Nathalie Bondil et le Musée des beaux-arts de Montréal parviennent à une entente

Mme Bondil a été congédiée en juillet 2020, dans la foulée de l’enquête d’une firme externe faisant état d’un climat toxique au sein de l’institution.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Mme Bondil a été congédiée en juillet 2020, dans la foulée de l’enquête d’une firme externe faisant état d’un climat toxique au sein de l’institution.

C’est la fin de la saga du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) qui a tenu en haleine le milieu culturel pendant des mois en 2020.

La poursuite intentée par l’ancienne directrice générale, Nathalie Bondil, contre le conseil d’administration qui l’avait congédiée, a finalement été abandonnée, les deux parties ayant trouvé un terrain d’entente.

« Les parties sont heureuses d’annoncer qu’elles ont convenu d’un règlement à l’amiable », a indiqué vendredi le MBAM par voie de communiqué. Aucun détail sur la nature de cette entente n’a été partagé. Les parties ont de plus refusé de commenter davantage cette affaire, s’en tenant à de brèves déclarations écrites.

Rappelons que Mme Bondil a été congédiée en juillet 2020, dans la foulée de l’enquête d’une firme externe faisant état d’un climat toxique au sein de l’institution. Elle avait quelques mois plus tard déposé une poursuite contre les membres du CA et réclamait deux millions de dollars en dommages et intérêts.

Climat de travail

Dans le document de justice déposé en Cour supérieure en septembre 2020, elle alléguait que les 21 membres du CA auraient « orchestré […] une campagne de salissage et de destruction » de sa réputation, et ce, « dans le but de masquer la véritable raison qui les ont poussés à [la] congédier malicieusement ».

La vraie raison, avançait Nathalie Bondil dans la poursuite, n’aurait rien à voir avec des problèmes de climat de travail, mais plutôt avec son « refus […] d’entériner publiquement le processus irrégulier qui a mené à l’embauche de la Directrice de la conservation du MBAM », Mary-Dailey Desmarais.

Dans leur défense, les membres du CA l’avaient décrite comme une directrice générale « obstinée, réfractaire à agir pour corriger les problèmes alarmants de climat de travail » et qui aurait tout fait après son congédiement pour salir la réputation de l’institution.

Le Musée salue ses « réalisations artistiques importantes »

Les défendeurs insistaient sur le fait que « le refus de la demanderesse de reconnaître l’ampleur de la situation problématique quant au milieu de travail, qui perdurait depuis des années au Musée, était devenu incompatible avec la mission du Musée et soulevait des enjeux juridiques et humains pour le Musée et ses employés ».

Vendredi, le Musée a précisé dans son communiqué, que « Madame Bondil, pour sa part, n’était pas visée personnellement par quelque allégation de harcèlement » établi par le rapport de la firme extérieure, et que « tout comme le CA du Musée, [elle souhaitait] que cette situation soit réglée. »

« Quoiqu’en désaccord avec l’approche de Madame Bondil quant à la gestion de cette situation, le CA du Musée ne remettait pas en cause, par ailleurs, son professionnalisme et son engagement profond et sincère envers le Musée », ajoute l’institution, qui la remercie pour « les réalisations artistiques importantes qu’elle a accomplies » au cours de son mandat.

Situation difficile

« Bien qu’ayant été profondément blessée, je sais que cette situation a été également difficile pour toutes les parties impliquées, notamment pour les employés du Musée. Je souhaite pour le futur le meilleur des succès au Musée des beaux-arts de Montréal », a pour sa part déclaré Mme Bondil.

Cette dernière vit maintenant en France, où elle occupe la fonction de directrice du département du musée et des expositions de l’Institut du monde arabe à Paris.

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