En lumière et en cadence

«Cadence» mélange le patinage au cirque, en plus d’y intégrer des projections ainsi qu’une narration d’Alain Goldberg.
Photo: Adil Boukind Le Devoir «Cadence» mélange le patinage au cirque, en plus d’y intégrer des projections ainsi qu’une narration d’Alain Goldberg.

« Pourquoi un homme à un jour décidé de traverser un lac ? Et comment est-il passé de traverser un lac avec des patins à faire un triple axel ? » questionne d’entrée de jeu Sébastien Soldevila, cofondateur et directeur artistique de la troupe Les 7 doigts. Ce sont ces interrogations qui ont donné vie à Cadence, spectacle inédit qui verra le jour sous peu dans le cadre du festival Montréal en lumière.

Prenant vie au cœur du Quartier des spectacles du 17 février au 5 mars 2022, ce festival hivernal promet une fois de plus d’éblouir petits et grands avec sa programmation. Au rendez-vous, la traditionnelle nuit blanche, de délectables menus et de nombreuses activités familiales extérieures gratuites, dont de multiples installations lumineuses et un long sentier de patinage.

Plusieurs artistes prendront aussi part à Montréal en lumière au cours des semaines à venir, dont le collectif de créateurs Les 7 doigts qui jumelle de nombreuses disciplines artistiques, notamment le cirque. Le Devoir s’est entretenu avec Sébastien Soldevila, responsable de la mise en scène du spectacle, en vue de la première représentation le 24 février prochain.

Cadence, c’est « l’histoire du patin avec une “twist” », explique M. Soldevila. Ces twists, car il n’y en a pas qu’une seule, sont assez remarquables. Ce spectacle de 30 minutes mélange le patinage au cirque, en plus d’y intégrer des projections ainsi qu’une narration d’Alain Goldberg, le fameux commentateur de patinage artistique qui anime les soirées olympiques avec passion depuis plusieurs décennies.

« On a à la fois des patineurs traditionnels, des artistes de cirque, des patineurs freestyle, des gens qui viennent du skate. On a même des gens qui ne savent pas du tout patiner ! » détaille M. Soldevila, avec une excitation manifeste dans la voix de l’autre côté du combiné. « On a assez hâte de commencer ! Ça fait un petit bout de temps qu’on travaille là-dessus », s’exclame-t-il.

La performance se livrant sur une glace, il est curieux d’y retrouver des gens ne sachant point tenir sur des lames. « C’est pour la roue Cyr », explique le directeur artistique, faisant référence à un grand cerceau métallique dans lequel un acrobate s’exécute alors que la roue enchaîne les rotations sur la scène, ou dans ce cas-ci, sur la patinoire.

L’exécution de cette acrobatie sur glace sera d’ailleurs une première à Montréal. Plusieurs mois de recherches ont été nécessaires, mais l’équipe des 7 doigts et leurs collaborateurs auront trouvé le moyen de poser des clous sur la roue, de manière que celle-ci morde la glace en tournoyant.

L’histoire en six tableaux

Le spectacle, qui reviendra deux fois par soir quatre fois par semaine, se déploie en six chapitres. Briser la glace ramène les spectateurs à il y a 3000 ans, au moment où l’homme a découvert la glace. Le tableau suivant, Histoire des patins, traverse quant à lui l’histoire de cette découverte à aujourd’hui.

Le public aura par la suite la chance d’être impliqué au chapitre des Sauts de barils. Il s’agit d’une discipline en vogue au milieu du XXe siècle et qui était connue au Québec, explique M. Soldevila. Le principe était simple : s’élancer en patins au-dessus de barils afin d’en traverser le plus grand nombre possible.

Le chapitre d’après s’intitule Danse sur glace, où seront rassemblés des couples de patineurs. Il laissera sa place au cinquième volet, Le parc, qui se veut une réflexion poétique quant à la glace qui réunit les gens et qui rappelle de tendres souvenirs d’enfance. Et finalement le dernier volet, le plus acrobate d’entre tous, Le patin extrême, où entrent en jeu les amateurs de planche à roulettes.

De grandes structures seront aménagées sur la patinoire de l’esplanade Tranquille de manière à permettre aux patineurs de glisser sur des modules et non que sur la surface lisse qu’est la glace.

Une demi-heure bien chargée, comme l’explique M. Soldevila. Bien que le metteur en scène de cette performance eût davantage d’idées, il fallait respecter un temps raisonnable, puisque la performance se déroule à l’extérieur. « C’est un spectacle rapide et on espère qu’il ne fera pas trop froid, autant pour les spectateurs que pour les artistes. »

La température

 

À ce propos, il explique que la température a amené quelques soucis de logistiques. Il faut notamment s’assurer que les équipements acrobatiques ne gèlent pas, tout comme les membres de la troupe. L’équipe derrière le spectacle a ainsi effectué ses recherches afin de trouver un système qui saurait conserver la roue Cyr et autres équipements au chaud.

« On a des costumes qui ont été conçus en pensant au froid. L’équilibriste aura même un système pour conserver la chaleur au niveau de ses poignets », détaille le membre du collectif de créateurs Les 7 doigts. « Ce n’est pas évident, mais ça fait partie du “deal”. »

Ce deal est « de raconter des histoires humaines avec une virtuosité surhumaine. » Tel est le mandat du collectif de créateurs. Et selon M. Soldevila, ce spectacle sera à la hauteur des attentes.

« Ce spectacle, c’est notre manière à nous d’aborder le cirque contemporain avec quelque chose qui parle de l’humain — l’histoire du patin. En fait, la réflexion de Cadence, c’est que la glace, ce n’est pas simplement un obstacle, c’est un outil qui a permis à l’homme de se dépasser. »

Et qui permet toujours à l’homme de se surpasser, apparemment.

Pour l’horaire des représentations de Cadence, visitez le site montrealenlumiere.com

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