son projet de modernisation de certaines politiques fédérales aujourd'hui obsolètes.

Un exemple: au début du mois, le président américain George W. Bush, de passage à Ottawa, a pu admirer une prestigieuse collection de portraits, dont plusieurs clichés du légendaire photographe Yousuf Karsh, y compris ceux de Winston Churchill, de Dwight D. Eisenhower et de son propre père, George Bush. Il ne les a pas vus au musée, cependant, mais plutôt dans le nouvel entrepôt du Centre national des archives de Gatineau, au Québec.

La majeure partie de la collection n'est pas accessible au public, ce que déplore vivement Mme Frulla.

Les plans de construction d'une grande salle d'exposition de 40 millions de dollars dans l'ancienne ambassade américaine, sur la colline parlementaire, ont été reportés pendant que le gouvernement se penchait sur les coûts du projet. On prévoit maintenant qu'elle ouvrira en 2007.

La ministre dit envisager également un plan de rénovation des musées à travers le pays, mais elle n'a pas été très explicite sur son calendrier et son mode de financement.

Des centaines d'édifices n'ont eu droit à aucune rénovation en 30 ans, affirme John McAvity, directeur exécutif de l'Association des musées canadiens. Or, les toits commencent à couler et les fondations montrent des fissures; ils ont besoin de gros travaux. Selon lui, le niveau du financement fédéral stagne depuis 1972. «C'est une honte nationale», a-t-il déploré.

Ottawa verse environ 200 millions par an directement à une poignée de sites importants de la capitale, et neuf millions à 2500 sites dans le reste du pays, selon M. McAvity. Les musées situés à l'extérieur de la capitale attirent 58 millions de visiteurs par an, contre 200 millions pour les sites de la région de la capitale, a-t-il souligné.