Controverse autour d’un spectacle d’Éric Lapointe

La petite communauté de Plessisville, dans le Centre-du-Québec, se divise à cause de la venue en ville le mois prochain d’Éric Lapointe, moins de deux ans après que le chanteur eut plaidé coupable pour voies de fait sur une femme.

Le Festival de l’érable ne s’attendait pas à une telle réaction la semaine dernière en annonçant que le rockeur allait être la tête d’affiche de sa 64e édition, le 30 avril prochain. Après avoir essuyé quelques critiques, le festival a finalement décidé mercredi qu’il maintenait Éric Lapointe dans sa programmation, contrat oblige, tout en s’engageant à verser un don à l’un des organismes de la région qui défend les victimes de violence conjugale.

Selon ce que l’on peut lire dans le communiqué de presse, la présence de l’interprète de N’importe quoi avait été réglée avant que la pandémie ne mette sur pause le milieu de l’événementiel, et surtout avant l’arrestation du chanteur, à la fin 2019. « La plupart des gens sont très heureux. On n’a pas reçu beaucoup de mauvais commentaires, mais c’est une petite communauté, alors c’est important pour nous que le monde soit content », a précisé en entrevue au Devoir le directeur général du festival, Jean-François Côté.

Mais pour Émilie Pinette, une jeune femme de 22 ans originaire de la région, Éric Lapointe n’est simplement pas le bienvenu à Plessisville. « Il y a des gens qui le défendent en disant que si c’était un plombier qui avait été condamné, il aurait recommencé à travailler après et personne n’aurait rien dit. Mais ce n’est pas pareil ! Être connu, c’est un privilège. Les gens connus sont censés être des modèles, et ça envoie un mauvais message qu’Éric Lapointe soit encore sur scène », clame celle qui a manifesté son mécontentement sur les réseaux sociaux dans les derniers jours.

Comme si de rien n’était

L’étudiante s’indigne surtout qu’Éric Lapointe s’en soit tiré relativement indemne, vu la gravité de ce qu’on lui reprochait. Rappelons qu’en octobre 2020, il avait plaidé coupable et exprimé des remords pour des faits survenus un peu plus d’un an auparavant, après la fête organisée pour son 50e anniversaire. Sous l’effet de l’alcool, la star était revenue en matinée avec une amie, et une dispute a ensuite éclaté avec une autre femme qui se trouvait déjà à son domicile. Éric Lapointe l’a attrapée par le cou pour finalement la plaquer contre le garde-manger.

Mais à la suite d’une entente entre les deux parties, celui à qui on doit le succès Loadé comme un gun a reçu une absolution conditionnelle, échappant ainsi à un casier judiciaire. Depuis, le rockeur continue de rouler sa bosse, même s’il a complètement disparu des émissions de variétés et des grands festivals.

Et force est d’admettre que ses affaires semblent fonctionner plutôt bien malgré tout. Son spectacle au Saguenay il y a deux semaines affichait complet, et les billets pour son concert à l’Étoile Banque Nationale de Brossard, le 7 mai prochain, ont déjà presque tous trouvé preneur.

Outre le Festival de l’érable de Plessisville, d’autres événements en région s’associent à Éric Lapointe, qui reste l’un des meilleurs vendeurs de disques de l’histoire du Québec. Il sera entre autres de la Fête des guitares, en juillet, à Lac-au-Saumon, dans la vallée de la Matapédia.

Il partagera la scène notamment avec Kevin Parent, qui avait été largué par son agence à l’été 2020 dans la foulée d’un mouvement de dénonciation des inconduites sexuelles sur les réseaux sociaux.

Au moment où ces lignes étaient écrites, le promoteur de la Fête des guitares n’avait pas répondu à notre demande d’entrevue. Même chose pour l’équipe d’Éric Lapointe.

À voir en vidéo