Resserrement des règles sanitaires réclamé sur les plateaux de tournage

L’animatrice de l’émission du dimanche de «Big Brother Célébrités», Marie-Mai, a annoncé aux participants et aux téléspectateurs le départ d’Eddy King, qui a été placé en isolement en raison d’un test positif à la COVID-19.
Photo: Capture d'écran L’animatrice de l’émission du dimanche de «Big Brother Célébrités», Marie-Mai, a annoncé aux participants et aux téléspectateurs le départ d’Eddy King, qui a été placé en isolement en raison d’un test positif à la COVID-19.

L’Union des artistes (UDA) presse la Santé publique de resserrer les règles sanitaires sur les plateaux de tournage, alors que la COVID-19 a perturbé au cours des derniers jours deux des plus grosses productions télévisuelles de l’hiver, Big Brother Célébrités et Star Académie, en dépit du protocole déjà en place.

Les consignes actuellement en vigueur datent de l’époque où le virus était beaucoup moins contagieux et où la vaccination à deux doses offrait une protection considérable. De là l’urgence d’adapter le Guide des normes sanitaires à la virulence du variant Omicron, clame Sophie Prégent, présidente de l’UDA.

« Les mesures sanitaires actuelles ne sont ni efficaces ni adéquates pour Omicron, très clairement. Je suis très, très inquiète », a-t-elle dénoncé d’un ton grave, en entrevue au Devoir.

Sophie Prégent ne manque pas de rappeler que les artistes ont la particularité de travailler sans équipement de protection, et souvent en grande proximité de leurs collègues, ce qui les rend encore plus vulnérables face au virus. Évidemment, la présidente de l’UDA comprend qu’il est impensable pour les acteurs de tourner avec des masques, mais elle demeure convaincue qu’un resserrement des normes est possible, sans pour autant qu’on annule les tournages non essentiels comme au début de la pandémie.

« Avec deux doses actuellement, on peut tourner selon les conditions prépandémiques. On peut s’embrasser, se toucher, et il n’y a pas de bulle… Moi, je trouve ça très inquiétant », poursuit Sophie Prégent, qui veut laisser toutefois aux spécialistes de la Santé publique le soin d’édicter les nouvelles règles pour les plateaux de tournage.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a mis à jour vendredi dernier le guide encadrant les arts de la scène, qui sont pourtant à l’arrêt depuis fin décembre à cause de la fermeture des salles de spectacle. Les nouvelles consignes pour le secteur de l’audiovisuel, elles, se font attendre. Une rencontre était prévue la semaine dernière à ce sujet, mais elle a été annulée à la dernière minute par la CNESST.

Éclosions

On rapporte tout de même que de nouvelles règles seront annoncées dans les prochains jours, voire les prochaines heures. D’ici là, l’UDA appréhende de nouvelles éclosions, comme celles que subissent présentement les équipes de Big Brother Célébrités et de Star Académie.

Le célèbre télé-crochet de TVA devait donner le coup d’envoi à sa nouvelle saison dimanche, mais le premier gala a été reporté le matin même après que quatre candidats eurent reçu un résultat positif à un test de dépistage. Productions Déferlantes n’a pas souhaité commenter la situation lundi, mais avait indiqué dans les médias du groupe Québecor cette fin de semaine que le premier gala aurait plutôt lieu dimanche prochain.

La boîte derrière Star Académie a par ailleurs fait savoir que les candidats sont tous en isolement préventif depuis le 3 janvier en vue de leur participation à l’émission. Une fois cette quarantaine levée, les participants formeront une bulle, mais seront tout de même en contact avec les professeurs de l’académie et les artistes invités au cours de la saison.

Rien de tel sur le plateau de Big Brother Célébrités, où les participants vivent en vase clos, sans contact avec l’équipe technique, qui se trouve derrière le décor. Les célébrités ont également eu une période d’isolement et ont dû se soumettre à des tests de dépistage avant de poser leurs valises dans le studio spécialement conçu pour le tournage de la téléréalité diffusée sur Noovo.

Malgré tout, la COVID-19 a réussi à se frayer un chemin, à la surprise générale. L’humoriste Eddy King a été déclaré positif, quelques jours après son entrée. Une deuxième célébrité a par la suite aussi reçu un résultat positif, a précisé la production, dimanche, sur les réseaux sociaux.

Est-ce que le virus a pu s’immiscer dans les conduits d’aération qui lient les candidats et l’équipe de production ? « Difficile de confirmer comment ils ont pu obtenir un test positif alors qu’ils avaient eu plusieurs résultats négatifs et que les participants sont isolés », a répondu Bell Média dans un courriel transmis au Devoir.

La Dre Marie-France Raynault rappelle cependant que l’on peut bel et bien être porteur du virus tout en étant négatif dans un premier temps à un test de dépistage. « Ça ne m’étonne pas qu’il y ait des cas, il y en a partout. Un test négatif ne garantit absolument rien. Un test n’est pas parfait », a avancé celle qui travaille avec la CNESST sur l’élaboration du nouveau guide pour l’industrie de la télévision.

Risque zéro impossible

Les producteurs ne sont pas aussi enthousiastes que l’Union des artistes à l’idée de se soumettre à ces nouvelles normes, qui compliqueront encore plus les tournages. « Que des plateaux soient reportés présentement parce qu’il y a des éclosions, ça montre que les règles fonctionnent et que les producteurs prennent ça au sérieux. Mais malheureusement, le risque zéro sur les plateaux n’existe pas », souligne Hélène Messier, présidente-directrice générale de l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM).

Un sentiment partagé par Michel Trudeau, le producteur de District 31, dont le début des tournages a dû être décalé d’une semaine au début du mois à cause de cas de COVID-19 au sein de l’équipe technique.

Que des plateaux soient reportés présentement parce qu’il y a des éclosions, ça montre que les règles fonctionnent et que les producteurs prennent ça au sérieux. Mais malheureusement, le risque zéro sur les plateaux n’existe pas.

 

« Plus on a de clarté et mieux c’est, mais en même temps, la CNESST peut difficilement ajouter encore des règles. À l’impossible, nul n’est tenu », soutient Michel Trudeau.

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