Le milieu culturel convoqué la semaine prochaine pour dessiner la suite des choses

La discussion promet tout de même d’être animée, alors que quelques acteurs du milieu se sont prononcés cette semaine pour une réouverture des salles de spectacle et des cinémas à compter du 17 janvier.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La discussion promet tout de même d’être animée, alors que quelques acteurs du milieu se sont prononcés cette semaine pour une réouverture des salles de spectacle et des cinémas à compter du 17 janvier.

Le cabinet de la ministre de la Culture, Nathalie Roy, a convoqué pour la semaine prochaine les principaux acteurs du monde des arts de la scène afin de discuter d’un éventuel plan pour la réouverture des salles de spectacle. De quoi nourrir l’espoir dans ce milieu durement éprouvé par la cinquième vague, sans pour autant se faire des illusions.

Dans un courriel envoyé jeudi à une vingtaine d’organisations, et dont Le Devoir a obtenu copie, le ministère précise n’avoir aucune échéance à divulguer concernant la reprise des activités culturelles, mais indique vouloir faire le point pour « identifier des pistes de solution pour favoriser une reprise la plus prévisible et solide possible ».

« On veut aussi discuter du “après” pour ramener le public vers les lieux culturels. […] En gros, c’est une séance de brainstorm », a-t-on ajouté au cabinet de la ministre Roy, vendredi.

La ministre ne participera pas personnellement aux deux rencontres prévues les 20 et 21 janvier, auxquelles prendra part cependant sa directrice de cabinet. La discussion promet tout de même d’être animée, alors que quelques acteurs du milieu se sont prononcés cette semaine pour une réouverture des salles de spectacle et des cinémas à compter du 17 janvier, en même temps que celle des écoles.

Or, si les classes vont bel et bien reprendre en présence la semaine prochaine au primaire et au secondaire, les salles doivent encore prendre leur mal en patience jusqu’à nouvel ordre. Mais certains refusent de lâcher le morceau et prônent toujours une réouverture le plus tôt possible.

« Allez aux Promenades Saint-Bruno le samedi, les gens sont les uns sur les autres. Ça fait la file devant les magasins et il n’y a pas de passeport vaccinal, contrairement aux salles de spectacle. J’ai l’impression qu’on évolue dans deux mondes parallèles », s’indigne Luc Fortin, président de la Guilde des musiciens.

Peu d’écoute depuis le début

M. Fortin croit qu’une réouverture des salles de spectacle à jauge réduite est envisageable à très court terme, et il est décidé à faire valoir sa façon de penser la semaine prochaine lors de sa rencontre avec le cabinet de la ministre de la Culture. D’autant que ce genre de consultations rassemblant à la fois le ministère et tous les principaux organismes de l’industrie culturelle a été très rare depuis le début de la pandémie. Trop, au goût de Catherine Voyer-Léger, directrice générale de Conseil québécois du théâtre.

« En octobre dernier, quand [Québec] a annoncé le retour des salles à pleine jauge, on n’avait même pas été consultés avant. On savait qu’on n’était pas prêt et que le public ne l’était pas non plus, et personne n’a même pris la peine de nous appeler la veille de l’annonce. On est toujours considéré comme une quantité négligeable », décrie Catherine Voyer-Léger.

Elle souhaite que les rencontres de la semaine prochaine servent au moins à établir des critères qui permettront de déterminer à quel moment les théâtres et les cinémas pourront rouvrir.

Car elle se demande encore sur quelle base le gouvernement a-t-il pu décider de la fermeture des salles, alors qu’aucune éclosion connue n’y était répertoriée.

Ceci dit, la directrice générale du Conseil québécois du théâtre comprend que l’on redouble de prudence avant de déconfiner la culture. « En tant que mère, je comprends qu’on veuille attendre de voir l’impact qu’aura la réouverture des écoles avant. Mais je pense qu’on peut espérer une réouverture des salles en février », a-t-elle fait savoir.

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