Rire sans retenue

Virginie Fortin
Photo: Hubert Hayaud Le Devoir Virginie Fortin

Pour que le rire, à n’en pas douter crucial à l’heure actuelle, continue d’occuper dans vos vies une place de choix, nous vous donnons ici un aperçu de ce que la saison culturelle hivernale réserve en matière d’humour. Il ne reste plus qu’à souhaiter que se produise le plus tôt possible la réouverture des salles de spectacle du Québec.

De grandes premières

 

Une dizaine d’humoristes, en rodage depuis plusieurs mois, s’adonnent cet hiver à un exercice aussi périlleux que stimulant, celui de la première montréalaise. C’est Guillaume Pineaultqui ouvre le bal avec son premier solo, Détour. Celui qui fit un « détour » par l’ergothérapie et l’ostéopathie avant de se consacrer à l’humour présente son spectacle au Gesù les 24 et 25 janvier.

Le 11 février, Mathieu Dufour s’offre la salle Wilfrid-Pelletier (un spectacle initialement prévu en juillet 2020). Ça paraît ambitieux, mais il ne s’agit en réalité que d’un réchauffement. En effet, le 23 juillet, à l’occasion du festival Juste pour rire, le créateur du très populaire Show-Rona virus se produira dans un Centre Bell au maximum de sa capacité. Dix mille billets se sont déjà envolés.

Accompagné de ses truculents personnages, Richardson Zéphir dévoile son spectacle le 16 février à l’Olympia. Le 1er mars, au théâtre Maisonneuve, la comédienne Anne-Élisabeth Bossé, qui a maintes fois démontré son sens inné du comique, se fait humoriste en bonne et due forme en présentant Jalouse. En mars, le polyvalent Adib Alkhalidey s’installe pour plusieurs soirs au Gesù. Dans son troisième opus, Québécois, l’humoriste propose des solutions désopilantes à la crise sanitaire.

Avec Mes sentiments, son deuxième spectacle, Virginie Fortin affirme s’intéresser aux sentiments des autres, mais surtout aux siens ! On peut certainement s’attendre à de l’humour absurde, truffé de questions existentielles et pimenté de quelques attaques bien méritées. Ça se passe au National du 8 au 10 mars. Dans Philou, son deuxième spectacle, Phil Roy se frotte à l’inépuisable thème de la famille. L’humoriste, père depuis le 24 décembre dernier, a expliqué qu’il s’est permis d’aborder cette fois, entre deux bonnes blagues, des sujets plus émouvants, des anecdotes plus personnelles. À l’Olympia les 15 et 16 mars.

Le 5 avril, toujours à l’Olympia, c’est au tour de Cathy Gauthier de dévoiler Classique, son quatrième solo en 20 ans de carrière. « Accoucher d’un spectacle en pleine pandémie a laissé place à toute ma folie, à mon anxiété et à ma vulnérabilité », explique l’humoriste.

Des vétérans et des recrues

 

Des humoristes d’expérience poursuivent cet hiver leur tournée dans les grandes et les petites villes de la province : Pierre-Yves Roy-Desmarais, Dominic Paquet, Mariana Mazza, Sam Breton, François Bellefeuille, Simon Gouache, Arnaud Soly, André-Philippe Gagnon, P-A Méthot, Marc Messier, André Sauvé, Philippe Laprise, Louis-José Houde, Philippe Bond, Yannick De Martino, Mario Tessier, Les grandes crues et Rachid Badouri, sans oublier Mike Ward, qui compte faire crouler de rire le public du Centre Bell le 22 juillet. Consultez leurs sites Internet pour connaître toutes les dates.

Au même moment, quelques humoristes moins illustres tirent leur épingle du jeu. Sur scène ou en balado, Thomas Levac fait preuve d’une franchise qui lui vaut de nombreux fidèles. Après avoir exercé le métier de sexologue, Mélanie Couture a choisi de pourfendre les tabous en humour, ce qui lui a permis de décrocher en 2016 l’Olivier de la découverte de l’année. Passionné d’histoire, Charles Beauchesne est intarissable en balado comme sur scène lorsqu’il s’agit de relater avec drôlerie les crimes de Jack l’Éventreur ou encore les ravages de la peste noire. Sacrée découverte de l’année au Gala Les Olivier en 2018, Maude Landry aborde l’absurdité de nos existences répétitives dans un premier spectacle intitulé L’involution.

Parmi les solos qu’il est possible de visionner en ligne, mentionnons ceux de Michel Barrette (Mes drôles de jobs, sur Live dans ton salon), de Dave Gaudet (La légende, sur Zoom, le 22 janvier) et de Katherine Levac(Grosse, sur Viméo), sans oublier ComediHa.tv, une plateforme numérique qui propose une panoplie de spectacles, en direct ou non.

Drôles de créatures

Les drag queens sont des créatures magiques dotées de 1001 talents, parmi lesquels celui de l’humour, souvent cinglant. Pour réchauffer notre hiver, on peut compter sur les blagues joyeusement salaces d’une ribambelle de drag queens d’ici et d’ailleurs. Au Lion d’Or, le 19 janvier, Mona de Grenoble partage l’affiche avec Alexandre Bisaillon, Megan Brouillard et P-O Forget. Sur la scène de l’Olympia défileront d’abord les reines de la deuxième saison de Canada’s Drag Race (26 janvier), puis Rita Baga (4 et 23 février), et finalement Violet Chachki (10 février). Le 21 mars, l’irrévérencieuse Bianca Del Rio prend possession du MTELUS. Can I Get an Amen ?



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