Plus qu’une seule productrice exécutive à l’ONF pour toute la francophonie au pays

L'ensemble de la production documentaire francophone au pays sera dorénavant supervisée par Nathalie Cloutier.
Photo: Getty Images / iStockphoto L'ensemble de la production documentaire francophone au pays sera dorénavant supervisée par Nathalie Cloutier.

L’Office national du film (ONF) procède à une restructuration de ses studios et place l’ensemble de sa production documentaire francophone au pays à Montréal sous la supervision de la productrice déléguée Nathalie Cloutier.

Désormais chapeautée par le Studio documentaire du Québec et de la francophonie canadienne et acadienne, la production francophone perd ainsi son unique producteur délégué situé à l’extérieur du Québec, Denis McCready, qui occupait le poste à Toronto.

Du même souffle, l’ONF procédera à l’embauche de nouveaux producteurs francophones, dont un pour l’Ontario et l’ouest du Canada et un pour le Québec. La productrice Christine Aubé, basée à Moncton, restera en place.

Pendant ce temps, le poste de chargée d’édition au Studio interactif de Montréal, occupé à ce jour par Valérie Darveau, a lui aussi été aboli.

En entrevue, la directrice générale de la création et de l’innovation à l’ONF, Julie Roy, explique que ce dernier poste avait été ouvert au moment de la création du Studio interactif en 2009 et que le travail accompli depuis permettra de relayer ces tâches à des pigistes.

« On a toujours des ressources limitées avec lesquelles on doit jongler. Pour moi, l’idée, c’était de réduire la couche de cadres et de diminuer le nombre de producteurs délégués, à l’échelle de la division de Création et d’Innovation, que je dirige, soit les dix studios du programme français et du programme anglais. Il y a un changement qui a été fait aussi au programme anglais, pas uniquement au programme français. »

Julie Roy confirme que cette restructuration, qui abolit autant de postes qu’elle en crée, donnera aussi l’occasion à l’ONF d’accentuer sa représentation de la diversité à l’échelle des producteurs. Du côté anglais, une productrice de descendance autochtone, Niki Little, vient notamment d’être nommée.

L’ONF a aussi « un plan de diversité et d’inclusion, poursuit Mme Roy. Je profite de chaque occasion pour aller chercher un groupe de producteurs qui va correspondre à la diversité et à la démographie canadienne. Donc, j’ai besoin de créer ces espaces-là pour aller recruter ».

« L’entité physique du bureau de Toronto reste là, explique-t-elle. Mais le producteur ou la productrice qu’on va choisir [pour l’Ontario et l’ouest du Canada], je ne peux pas vous dire où est-ce qu’il va être situé. Parce que notre intention, c’est vraiment d’aller chercher un candidat ou une candidate issus des communautés francophones en situation minoritaire. »

« Le grand studio documentaire du Québec va avoir quatre producteurs, deux pour la francophonie hors Québec, et deux pour le Québec, donc un ratio égal », ajoute-t-elle.

Du côté de l’Alliance des producteurs francophones du Canada, la directrice Carol Ann Pilon exprimait tout de même des inquiétudes quant au fait que les producteurs de la francophonie hors Québec seront désormais desservis par une productrice déléguée basée à Montréal. Mme Pilon indique qu’elle consultera ses membres à ce sujet.

Le Front des réalisateurs indépendants du Canada, qui regroupe également des réalisateurs hors Québec, était encore, vendredi, à évaluer les impacts de la restructuration. « Il est difficile pour nous de commenter la restructuration de l’ONF puisque nous évaluons actuellement les différents impacts que la fusion des studios aura sur la création et la production francophones à l’extérieur du Québec », a fait savoir le directeur général, Jean-François Dubé. 

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