Le Musée de la civilisation à la recherche d’objets en lien avec René Lévesque

L'exposition promet de retracer toutes les étapes de la vie de Lévesque jusqu’à sa mort, survenue chez lui en 1987.
Photo: Louise Lemieux Archives Le Devoir L'exposition promet de retracer toutes les étapes de la vie de Lévesque jusqu’à sa mort, survenue chez lui en 1987.

Dans le but de présenter, en novembre prochain, une exposition consacrée à l’ancien premier ministre René Lévesque à l’occasion du centenaire de sa naissance, le Musée de la civilisation à Québec est à la recherche d’objets susceptibles de documenter son existence.

Selon Coline Niess, chargée de projets d’expositions, le public connaît bien la vie de Lévesque à travers de multiples documentaires. « Nous voulons connaître un Lévesque plus intime. On espère que quelqu’un, en Gaspésie, l’a filmé avec sa caméra Super 8 ou que quelqu’un a conservé des images de lui lors d’un souper spaghetti ou que sais-je encore. Des choses de ce genre. Rien d’important a priori, en terme national, mais des choses qui touchent plutôt à l’émotion et au sentiment d’identité suscité par le personnage. »

Pourquoi une collecte de documents survient-elle seulement aujourd’hui, près de 35 ans après sa mort ? « C’est une bonne question. Il y a eu beaucoup de choses connues sur lui, qui sont déjà dans les archives. Nous commençons à chercher dans des fonds d’archives pour l’exposition, qui n’a d’ailleurs pas encore de titre. »

Les recherches du musée ont-elles déjà permis de trouver de nouveaux éléments propres à assurer une meilleure compréhension du personnage ? « Au chapitre de la vie intime, on a un employé qui, en apprenant notre projet, nous a dit qu’il jouait encore sur la table de poker de René Lévesque », venue jusqu’à lui par plusieurs détours. « On adore les récits liés à l’objet. »

Coline Niess ajoute qu’elle a été étonnée de découvrir les habitudes alimentaires de René Lévesque, dans lesquelles elle voit, en miroir, le côté épicé de sa vie publique. « Je ne savais pas qu’il avait toujours sur lui une bouteille de sauce tabasco ou quelque chose d’ultra-épicé. Il en mettait même sur son homard de Gaspésie. Tout pour lui était peut-être trop fade. J’ai aimé cette histoire de la bouteille de tabasco dans sa poche. »

Jusqu’au 14 avril, le Musée de la civilisation espère recevoir des contributions du grand public pour recueillir « des objets, des documents, des œuvres artistiques ou des souvenirs matériels liés à la vie de René Lévesque ». L’équipe mise en place pour cette exposition évaluera la pertinence des objets reçus afin de savoir s’ils seront retenus pour une présentation en salle.

Vie privée, vie publique

 

Autrefois, on sanctifiait des personnages de l’Église à travers des objets. Est-ce la même chose qui attend désormais René Lévesque ? « Non, pas du tout ! » rétorque Coline Niess, sans nier cependant que c’est bien autour de la figure d’« un grand homme » que l’histoire est ici envisagée. Le fil conducteur de l’exposition à venir, dit-elle, est de voir comment des traits de caractère de la vie privée de Lévesque ont pu influer sur sa vie publique. « Sans le sanctifier, on veut arriver à montrer comment son caractère particulier a joué. On montrera aussi qu’il ne faisait pas l’unanimité. On veut une lecture plus ouverte. Au musée, on a un comité consultatif autochtone. La première chose qu’on nous a dite est que, pour eux, l’hydroélectricité est une catastrophe. Pour chacun au Québec, il y a un [Lévesque] particulier qui s’envisage selon ses propres positions, selon ses intérêts. »

Sans le sanctifier, on veut arriver à montrer comment son caractère particulier a joué. On montrera aussi qu’il ne faisait pas l’unanimité. On veut une lecture plus ouverte.

 

Le Musée de la civilisation collabore avec la Fondation René-Lévesque pour mettre sur pied cette exposition, qui doit officiellement ouvrir ses portes le 17 novembre prochain. Elle promet de retracer toutes les étapes de la vie de Lévesque jusqu’à sa mort, survenue chez lui en 1987. La présentation misera sur la diffusion de documents d’archives et d’objets significatifs. Dans l’élan préparatoire à cette exposition, le Musée regrette que peu « de témoins matériels ou de documents associés à son enfance, à son adolescence et à sa jeune vie d’adulte subsistent ».

Ce sont donc des objets en lien avec sa vie en Gaspésie et sa jeune vie d’adulte à Québec qui sont recherchés en particulier. Une attention est aussi portée à ses missions de correspondant de guerre, à sa vie de journaliste et, bien entendu, à sa longue carrière politique.

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