Plus dangereux de contracter le virus au restaurant ou au spectacle?

Dans l’ensemble du Canada, ce sont les Québécois qui ont été les plus nombreux (31,9%) à avoir assisté à un spectacle culturel en salle depuis le début de la pandémie.
Photo: Stephane de Sakutin Agence France-Presse Dans l’ensemble du Canada, ce sont les Québécois qui ont été les plus nombreux (31,9%) à avoir assisté à un spectacle culturel en salle depuis le début de la pandémie.

Près de la moitié (43 %) des amateurs de culture canadiens estime que le fait d’assister à un événement artistique ou culturel en salle est aussi sécuritaire que d’aller au restaurant. Et 47 % croient aussi qu’il est plus sécuritaire d’assister à un événement artistique ou culturel en salle que de participer à un événement sportif en personne. C’est ce qui se dégage du plus récent volet de l’enquête nationale sur la fréquentation des arts menée par le groupe Affaires/Arts en collaboration avec le Centre national des Arts, à partir de données recueillies en décembre 2021.

De plus, « environ un quart des amateurs de culture affirment que se rendre à un événement artistique ou culturel en salle est plus sécuritaire qu’un restaurant assis, ce qui est légèrement plus élevé que la vague précédente de novembre 2021 », écrivent les auteurs de l’étude, réalisée par la firme Nanos.

Ces données se basent sur un sondage effectué auprès d’environ un millier d’amateurs de culture canadiens, les 22 et 23 décembre derniers, alors que la vague Omicron avait déjà commencé à déferler sur le pays. Parmi les amateurs qui comptent aller voir des spectacles culturels immédiatement après la réouverture des commerces et des salles de spectacle, la vaccination du plus grand nombre et le passeport vaccinal figurent parmi les mesures sécurisantes pour 51,5 % des répondants. Suivent le port du masque pour 48,4 % des répondants, et la distanciation sociale pour 24,4 % d’entre eux. Un peu plus de 10 % (10,8 %) des répondants ont dit préférer qu’il y ait moins de cas de COVID dans la population. Seulement 9,1 % ont répondu que les salles fonctionnant à petite capacité les faisaient se sentir plus à l’aise pour ce qui est de la COVID-19.

Parmi les amateurs de culture qui prévoyaient attendre six mois après l’ouverture des salles pour retourner voir des spectacles, 15,6 % ont dit souhaiter que la COVID soit éradiquée et qu’il n’y ait plus aucun cas.

« En ce qui concerne les obstacles à la participation à un événement artistique ou culturel en personne, les amateurs de culture mentionnent la sécurité ou l’exposition au virus plus fréquemment qu’il y a environ un mois, en novembre 2021. Parmi les autres principales mentions figurent les foules ou d’autres personnes ne respectant pas les mesures sanitaires », poursuivent les auteurs de l’étude.

51,5%
C’est le taux de Canadiens qui estiment que la vaccination et le passeport vaccinal sont sécurisants, selon une enquête.

Dans l’ensemble du Canada, ce sont les Québécois qui ont été les plus nombreux (31,9 %) à avoir assisté à un spectacle culturel en salle depuis le début de la pandémie. Inversement, ce sont aussi les Québécois qui ont été les moins nombreux (27,7 %) à assister à des spectacles extérieurs. Ils arrivent loin derrière les amateurs de culture de la Colombie-Britannique, qui sont 40,1 % à l’avoir fait, ceux des Prairies (37,8 %), et de l’Ontario (37,3 %).

Parmi les amateurs de culture canadiens qui ont assisté à des prestations à l’extérieur depuis le début de la pandémie, 46,1 % avaient entre 18 et 34 ans.

Les Québécois se disent moins inquiets (5,5 sur une échelle de 10) que les habitants des provinces de l’Atlantique et que les Ontariens de contracter la COVID ou qu’un membre de leur famille la contracte. Dans l’ensemble du Canada, les femmes se sont dites plus inquiètes (6 sur une échelle de 10) que les hommes (5,4 sur 10) à ce sujet.

Notions de sécurité

À la suite de la publication de ces données, le groupe Affaires/Arts organisait mercredi un webinaire réunissant différents acteurs du milieu culturel canadien hors Québec. À cette occasion, Alex Sarian, qui a pris la tête du groupe Arts Commons, à Calgary, au beau milieu de l’épidémie de COVID, mentionnait que les organisations artistiques devaient désormais proposer des « expériences artistiques » incluant des notions de sécurité, plutôt que de simples spectacles. Il disait aussi voir dans la pandémie l’occasion de miser sur le répertoire des artistes locaux, ainsi que sur la mise en réseau des ressources du milieu, notamment en matière de publicité.

 
Une version précédente de ce texte reliait le groupe Arts-Affaires à l'enquête nationale sur la fréquentation des arts. Il s'agit plutôt du groupe Affaires/Arts.

À voir en vidéo