Avertissement de pluie... de perséides

Si vos voeux les plus chers ne se sont pas encore réalisés, tournez votre nez vers le ciel ce week-end. La pluie d'étoiles filantes des perséides sera à son paroxysme durant les nuits du 11 au 12 et du 12 au 13 août. Comme chaque année à pareilles dates depuis la nuit des temps, le ciel offrira son «imprévisible» spectacle de petites fusées blanches qui surgissent et s'évanouissent selon une programmation complètement aléatoire.

L'événement céleste à l'origine de ce spectacle est le passage de la Terre à travers la traînée de poussières que la comète Swift-Tuttle (du nom de ceux qui l'ont découverte et identifiée au XIXe siècle) a laissée dans son sillage.

Constituées de glace et de poussières de roche, les comètes gravitent autour du Soleil comme toutes les autres planètes. «Il s'agit de matière primitive, de matériaux résiduels de la formation du système solaire qui aurait eu lieu il y a 4,5 à 5 milliards d'années», précise Marc Jobin, astronome au Planétarium de Montréal.

Or, chaque fois que les comètes passent à proximité de l'astre de feu, elles se désagrègent un peu plus et abandonnent derrière elles des débris qui encombrent l'ensemble de leur orbite. En forme d'ellipse très allongée, l'orbite de la comète Swift-Tuttle — qui accomplit une révolution en 130 ans — croise celle de la Terre en un point que notre planète franchit autour des 11 et 12 août, explique Marc Jobin.

Lorsque notre planète traverse la trajectoire de la comète, les poussières qui parsèment cette région du ciel pénètrent dans l'atmosphère terrestre à une vitesse d'environ 200 000 km/h. La friction entre les molécules d'air et ces poussières de la taille de grains de sable crée alors un échauffement subit et extrêmement intense.

En se consumant, les particules incandescentes ionisent les molécules d'air qu'elles frôlent sur leur passage. Or, comme le phénomène d'ionisation s'accompagne d'une émission d'énergie sous forme de lumière, la colonne d'air que parcourent les poussières chauffées à blanc s'illumine pendant un bref instant.

La pluie d'étoiles filantes, ou de météores, devrait-on dire, qui inondera le ciel du week-end porte le nom de la constellation de Persée parce qu'elle semble émerger des étoiles qui composent cette figure mythique que l'on peut observer au nord-est, précise l'astronome. «Les perséides n'ont absolument rien à voir avec ces étoiles. Ce n'est qu'un effet de perspective comparable à celui que l'on perçoit lorsque l'on circule en voiture dans une tempête de neige. Les flocons semblent sortir d'un tunnel et venir vers nous. Pourtant, ils tombent tout simplement. C'est plutôt nous qui arrivons à leur rencontre.»

L'explication vaut aussi pour la pluie des géminides qui surgit de la constellation des Gémeaux vers le 14 décembre, ainsi que pour celle des léonides qui survient le 18 novembre dans le coin de ciel où niche la constellation du Lion. Pourtant, les poussières à l'origine des éclairs de lumière des léonides proviennent en réalité de la comète Tempel-Tuttle.

Marc Jobin affirme que les bouquets de perséides qui fuseront dans le ciel dominical pourront être repérés sur l'ensemble de la voûte céleste à compter de 22h30 — idéalement entre minuit et l'aube.

Les observateurs n'ont qu'à se blottir au creux d'une chaise longue qu'ils auront inclinée à 45 degrés et à plonger leur regard vers ce firmament qui leur permettra de réaliser sans nul doute leurs souhaits les plus chers. Sans nul doute, car la météo s'annonce fabuleuse cette fin de semaine!