Québec dévoile un plan sur trois ans pour la relance culturelle

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a annoncé dimanche un nouveau plan de 225,8 millions $ afin de soutenir le milieu culturel québécois.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a annoncé dimanche un nouveau plan de 225,8 millions $ afin de soutenir le milieu culturel québécois.

Québec délie les cordons de la bourse pour assurer la survie, puis la relance, de l’industrie culturelle malmenée par la pandémie. Un plan de 225,8 millions de dollars a été annoncé dimanche par la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy.

Les mélomanes, cinéphiles et autres amateurs d’art, échaudé par des mois d’annulations imprévues, retrouvent peu à peu le chemin des arts au Québec.

Afin de garantir un lever de rideau couronné de succès, le gouvernement prévoit une feuille de route échelonnée sur trois ans. Les sommes qui y sont consacrées ont été allouées lors du budget déposé fin mars.

 

Le plus gros morceau de ce plan — 123,3 millions de dollars — servira à « stabiliser » le milieu à l’aide d’un « filet de sécurité ». Cet argent prolongera notamment d’un an le programme de compensation des billets invendus pour cause d’annulation, conséquences imprévisibles de la COVID-19.

À cela s’ajoute l’« aide à la mission et au fonctionnement », un pactole destiné à pousser vers le haut le montant des salaires et des cachets.

L’inflation, les annulations inopinées et le désengagement de plusieurs artistes et artisans font en sorte que le milieu n’est « plus du tout compétitif » pour engager de nouveaux employés, confirme Julie-Anne Richard, directrice générale de RIDEAU, une association qui réunit 350 salles de spectacle et festivals.

De l’argent frais sera également versé auprès des salles de spectacles privés ou alternatives, jusqu’ici écartées de toute subvention. Québec débloque également l’aide à « l’autoproduction » pour les musiciens.

Autre nouveauté : les artistes « de la relève », privés de spectacles depuis deux ans, constitueront a minima 20 % des lauréats des bourses aux artistes du CALQ. Un montant de 7 millions de dollars sur trois ans soutiendra aussi les artistes « issus de l’immigration, autochtones ou en situation de handicap ».

Cet appui s’avère crucial pour le devenir de ces artistes, car leurs premiers spectacles se bouclent souvent « à perte », confirme Julie-Anne Richard.

Le deuxième gros bloc d’investissement servira à « faire briller » les artistes d’ici à l’étranger, notamment avec « plus de spectacles, avec plus d’artistes et d’interprètes, plus de tournées et plus de promotion », a affirmé la ministre. « Nous sommes en pleine réouverture des marchés, nous devons être présents. »

La « clef de voûte » du renouveau culturel québécois des prochains mois se trouve dans la promotion des arts, soutient le ministère. C’est pourquoi Québec prévoit 9 millions de dollars sur deux ans pour « recréer les habitudes » du public.

Ces fonds ont été bien entendu accueillis avec joie par les représentants du milieu des arts présents lors de la présentation de ce plan. Si une chose positive doit être retenue de la pandémie, c’est l’élargissement du dialogue et de l’écoute entre les différentes directions d’institutions culturelles et le ministère de la Culture, assure-t-on.

Le milieu a été écouté jusque « dans les termes utilisés dans le plan », de dire Julie-Anne Richard.

Malgré un public qui n’est pas encore tout à fait au rendez-vous comme il l’était il y a deux ans, Lorraine Pintal, directrice artistique et générale du Théâtre du Nouveau Monde, garde l’espoir que les grandes manifestations culturelles retrouveront leur place dans la vie des Québécois, plus tôt que tard. « On peut recommencer à rêver grand », signale-t-elle.

7 millions

C’est le montant sur trois ans qui sera consacré au soutien des artistes «issus de l’immigration, autochtones ou en situation de handicap».



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