Les flâneuses

Photo: Le Devoir
Odile Tremblay

La griffe Zïlon
Nomade urbain, graffiteur de la zone, Zïlon a marqué nos rues et l’underground montréalais par la force de sa griffe, l’expression hallucinée de ses visages rimbaldiens aux yeux obliques et l’ampleur de son œuvre en murales parfois éphémères. Jean-Marc Beausoleil vient de publier chez Somme toute La marque de Zïlon, qui remonte le cours de son aventure. De l’enfance blessée à la consécration de son style, ce grand artiste du street art dans la lignée de Basquiat se révèle par fragments. Et ceux qui l’ont côtoyé évoquent sa transe, sa spontanéité, son talent incandescent et son blues rageur.


Valérie Duhaime

Merci pour tout, Danic
Le Québec a perdu la semaine dernière un grand humaniste, un cinéaste à l’œil unique. Le documentariste Danic Champoux (La fille du cratère, Autoportrait sans moi, Conte du Centre-Sud) laissait sa caméra s’attarder sur ses sujets avec tendresse et sans une pointe de pitié ou de voyeurisme. Fougueux raconteur des oubliés, des imparfaits et des compliqués, sa filmographie s’écoute comme on lit des lettres d’amour. À regarder cette semaine, CHSLD, mon amour, une ode à ceux qui vont y terminer leurs jours et à ceux qui prennent soin de ces derniers. Sur Crave et Noovo.ca.


Amélie Gaudreau

Confidences montréalaises
Chroniques de la vie ordinaire (sur Tv5Unis dès le 28 février), une websérie d’Amélie Hardy, porte fort bien son titre. En dix courts épisodes, on découvre les confidences touchantes de Montréalais de différents quartierssur de grandes questions existentielles, qui vont de la révélation bouleversante à l’anecdote amusante. Dans le confort rassurant d’un photomaton, ils dévoilent des pans de leur vie à propos de l’amour, du pardon, de la peur, des adieux déchirants, de leurs regrets et de leurs espoirs. Difficile de ne pas tomber sous le charme de cet exercice documentaire, et de ne pas s’y reconnaître.


Caroline Montpetit

Les muses reprennent la scène
Michel-Marc Bouchard a le génie de la mise en scène de drames familiaux non résolus, qui plongent dans la psyché humaine pour en exploiter la grandeur et la détresse. La pièce Les muses orphelines, qui vient de prendre l’affiche au théâtre La Bordée, dans une mise en scène d’Amélie Bergeron, explore le thème de l’absence de la mère au cœur d’une fratrie d’orphelins de Saint-Ludger-de-Milot, au Lac-Saint-Jean, en 1965. La pièce a été montée et produite 150 fois depuis sa création, dans des pays et des langues différentes. C’est dire comment le dramaturge transcende les époques comme la réalité locale de son Lac-Saint-Jean natal. Un beau moment de théâtre. Enfin !

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