Le comédien Gérard Poirier s’est éteint

Gérard Poirier dans le film Henry de Yan England, en 2012
Photo: RVCQ Gérard Poirier dans le film Henry de Yan England, en 2012

Un des grands comédiens du Québec, Gérard Poirier, s’est éteint à l’âge de 91 ans.

L’acteur, né le 4 février 1930, était connu pour ses rôles dans L’auberge du chien noir, Le temps d’une paix, Le parc des braves et Les Plouffe. Il a également participé à une multitude de pièces de théâtre durant les 60 ans qu’a duré sa carrière.

La comédienne Marie Tifo, qui a travaillé à ses côtés dans la série télévisée Le parc des braves, se souvient d’un homme « intelligent », « très drôle », « un pince-sans-rire incroyable ». « Gérard, c’était la noblesse. […] Jouer avec lui, c’était toujours un moment précieux. Je le garde dans mon cœur pour toujours », a-t-elle dit. Il a eu une « empreinte très grande sur toute une génération d’acteurs », a-t-elle ajouté.

Titulaire d’un baccalauréat en pédagogie de l’École normale, il a délaissé très vite l’enseignement, en 1955. À cette époque, il monte une troupe de théâtre amateur, la Compagnie des Sept, dans laquelle figurera l’actrice Lucille Papineau. C’est cette dernière qui va lui permettre d’entrer à Radio-Canada, dont il a séduit les décideurs dès sa toute première audition.

Gérard Poirier foulera les planches du théâtre du Rideau vert en début de carrière, où il se produira dans une cinquantaine de pièces allant de La boutique aux anges, en 1956, au Grand retour de Boris S., en 2002. Il jouera aussi au théâtre du Nouveau Monde et au sein de la compagnie Jean Duceppe. Issu du théâtre classique, il a joué aux côtés de Jean Duceppe, Françoise Faucher, Jacques Godin et Janine Sutto, et sera salué pour sa prestance et son naturel. Il fut un grand grand amoureux de la langue française.

 

Dans une entrevue au Devoir datant de 2002, il confie à l’époque admirer tout ce qui venait de la France. « On voulait ressembler aux grands acteurs qu’on admirait : François Rozet, Marthe Thiéry, etc. On ne jouait d’ailleurs que du répertoire français. Vers 1970, le joual s’impose ; du coup, tout ce qu’on avait fait jusque-là n’était plus valable ; on nous accusait d’être des colonisés », dira-t-il.

En 2013, il tiendra le rôle-titre de Henry dans un court métrage de Yan England, qui sera par ailleurs dans la course aux Oscar, et dans lequel il joue un homme atteint de la maladie d’Alzheimer.

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a offert ses condoléances à la famille et aux proches du comédien. « Gérard Poirier aura marqué l’imaginaire québécois en interprétant tant de rôles majeurs », a-t-elle écrit sur le réseau social Twitter.

Le premier ministre, François Legault, a lui aussi souligné la perte d’un grand comédien. « Mes condoléances aux proches de Gérard Poirier. On se rappelle, entre autres, le notaire Cyprien Fournier dans Le temps d’une paix », a-t-il écrit.

« Il aura marqué la culture québécoise en interprétant tant de rôles importants, dont plusieurs sur nos planches », a de son côté écrit le Théâtre Duceppe.

« Gérard Poirier était un homme de toutes les époques. Discret depuis quelques années, son souvenir n’en demeura pas moins indélébile », a commenté le dramaturge Michel Marc Bouchard sur sa page Facebook, lui qui avait travaillé avec le disparu pour deux pièces au TNM, Le voyage du couronnement et Les manuscrits du déluge.

Il aura remporté deux prix Gémeaux au cours de sa carrière, soit en 1988 pour son rôle dans Le parc des braves, et en 2002 pour sa participation à Mon meilleur ennemi.

Selon le quotidien La Presse, il souffrait de la maladie d’Alzheimer depuis quelques années, et son état s’était aggravé dans les dernières semaines.

Avec La Presse canadienne

Photo: Télé Québec Gérard Poirier dans l'émission « Aux Temps du présent» , aux côtés du comérien Guy L'Écuyer
Le comédien au théâtre dans la pièce « Lulu » Frank Wedekind

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