Quelques soupapes culturelles au confinement

Les musées et les bibliothèques ont pu demeurer ouverts, contrairement aux salles de spectacle et de cinéma.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les musées et les bibliothèques ont pu demeurer ouverts, contrairement aux salles de spectacle et de cinéma.

La culture n’est pas complètement mise sur pause en ce début d’année, malgré la fermeture des salles de spectacle et des cinémas. Musées et bibliothèques poursuivent en effet leurs activités, alors que les cinémas sont forcés de se réinventer en proposant des films en ligne. Quelques spectacles virtuels sont également offerts ici et là.

L’illusionniste Luc Langevin, entre autres, donnera deux représentations ce mois-ci de son spectacle numérique Interconnectés, auxquelles il est possible d’assister en direct sur le site Web de l’artiste, moyennant une contribution de 25 $ et une bonne connexion Internet.

Ces prestations en ligne du 8 et du 15 janvier sont prévues à l’horaire depuis longtemps, mais disons qu’elles tombent à point nommé, puisque les spectacles « en présentiel » sont proscrits jusqu’à nouvel ordre.

« Ce n’est pas une captation d’un spectacle sur scène, insiste l’illusionniste en entrevue au Devoir. C’est vraiment un spectacle que j’ai imaginé durant les premiers mois de la pandémie et dont les tours de magie ont été conçus spécialement pour le virtuel. La magie se produit carrément dans la boîte courriel des gens. Il y a même de la magie qui se passe chez les gens. Ce sont vraiment des tours que je ne pourrais pas faire sur scène. »

Les détenteurs de billets « premium » sont assurés d’une expérience interactive avec lui. Pour les spectacles prévus cette semaine et la semaine prochaine, toutes les places ont déjà trouvé preneurs. Mais ceux qui décideront de se brancher en direct en auront tout de même pour leur argent, promet Luc Langevin, qui présente Interconnectés dans les chaumières depuis un an maintenant.

« Même après la pandémie, il y aura encore un intérêt pour ce genre de spectacles spécialement conçus pour le virtuel, prédit le scientifique de formation. Je m’aperçois que ce spectacle m’a permis d’atteindre un nouveau public. Un public qui ne venait pas me voir sur scène, parce que c’était trop cher, ou parce que c’était trop compliqué trouver une gardienne. La formule virtuelle est aussi parfaite pour les familles, parce que ça permet aux enfants d’assister à un bout du spectacle et de partir ensuite, plutôt que d’être assis pendant plus d’une heure dans une salle. »

Les musées comme des refuges

 

Pour les familles, les musées seront également l’une des rares soupapes au confinement. D’ailleurs, l’entrée au Musée McCord est gratuite jusqu’au 19 janvier prochain. Pandémie oblige, les visiteurs doivent cependant réserver leur place en ligne avant se rendre dans l’un des musées encore ouverts.

« Nous avons réduit notre capacité à moins de 40 %. On a un souci de protection de la population et de nos employés. On veut demeurer un endroit sécuritaire pour éviter la transmission », assure Marie-Josée Robitaille, directrice des communications et du marketing de Pointe-à-Callière.

Ce spectacle m’a permis d’atteindre un nouveau public. Un public qui ne venait pas me voir sur scène, parce que c’était trop cher, ou parce que c’était trop compliqué trouver une gardienne.

Outre les règles sanitaires qui ont été renforcées, les installations restent les mêmes dans ce musée. En plus des vestiges permanents, le musée présente les expositions Place au cirque !, consacrée à l’histoire de l’art circassien, et Montréal à l’italienne, qui porte sur l’arrivée, au début du XXe siècle, des premiers immigrants d’Italie.

D’autres musées ont cependant décidé de fermer leurs portes par précaution. C’est le cas du Biodôme, de la Biosphère, des serres du Jardin botanique et du Planétarium Rio Tinto Alcan.

Bibliothèques et cinémas

 

Les bibliothèques, elles, restent ouvertes, mais les mesures ont été considérablement resserrées. À la Grande Bibliothèque, l’heure de fermeture est revenue à 19 h en semaine. Des places assises ont été retirées afin de faire respecter la distanciation sociale, tandis que les activités sur place sont annulées jusqu’au 9 janvier au moins.

Quant aux salles de cinéma, elles restent fermées. Certains établissements misent toutefois sur la location en ligne pour passer à travers cette dure période. Le Cinéma Beaubien a justement annoncé à la fin décembre la mise en ligne de nouveaux films sur son site, dont Les oiseaux ivres, le long métrage québécois qui vient tout juste d’être écarté de la course à l’Oscar du meilleur film étranger.

Le documentaire Prière pour une mitaine perdue, de Jean-François Lesage, fait aussi partie des nouveautés qui seront ajoutées sur le site, tout comme Boîte noire et Ma Zoé.

 

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